‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 98 sur 393 · V. HUGO. . no · texte numérisé non relu

V. HUGO. . no

Quand il eut bien fait voir l'héritier de ses trônes Aux vieilles nations comme aux vieilles couronnes, Éperdu, l'œil fixé sur quiconque était roi, Comme un aigle arrivé sur une haute cime, Il cria tout joyeux avec un air sublime :

— I/avenir ! l'avenir ! l'avenir est à moi !

Non, l'avenir n'est à personne !

Sire ! l'avenir est à Dieu !

A chaque fois que l'heure sonne, Tout ici bas nous dit adieu.

V avenir ! l'avenir ! mystère !

Toutes les choses de la terre, Gloire, fortune militaire, Couronne éclatante des rois, Victoire aux ailes embrasées, Ambitions réalisées, Ne sont jamais sur nous posées Que comme l'oiseau sur nos toits !

Non, si puissant qu'on soit,* non, qu'on rie ou qu'on

[pleure,

Nul ne te fait parler, nul ne peut avant l'heure

Ouvrir ta froide main, O fantôme muet, ô notre ombre, ô notre hôte, Spectre toujours masqué qui nous suit côte à côte,

Et qu'on nomme demain !

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