‹ Les poètes humoristesChapitre 33 sur 85 · LES MOINEAUX ET LE TEMPLE · texte numérisé non relu

LES MOINEAUX ET LE TEMPLE

En réparant un temple antique,

On en fit déloger des milliers de moineaux ;

Mais, dès qu'il fut bien magnifique,

Bien réparé, voilà mes étourneaux

Qui s'en reviennent de plus belle.

Vain espoir ! les dômes sacrés

N'offrent pas à nos effarés

De quoi loger une hirondelle.

Las ! tous les trous étaient murés !

« Bon Dieu, quelle folle dépense !

S'écria l'essaim bourdonnant.

A quoi cet édifice immense

Pourra-t-il servir maintenant ? »

J. Dorât (1).

Dorât, né à Paris, quai Malaquais, le 31 décembre Orphelin de bonne heure, fut un an dans la i'° Compagnle des Mousquetaires du roi (1757-1758). Ayant renoncé à l'armée sur les Injonctions dune vieille tante extrêmement pieuse, U fll deux débuts malheureux au théâtre avec

Zulica, ati imenl sifflée le 7 janvier 1760, et avec Théagènë

ri ( harlclèe, le 2 mars 1763. Il devint du coup poète léger. ables, <• pitres amoureuses, contes badins, épigram- ... innombrables, obtinrent le plus brillant succès auprès du monde élégant et frivole dans lequel vivait Dorai Sa fécondité fut telle que ses œuvres complètes, vers et prose, forment 20 volumes in-8° (1764-1780). Ses livres les

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