‹ Les poètes humoristesChapitre 44 sur 85 · BÉNÉDICTION DE LA MER · texte numérisé non relu

BÉNÉDICTION DE LA MER

Or donc, on a béni la mer.

Oh ! les trois fois heureuses vagues !

On nous purgea le flot amer

A grand renfort d'oraisons vagues.

On a béni sans doute aussi, Du même coup, les estacades.

Voilà, mesdames. Dieu merci ! Qui doit refroidir vos cascades...

i i.mili i. leau, né a Périgueux eu pc,o. « dans ce Péri-

gord d'ironie et de poésie, patrie de Montaigne et de La Boétie, de Brantôme et. de Fénelon. » G. Walch Inthologte ,ir> poètes français contemporains). Mon a l'aris en 1906. Poète ei romancier. Fils d'un sculpteur, tut d'abord professeur puis attaché au ministère «les Finances. Fondateur. au quartier latin, du Club des Hydropathes, célèbre pépinière de poètes et de romand pril divers et com-

plexe, souple et railleur, a la fois Ironique et tendre, et original, parisien délicat ei frondeur, épris de fantaisie et de rêves bleus... La verve robuste d'Emile Goudeau, son art Léger el sain, lui assignent une place honorable parmi tes écrivains de tradition français* Jeak m: Mitty). Œuvres -//• bitume 1878 : Poèmes ironiques (1884); Chansons

de Paris el d'ailleurs 1895) i mes; La Vache enragée; Le

i:roc : La Graine humaine; Corruptrice; romans, etc. œu-

litées par Ollendorff, i i merre el Fasquelle. Emil deau a, en outre éparpillé de nombreuses pages dans diverses publications Le Chai noir, Le 'Hunier franti , C'esl de ce dernier hebdomadaire que j'extrais Le i l\ eur.

7 S LES TOÈTES HfMOHISTES

Mais cette bénédiction.

De par ses vertus accomplies,

Etendit-elle son action

Sur les soles et sur les plies ?

Peut-il, le goupillon sacré, Répandre ses grâces congrues Sur l'aiglefin, ventre nacré.

Et sur les maussades morues ?

Du même élan sanctifiant La grande, l'immense cuvette, Avec le crabe édifiant.

Canonisa-t-il la crevette?

Sut-il enfin, le bénisseur.

En son beau geste fait au moule, Bénir l'huître noble et sa sœur, Plus démocratique, la moule ?

Quoi qu'il en soit, déjà le flot A venir vers lui nous invite :

Nous allons former un bon lot De beaux diables dans l'eau bénite !

Théo Hannok.

XOEL RUSTIQUE

Catherinette a dix-sept ans.

Cœur au rire, mais point volage.

Sa chair en fleur, c'est du printemps Elle est la perle du village.

Ce soir-là se fêtait Noël.

La neige avait fourré d'hermine La route froide que termine Le clocher traditionnel.

La cloche doucement appelle Les fidèles qui vont sans bruit

CHOIX DE rOÉSIES 79

Entendre dans l'humble chapelle L'antique messe de minuit.

Seulette j coui : I îatherinette.

Mais le vieux bedeau la suivait :

« Hélas ! si vieillisse pouvait... » Gémit-il en catiminette...

« Viens-t'en donc, ô naïve enfant, i .Mettre t ss sabots dans mon âtre : • Tu verras ton vœu triomphant :

« Le petit Jésus t'idolâtre ! »

Catherine, sans protester, Suivit le sacristain dans l'ombre.

...Il la mène en son logis sombre Et, chaud, veut la désabot ter.

Faisant sauter la jarretière :

« Dans ma main, tes sabots amis ! »

Mais au vieux paillard elle a mis S< - mignons sabots... au den ii

Théo IIaxn >v

Page 1