‹ Les poètes humoristesChapitre 55 sur 85 · LES GÉLATINEUX · texte numérisé non relu

LES GÉLATINEUX

Puisque l'homme à la mode est mièvre et ridicule, Puisqu'il prend tous les maux sales qu'on inocule, Puisqu'en lui le mercure au lieu de sang circule, Puisque son sexe mâle à ce point s'émascule,

Puisque, s'il a du poil, ce n est 'pie dans la main, Puisqu'enfant il est vieux et vieillard est gamin. Puisque, du singe né, cet avorton humain Pour redescendre à l'huître a rebroussé chemin,

(1) Clovis Hugues, né à Ménerbes (Vaucluse), mort à Paris. Homme politique, poète et romancier. En 1871, Marseille étant en état de siège, il se vit condamner à trois ans de prison et 6.000 francs d'amende. Ayant tué en duel un rédacteur de L'Aigle, journal bonapartiste (qui lavait gros sièrement insulté dans sa vie privée) la cour d'assises d'Aix l'acquitta. Elu député des Bouches-du-Rhône en 1881, il fut. avec Antide noyer l'un des premiers socialistes siégeant au Parlement. Continuellement réélu, il ne quitta le Palais- Bourbon qu'en 1906, sa santé ne lui permettant pas de se représenter au suffrage universel. Homme brave et brave homme, Clovis Hugues fut le dernier poète romantique ayant reçu des conseils de Victor Hugo. Son œuvre considérable le classe parmi les plus grands poètes du xix* siècle. Il avait épousé Mlle Royannez, sculpteur de talent. Œuvres : Monsieur le gendarme . Le temps des cerises -, Poèmes de prison ; Le sanglot de Jehanne (d'Arc) ; Les Joujoux du théâtre, etc. Les poèmes ci-dessus sonl extraits de son chefd'œuvre : Les évocations. fFasquelle, éditeur). Trois monuments ont été érigés à la mémoire de Clovis Hugues : l'un à Sceaux, l'autre à Embrun, le dernier à Ménerbes.

Puisqu'il crève de pus, de goutte ou de gravelle,

Puisqu'il bave son âme et mouche sa cervelle,

Vous, qu'il souille partout d'un contact pourrissant,

Au skating, au théâtre, au bois, au bal, aux courses, Faites-lui suer l'or, puisqu'il n'a plus de sang, Femmes, qui doublement savez vider les bourses !

P.-N. Eoinard (1).

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