JEANNE DORT DANS SON BERCEAU, NUAGE FAIT AVEC DE LA DENTELLE
On croit en la voyant dans ce frais berceau-là,
Voir une lueur rose au fond d’un falbala ;
On la contemple, on rit, on sent fuir la tristesse,
Et c’est un astre, ayant de plus la petitesse ; L'ombre, amoureuse d'elle, a l’air de l’adorer,
Le vent retient son souffle et n'ose respirer. Soudain, dans l’humble et chaste alcôve maternelle, Vaersant tout le matin qu’elle a dans la prunelle, £lle ouvre sa paupière, étend un bras charmant, Agite un pied, puis l’autre, et si divinement,
Que les fronts dans l’azur se penchent pour l'entendre, Elle gazouille, — Alors, de sa voix la plus tendre, Couvant des yeux l'enfant que Dieu fait rayonner, Cherchant le plus doux nom qu’elle puisse donner À sa joie, à son ange en fleur, à sa chimère :
…— Te voilà réveillée, horreur ! lui dit sa mère.”
Ce dernier trait. charmant de naturel, pique Fa
Victor Hugo le véritable sentiment des choses de l’enfance et des mille formes de l'amour des mères et des grandsparents. Il faut avoir senti profondément ces impressions, pour les rendre sous cet aspect intime et pénétrant, :