LA PRIÈRE POUR TOUS
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(t) Ma el va priort usées FRE MP EUTE Ainsi que l'oiseau met sa tête sous son aile, L'enfant dans la prière endort son jeune esprit !
Cette première partie est pleine de grâce et de fraîcheur nulle faute &e goût ne vient contrarier notre admiration;
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(2) Ma fille va prier ! -- D'abord, surtout pour celle Qui berça tant de nuits ta couche qui chancelle, Pour celle qui te prit jeune Ame daus le ciel, Et qui te mit au monde, et depuis, tendre mère, Faisant doux parts pour toi dans vette vie amère, Toujours a bu l’absinthe et t'a laissé le miel. \ La piété filiale a aussi inspiré à Lamartine l'une de ses ièces les plus parfaites de sentiment et d'expression, /e beau d'une mère dans les Harmonies puétiques :
Là dort dans son espoir celle dont le sourire | Cherchait encor mes yeux, à l'heure où tout expire, Ce cœur, source du mien, ce sein qui m'a conçu, Ce sein qui m'allaita de lait et de tendresses, Ces bras qui n'ont été qu'un berceau de caresses, Ces lèvres dont j'ai tout reçu !….
(8) Moi, je sais mieux la vie, et je pourrai te dire Quand tu seras plus grande et qu’il faudra t'ins- ? [truire, Que poursuivre l'empire, et la fortune et l’art, C'est folie et néant... ANNE CS PET Il y a quelque injustice à rapprocher ainsi l’art de la fortune et de l'empire.
Tous laissent quelque chose aux nr) de la route, Les troupeaux leur toison et l’homme sa vertu. La pensée du poète est empreinte ici de dénigrement et | d'injustice. Il calomnie la vie et nous attriste sans profit. Il serait bien afiligeant que l’homme à force de marcher n’arrivêt qu’au doute et aux ténèbres!: Pourquoi nous cacher les horizons lumineux ?
| | (4) A force de marcher l’homme erre, l'esprit doute.
(5) C’est la plainte des morts !.......,.,,.,,,.,,..,,,., Prie, afin que le père, et l'oncle et les aïeules, Qui ne demandent plus que nos prières seules, Tressaillent dans leur tombe en s’entendant nom- ! [mer, Sachent que sur la terre on se souvient encore, Ft, comme le sillon qui sent la fleur éclore, Sentent dans leur œil vide une larme germer.
Ce tableau d’un sombre éclat est sans doute d’un effet puissant : le sou‘le de Shakespeare semble avoir passé sur le poéte français. Cependant, si nous analysons nos impressions, nous sentirons notre émotion comme paralysée id une cause secrète. L'imagination est saisie, effrayée ;
‘âme n’est pas touchée. Cela vient, à notre sens, de ce que le fantastique tient ici trop de place et étouffe l'élément spiritualiste. L'esprit du lecteur est dénaysé. La poussière qui dort au fond du cercueil, pourrior.s-nous dire au poète, ne demande rien à nos prières ; et c'est vainement que
. vous chercheriez à intéresser notre sensibilité à des cendres
éteintes. Pour éveiller la prière dans nos cœurs et la faire jaillir de nos lèvres, il faut ncus parler de l'âme qui souffre et qui appelle notre âme à son secours.
(6) Ah ! dersande à ce père auguste Qui sourit à ton oraison Pourquoi l'arbre étouffe l’arbuste, Et qui fait da jusie à l’injuste Chanceler l’humaine raison.
Demande-lui si la sage.se - N’appartient qu’à l'éternité,
Pourquoi son souffle nous abaisse,
Pourquoi dans la tombe sans cesse
Il effeuille l'humanité.
2e ravissant cantique que Lamartine a intitulé /’Hymne
de l'enfant à son réveil (Harmonies poétiques) présente un caractère de grâce naïve que nous regr ttons de ne pas trouver ici. Lamartite ne met dans la bouche de l’enfant que les sentiments propres à son âge. C’est l’homme seulement qui interroge Dieu sur le Juste et l'irjuste. Le mystère de la
” vie et de la mort n’inquiète pas la raison de l'enfant. Pour-
quoi en demanderait-il à Dieu l'explication? Il priera avec plrs d'abandon : |
Mon Dieu, donne l’onde aux fontaines, Donne la plume aux passercaux,
Et la laine aux petits agnenux,
Et l'ombre et la rosée aux pli
Donne au malade la santé,
Aa mendiant le pain qu’il pleure, + À l'orphelin une lemeure, Au prisonnier la liberté,
POUR LES PAUVRES, page 200,
(1) Une loi qui d’en bas semble injuste et mauvaise Dit aux uns : Jouissez ! aux autres : Enviez !
Cela est faux. Une pareille loi n’existe ni en haut ni en bas, Le grand malheur de Victor Hugo et de la plupart des poètes contemporains, c’est de s'être laissés égarer par une espèce de sensiblerie, fille d’une imagination déréglée. À la vue du mal physique, conséquence fatale de la déchéance originelle, ils ont d’abord été saisis d’une immense pitié ; mais au lieu de chercher, avec la raison éclairée par la foi la solution de cet effrayant problème, ils ont trouvé beaucoup plus ccinmode d'inventer une foule d'explications qui n’en sont pas et de formuler une loi morale qui est la négation de toute moralité. Car l’homme étant en possession du libre arbitre, étant capable de gouverner son entendement, de connaître sa fin, d'aller vers Dieu ou de s’en éloigner, est responaable de ses actes : sa loi, c'est-à-dire la règle qui le doit gouverner, ce n’est pas Za manière dont il est, maïs la manière dont il doit étre. Or, une pareille loi ne dit pas aux uns: Jouissez ! aux autres: Enviez! Elle dit aux uns et aux autres: Fuiles le bien, évitez le mal; mais elle laisse l’obéissance libre et ne feit qu'obliger ; c'«st pourquoi nous l’appelons /a loi morale et non pas ls jatalité. Si vous êtes misérable, usez de votre infortune pour vous faire, comme Lazare, un manteau de glorieuse immortalité ; si, au contraire, vous êtes un des heureux de ce monde, employez vos biens de telle sorte que vous ne soyez pas un jour réduit à demander en vain une goutte d’eau pour étancher votre soif «u misieu des flammes éternelles. Car c’est dans un autre monde que se trouve la solution complète du problème de la destinée humaine. Voilà ce qu'ont malheureusement oùblié Victor Huso et les poètes 4 son école ; et cependant lorsque le grand. poète se souvient encore de l'Evangile, lorsqu'il fait entendre le langage ému de ia charité, comme dans les dernières strophes du poème qui nous occupe, ses accents ont l’éloauence passionnée qu'inspire le sentiment d’une injustice à réparer, d'un bientait à accomplir.
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270 LES POÈTES ILLUSTRES A HENRI V, page 256.
Voir, dans les Œuvres de Lamartine, la note relative à l’ode intitulée La Naissance du duc de Bordeaux, page 87.