‹ Les poètes illustrés du XIXe siècle [microforme]Chapitre 14 sur 121 · LE CHRÉTIEN MOURANT · texte numérisé non relu

LE CHRÉTIEN MOURANT

Qu'entends-je ? autour de moi l’airain sacré résonne ! Quelle foule pieuse en pleurant m’environne ? Pour qui ce chant funèbre et ce pâle flambeau ? O mort ! est-ce ta voix qui frappe mon oreille Pour la dernière fois ? Éh quoi ! je me réveille Sur le bord du tombeau !

O toi, d’un feu divin précieuse étincelle, De ce corps périssable habitante immortelle, Dissipe ces terreurs : la mort vient t'affranchir ! Prends ton vol, Ô mon âme, et dépouille tes chaînes ! Déposer le fardeau des misères humaines,

Est-ce donc là mourir ?

Oui, le temps a cessé de mesurer mes heures.

Messagers rayonnants des célestes demeures, Dans CE palais nouveaux allez-vous me ravir ? Déjà, déjà je nage en des flots de lumière ; L'espace devant moi s'agrandit, et la terre

Sous mes pieds semble fuir !

Mais qu'entends-je ? Au moment où mon âme s’éveille,

Des soupirs, des sanglots ont frappé mon oreille ! NE RRIoRS de l'exil, quoi! vous pleurez ma mort ! Vous pleurez ! et déjà dans la coupe sacrée J'ai bu l'oubli des maux et mon âme enivrée

Entre au céleste port.

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