‹ Les poètes illustrés du XIXe siècle [microforme]Chapitre 25 sur 121 · HARMONIES POÉTIQUES ET RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

HARMONIES POÉTIQUES ET RELIGIEUSES

En 1829, parurent les harmonies poétiques et religieuses, On y rencontre encore des pièces d’un charme exquis et pénétrant : l’'Hymne de l'enfant à son réveil, Milly on la terre natale, le Tombeau d'une mère ; mais un chant désespéré : Novissima verba, les Strophes à Jéhovah, ainsi que plusieurs autres pièces, trahissent des dispositions qui devaient, en s’aggravant, précipiter le déclin d’un beau talent. C'était, en religion, l'erreur qui confond la nature avec son Auteur et qui cherche Dieu partout, dans les soupirs du vent, le nuage qui passe ou la plante qui végète. C'était, en politique, l'amour de l'humanité collective remplaçant le culte

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de la patrie, Il en résultait beaucoup de vague dans la pensée, d'incohérence dans les images, et, malgré d’incontestables beautés, des scènes pathétiques ou d'admirables descriptions, ce défaut d'ensemble, de mesure et d'intérêt qui caractérise les dernières œuvres du poète, son Jocelyn et surtout le bizarre poème qui fut de toute façon {a Chute d'un ange.

Lo encore avec M. A. Nettement, que ‘“ la mélan- “ colie des Harmonies a quelque chose de maladif. Sans “ doute, la vic a ses tristesses, même pour les heureux du “ monde, mais Dieu cependant a entremêlé les biens et les "u “ maux dens la vie de manière à nous la rendre chère à ‘“ malgré ce qui nous y manque et ce que nous y souffrons. “ Sans doute, cette soif de l'infini qui est notre tourment “et notre grandeur, ne trouve pas sa satisfaction ici-bas, “ mais après les avoir regardées en face comme il convient “ à des hommes et à des chrétiens, il ne faut pas recom- ‘“ mencer sans cesse contre ses difficultés une gymnastique “ stérile qui finirait par énerver l’âme créée pour l’action ” “ et rendre l’homme impropre à remplir ses devoirs.

“ C’est là la principale critique qu'on peut élever contre “ les Harmonies au point de vue moral. Elles recommencent “sans cesse contre le doute une bataille gagnée ; or, “ l’homme a besoin d'affirmer pour agir. Si tout le travail “ de sa vie se consume à scruter perpétuellement les bases “ de ses affirmations, les hésitations de son esprit se tra- ‘“ duiront dans les hésitations de sa conduite et cette rêverie “ sans fin absorbera son activité. Il faut ajouter que dans “ cette contemplation incessante des redoutables problèmes “ le vertige finit par gagner l'intelligence. C’est ainsi qu’on “ trouve dans les Harmonies quelques idées panthéistes. (1)”

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