‹ Les poètes illustrés du XIXe siècle [microforme]Chapitre 67 sur 121 · JEHOVAH · texte numérisé non relu

JEHOVAH

Domini enim sunt cardines terræ et posuit super eos orbem. CanT-ANNZ, I.

Jéhovah est le maitre des deux pôles, et sur eux il fait tourner le monde.

Josepx DE Maisrre, Soirées de Saint-Pélersbourg.

Croire à Dieu seul ! son nom rayonne en ses ouvrages | Il porte dans sa main l'univers réuni; I1 mit l'éternité par-delà tous les âges, Par-delà tous les cieux il jeta l’infini.

Il a dit au chaos sa parole féconde,

Et d'nn mot de sa voix laissa tomber le monde !

L'archange auprès de Jui compte les nations,

Quand, des jours et des lieux franchissant les espaces, Il dispense aux siècles leurs races.

Et mesure leur temps aux générations !

Rien n'arrête en son cours sa puissance prudente, Soit que son souflle immense, aux ouragans pareil, Pousse de sphère en sphère une comète ardente, Ou dans un coin du monde éteigne un vieux soleil |

Soit qu'il sème un volcan sous l'océan qui gronde, Courbe ainsi que des flots le front altier des monts, Ou de l’enfer troublé touchant la voûte immonde, Au fond des mers de feu chasse les noirs démons !

sr

Oh ! la création se meut dans ta pensée,

Seigneur ! tout suit la voie en tes desseins -racée,

Ton bras jette un rayon au milieu des hivers,

Défend la veuve en pleurs du publicain avide,

Ou dans le ciel lointain, séjour désert du vide, Crée en passant un univers !

L'homme n’est rien sans lui, l’homme, débile proie, Que le malheur dispute un moment au trépas.

Dieu lui donne le deuil ou lui reprend la joie,

Du berceau vers la tombe il a compté ses pas.

Son nom, que des élus la harpe d’or célèbre, Est redit par les voix de l’univers sauvé ;

Et lorsqu'il retentit dans son écho funèbre, L'enfer maudit son roi par les cieux réprouvé !

Oui, les anges, les saints, les sphères étoilées,

Et les âmes des morts devant toi rassemblées,

O Dieu ! font de ta glôire un concert solennel ;

Et tu veux bien que l’homme, être humble et périssable, Marchant dans la nuit sur le sable,

Mêle un chant éphémère à cet hymne éternel!

Gloire à Dieu seul ! son nom rayonne en ses ouvrages ! Il porte dans sa main l'univers réuni ;

I1 mit l'éternité par-delà tous les âges,

Par-delà tous les cieux il jeta l'infini !

* A L'OMBRE D'UN ENFANT Qui es in cœlis !

Oh ! parmi les soleils, les sphères, les étoiles,

Les portiques d’azur, les palais de saphir,

Parmi les saints rayons, parmi les sacrés voiles Qu'agite un éternel zéphyr ;

Dans le torrent d'amour où toute àme se noie, Où s’abreuve de feux le séraphin brûlant ; Dans l’orbe flamboyant qui sans cesse tournoie Autour du trône étincelant ; À

Parmi les jeux sans fin des âmes enfantines ; Quand leurs soins, d’un vieil astre, égaré dans les cieux, Avec de longs efforts et des voix argentines,

Gruident les chancelants essieux ;

Ou lorsqu’entre ses bras quelque vierge ravie Les prend, d’un saint baiser leur imprime le sceau, Et rit, leur demandant si l’aspect de la vie Les effrayait dans leur berceau, Ou qu'enfin, dans son arche éclatante et profonde, Rangeant de cieux en cieux son cortége ébloui, Jésus, pour accomplir ce qui fat dit au monde, Les place le plus près de lui ;

Oh! dans ce monde auguste où rien n’est éphémère,

Dans ces flots de bonheur que ne trouble aucun fiel,

Enfant ! loin du sourire et des pleurs de ta mère, N'es-tu pas orphelin au ciel ?

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