‹ Les poètes illustrés du XIXe siècle [microforme]Chapitre 68 sur 121 · À UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

À UNE JEUNE FILLE

Pourquoi te plaindre, tendre fille ? tes jours n’appartiennent-ils pas à la À pr jeunesse ?

aino lilhuanien,

Vous qui ne savez pas combien l’enfance est belle, Enfant ! n’envie point nôtre âge de douleurs,

Où le cœur tour à tour est esclave et rebelle,

Où le rire est souveut plus triste que vos pleurs.

Votre âge insouciant est si doux, qu'on l’oublie ! Il passe, comme un souffle au vaste champs des airs,

Comme une voix goyense en fuyant affaiblie, Comme un alcyon sur les mers.

Oh ! ne vous hâtez point de mûrir vos pensées ! Jouissez du matin, jouissez du printemps ;

Vos heures sont des fleurs l’une à l’autre enlacées, Ne les effeuillez pas plus vite que le temps.

Laissez venir les ans ! le destin vous dévoue,

Comme nous, aux regrets, à la fausse amitié,

À ces maux sans espoir que l’orgueil désavoue, À ces plaisirs qui font pitié !

Riez pourtant ! du sort ignorez la puissance ; Riez ! n'attristez pas votre front gracieux, Votre œil d'azur, miroir de paix et d’innocence, Qui révèle votre âme et réfléchit les cieux !

Février 1825.

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