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LA FÉE

Viens, bel enfant ! je suis la fée.

Je règne aux bords où le soleil, Au sein de l’onde réchauffée,

Se plonge, éclatant et vermeil.

Les peuples d'Occident m’adorent,.

Les vapeurs de leur ciel se dorent Lorsque je passe en les touchant ; Reine des ombres léthargiques, Je bâtis mes palais magiques Dans les nuages du couchant.

Mon aile bleue est diaphane :

L’'essaim des sylphes enchantés

Croit voir sur mon dos, quand je plane, Frémir deux rayons argentés.

Ma main luit, rose et transparente ; Mon souffle est la brise odorante

Qui, le soir, erre dans les champs ;

Ma chevelure est radieuse,

Et mä bouche mélodieuse

Mêle un sourire à tous ses chants !

J'ai des grottes de coquillages :

J'ai des tentes de rameaux verts ; C’est moi que bercent les feuillages, Moi que berce le flot des mers.

Si tu me suis, ombre ingénue,

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VICTOR HUGO 163 Re.

Je puis t’apprendre où va la nue, Te montrer d’où viennent les eaux ; Viens, sois ma compagne nouvelle, Si tu veux que je te révèle

Ce que dit la voix des oiseaux.

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