LE PAS D'ARMES DU ROI JEAN
Plus de six cents lances y furent brisées :
on se battit À pied et à cheval, à la barrière, à coups d'épée et de pique, où partout les tenants et les assaillants ne firent rien qui ne répondit à la haute estime qu'ils s'étaient déjà acquise ; ee qui fit éclater ces tourncis dou-
lement. Enfin, au dernier, un gentilhomme nommé de Fontaines, beau-frère de Chandiou, grand prévôt des maréchaux, fut blessé à mort ; et au second encore, Saint-Aubin, autre gentilhomme, fut tué d'un coup de lance.
Ancienne chronique,
Çà, qu'on selle, Ecuyer,
Mon fidèle Destrier.
Mon cœur ploie Sous la join.
Quand je broie L'étrier.
Par saint Cille, Viens nous-en, Mon agile Alezan ;
Viens, écoute, Par la route, Voir la joute Du roi Jean.
Qu'un gros carme Chartrier
Ait pour arme L’encrier ; Qu'une fille,
Sous la grille, S'égosille
À prier.
Nous qui sommes, De par Dieu, Grentilshommes De haut lieu,
Il faut faire
Bruit sur terre, Et la guerre
N'est qu'un jeu.
Ma vieille âme Enrageait,
Car ma lame, Que rongeait Cette rouille Qui la souille, En quenouille Se changeait.
Cette ville
Aux longs cris, Qui profile
Son front gris, Des toits frêles, Cent tourelles, Clochers grêles, C'est Paris !
Quelle foule, Par mon sceau !
ui s'écoule n ruisseau, es se rue, ncongrue, Par la rue Saint-Marceau,
Notre-Dame !
Que c'est beau !
Sur mon âme De corbeau, Voudrais être Clerc ou prêtre Pour y mettre Mon tombeau !
Le vieux Louvre !—:
Large et lourd,
Il ne s'ouvre
Qu'au grand jour, Emprisonne
La couronne,
Et bourdonne
Dans sa tour.
Los aux dames !
Au roi los !
Vois les flammes Du champ clos, Où la foule
Qui s'écoule, Hurie et roule À grands flots !
Là-haut brille, Sur ce mur, Yseult, fille Au front pur ; Là-bas, seules, Force aïeules Portant gueules Sur azur.
Dans la lice Vois encor Berthe, Alice, Léonor, Dame Irène, Ta marraine, Et la reine Tout en or.
Dame Irène
Parle ainsi :
—Quoi ! la reine Triste ici !
Son Altesse
Dit : — Comtesse, J'ai tristesse
Et souci.
On commence!
Le beffroi !
Coups de lance, Cris d’effroi !
On se forge,
On s'égorge !
Par saint George !
Par le roi !
La cohue,
Fiot de fer, Frappe, hue, Remplit l’air,
Et, profonde, Tourne et gronde, Comme une onde Sur la mer !
Dans la plaine Un éclair
Se promènè Vaste et clair !
Quels mélanges !
Sang et franges !
Plaisirs d’anges !
Bruit d’enfer !
Sus, ma bête, De façon
Que je fête
Ce grison !
Je te baille, Pour ripaille, Plus de paille,
Plus de son.
Qu'un gros frère Crai, friand,
Ne peut faire, Mendiant
Par les places Où tu passes,
De grimaces
En priant !
Dans l'orage, Lis courbé, Un beau page Est tombé.
Il se pâme,
Il rend l’Ame ; Il réclame
Un abbé.
La fanfare Aux sons d'or, Qui t'effare, Sonne encor Pour sa chute ; Triste lutte
De la flûte
Et du cor!
Moines, vierges, Porteront
De grands cierges Sur son front ; Et dans l’ombre Du lieu sombre
Deux yeux d'ombre
Pleureront,
Juin 1828,
VIOTOR HUGO
Car madame
Isabeau
Suit son âme
Au tombeau.
Que d’alarmes !
| de larmes !… n pas d'armes,
C'est très-beau !
(à, mon frère, Viens, rentrons Dans notre aire De barons,
Va plus vite, Car au gîte, Qui t'invite, Trouverons,
Toi, l’avoine
Du matin,
Moi, le moine Augustin,
Ce saint homme, Suivant Rome, Qui m'assomme- De latin,
Et rédige
En romain Tout prodige De ma main, Qu'à ma chargs Il émarge
Sur un large Parchemin.
Un vrai sire Châtelain Laisse écrire Le vilain ;
Sa main digne Quand il signe, Egratigne
Le vélin,
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174 LES VOÈTES ILLUSTRES