LES ORIENTALES
Dans aucun de ses ouvrages le poète n’a déployé autant l'éclat. et de magnificence. Le recueil s'ouvre par une sorte d’épopée biblique, Ze Feu du Ciel, où le poète raconte la terrible catastrophe qui engloutit Sodome et Gomorrhe. Il suit à travers les airs lo voyage d’un immense nuage chargé de poudre et d'éclairs, qui, aprè avoir plané audessus de l’Assyrie et sur les ruines de Babel, accompagné au bord d’un golfe une troupe errante de pasteurs, couvert d'ombre l'Egypte, s’abat enfin sur les villes maudites et les engloutit dans une trombe d’eau, de lave et de feu. Le procéaé du poète est visible, c'est l’énumération. Chacun des tableaux qu'il déroule est si grandiose et si poétique que ce qu'il y a d’un peu factice dans ce procédé disparaît.
Les ruines gigantesques de Babel où les palmiers, croissant dans à fi sures des tours, semblent, d’en bas, des touffes d’herbes ; la mer où l’on assiste à un splendide cou -her de soleil ; l’Egypie toute blende d’épis entre deux mers qui 4 rongent, le désert et l'Océan ; toutes ces peintures offrent séparément de grandes beautés et l’ensemble es d’un effet prodigisux. Le poète a habilement inarié tous les rythmes, s2 servant tantôt de la strophe’et tantôt de l’alexandrine. Il s’est curiout dépassé dans la description des deux villes maudites, entassement d’architectures étrcnges, et dans ie tableau de la catastrophe finale.
Un grand noxbre de pièces so rapporteur à la guerre d'indépendance de la Grece et aux faits d'armes des Hellènes, sur lesquels toute l'Europe avait alors les yeux fixés : de celles-ci ous citons, comme modèle, l'Enfant grec qui est certainement 14 plus belle et la plus touchante.
Parmi les autres pièces de ce recueil qui se signalent par une pur. té de :orme irréprochable, figurent les Fantômes, poésie pleine de grâce, de mélancolie, de douce pitié : les Dyinns, conception bizarre, dont le rythme par ses progressions croissautes ct décroisscater simule l'approche, puis l’éloignermer* de ces démons santastiques, cauchemars d:< nuits de l'Orient ; le Derviche, inspiré par une grande idée que les premières strophes rerdent saisissante ; Lui, les plus magnifiques strophes épiques du poète À so anrore ; et aussi la Captive, 6ù l’on admire la flexibilité de se génie, qui descend des plus grandes hauteurs de l’ode et de l'épopée p. «r moduler uae simple romance.