‹ Les Poètes-misèresChapitre 27 sur 47 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

O Dijon, la fille Des glorieux ducs.

Qui portes béquille Dans tes ans caducs;

r ( l)BiBLioGRAPHiE : Gaspordde la Nuit, fantaisie à la manièrede RemJbrandt, et de Callot, Angers, 1842, Victor Pavie, éditeur. (Le manuscrit de cet ou\Tage avait tout d'abord été vendu par Bertrand à l'éditeur romantique Eugène Rendue], pour la somme de 150 francs. Ce manuscrit est aujourd'hui la propriété de M. Jules Claretie).

» Consulter : David d'AxGERs : Correspondance (publiée par Henri Jouin) Paris. 1890, — Henri Chabeuf : notice dans Mémoires de l'Académie des Sciences, Arts et belles- lettres de Dijon, pour les années 1888-1889. — Léon Séché :Les derniers jours d'Aloysius Bertrand (Mercure de France 1905).

Cl c

114 LKS FOÈTES-MISÈRE

Jeunette et gentille, Tu bus tour à tour Au pot du soudrille Et du troubadour.

A la brusquembille Tu jouas jddis ISlule, bride, étrille, Et tu les perdis.

La grise bastille Aux gris tiercelets Troua ta mantille De trente boulets.

Le reître qui pille Nippes au bahut.

Nonnes sous leur grille.

Te cassa ton luth.

Mais à la cheville Ta main pend encor Serpette et faucille Rustique trésor,

O Dijon, la fille Des glorieux ducs, Qui portes béquilles Dans tes ans caducs

Çà, vite une aiguille.

Et de ta maison Qu'un vert pampre habille Recouds le blason.

ALOYSrUS BERTRAND US

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