‹ Les Poètes-misèresChapitre 26 sur 47 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

Quand le raisin est mûr, par un ciel clair et doux, Uès l'aube, à uii-coteau, rit une foule étrange : C'est qu'alors dans la vigne, et non plus dans la grange, Maîtres et serviteurs, joyeux, s'assemblent tous.

A votre huis, clos encor, je heurte. Dormez-vous ? Le matin vous éveille, élevant sa voix d'ange : — Mon compère, chacun en ce temps-ci. vendange ; Nous avons une vigne : eh bien; vendangeons-nous ?

Mon livre est cette vigne, où, présent de l'automne, La grappe d'or attend, pour couler dans la tonne, Que le pressoir noueux crie enfin avec bruit.

J invite mes voisins, convoqués sans trompettes,

A s'armer promptement de paniers, de serpettes.

Qu'ils tournent le feuillet : sous le pampre est le fruit.

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