‹ Les Poètes russes (volume 2)Chapitre 10 sur 16 · SOU · texte numérisé non relu

SOU

Le chef des Liakhs murmure , PourTU que nous touchions au bourg, et, je le jure, J*ôterai Mikhaïl du nombre des vivants !

Ils avancent, Laneîge, aux gouffres décevants, Les engloutît toujours. Déjà le soleil baisse ; Les Polonais lassés errent dans ГошЬге épaisse. Ni village, ni bourg. Ils craignent quelque erreur, Leurs regards soupçonneux s'allument de fureur.

— Oirdonc nous mènes-tu, la vieille tête grise? Là, cette forêt semble un mur où Ton se brise. Dans un noir cul^de-sac nous enfonçons toujours. Et les bourgs que Ton voit sont des antres à Tours, — La route paraît longue , étant inaperçue, Mes maîtres; cependant j'en trouverai l'issue Venez, que ce front gris vous $erve de garant, -*

Il les conduit; eux vont par les bois s 'égarant. Ce ne sont que taillis qui fouettent leurs visages , Que buissons et trônes nus leur fermant les passages, Sapins s'entrelaçant dans les rameaux touffus , Longs hurlements lointains, glapissements confus Des nocturnes oiseaux, des bêtes carnassières ; La neige s'entassait dans les rares clairières ; A Tombre scintillaient les yeux ronds des hiboux, Où passaient en flairant quelques bandes de loups.

Puis, au sortir des bois plus rien qu'un mur de neige. Alors, tout haletant, s'arrête le cortège; • — Vieillard, où sommes-nous ? quoi tu nous égaras.^. Brigand, tu vas mourir !

— Mikhaïl, tu vivras !

Me voilà, Polonais; prenez, coupez ma tête !

Mais vous n'atteindrez plus le Tsar dans sa retraite !

Pourquoi donc, Messeigneurs, cet ébahissement?

Notre soleil est loin, je le dis clairement.

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