XVIII- SIÈCLE
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Déjà l'astre royal inonde
De son éclat éblouissant
La terre où tout renaît et sent.
Gloire à celui qui fit le monde !
Mon âme, accours t'émerveiller!
Admire Гсеитге et l'ouvrier !
Si, quittant la sphère où nous sommée Pour le firmament spacieux , On pouvait approcher les yeux De ce soleil qui luit aux hommes , On ne Terrait dans le ciel bleu Qu'un immense océan de feul
Là , toujours des vagues de flammes Retombent sur des flots brûlants , Des tourbillons étincelants Bouillonnent sous le feu des lames.
De grands rocs bouillent, enflammés , Au fond des torrents allumés.
Seigneur, cette masse puissante N'est qu'une étincelle en ta main !
Mais pour guider le genre humain , Quelle lampe resplendissante !
P ni? sent nos faits de chaque jour, Repondre à ton ardent amour!
Les mers, les monts, les bois, la plaine , Qui percent le linceul des nuits , Croisant leurs couleurs et leurs bruits , La nature, de toi seul pleine , Tout nous crie : ô divin auteur, C'est le Dieu grand , le créateur !
L'aube du jour, Fastre sublime , N'atteint que l'écorce du sol , Mais ton regard peut, dans son vol , Traverser le ciel et l'abîme ! Ton regard éclaire et ravit Ce qui végète et ce qui vit !
Seigneur ! ô Seigneur Dieu que j'aime!
Répands ta sagesse sur moi ,
Afin que je suive ta loi;
Et puisse ton rayon suprême
Ne me montre dansr l'univers
Que ta face aux profils divers !
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Le jour vient de voiler son beau front pâlissant ; Sur la campagne, au loin, la nuit noire descend ; Des plaines aux côteaux remonte sa grande ombre ; Les derniers des rayons errent disséminés , Et les gouffres des cieux montrent, illuminés , Dans l'abîme sans fond les étoiles sans nombre.
Comme un sable jeté dans le sable des mers , Gomme un flocon d'écume au sein des flots amers. Comme de la poussière à l'ouragan lancée, Comme un duvet perdu dans le feu dévorant , Ainsi de plus en plus, dans le ciel m 'égarant, J'abîme, exténué, le vol de ma pensée.
Les sages nous ont dit : « Là haut, ces feux divers Sont autant de soleils, de mondes, d'univers, Qui gravitent peuplés dans le cicle des âges ; Là haut, comme ici bas, la même impulsion Fait rouler le ressort de la création , Où Dieu se glorifie.... • Eh! que savent les sages? Mais où donc, ô nature, est ta loi? sur ce bord , Pourquoi l'aube, souvent, luit-elle au pôle nord? Le soleil à plaisir déplace-t-il son trône ?
Quoi! les glaçons des mers vomiraient-ils le feu? Une froide lueur nous inonde en tout lieu ; Voyez! au jour serein la nuit prend sa couronne.
О vous dont les regards limités et charnels Creusent le livre obscur des codes éternels, Depuis Téther d'azur jusqu'à la fange immonde; О vous qui concluez de l'atôme au grand tout , Qui mesurez la courbe où la comète bout , Dites, qui fait ainsi tourbillonner le monde ? Qui fait jaillir ainsi l'aurore en pleine nuit , Serpenter les rayons de la foudre qui luit , Ou remonter au ciel leur flamme rebondie ; Et comment il advient que des flots condensés , Que la vapeur gelée ou les givres glacés Allument en hiver un immense incendie ?
О contraste sans fin! о décevant tableau !
Ténèbres, vous luttez onctueuses dans l'eau ; Soleil, c'est l'air épais qui tient vos javelines ; Monts opaques, vos pics ondulent, flamboyants ; Mers denses , vous courbez vos dos lourds et ployants , Dès qu'un souffle a ridé les ondes cristalines.
Le penseur hasardeux, hélas! n'explique pas Les choses que sa main peut cueillir sous ses pas ; Qu'est-ce donc quand il touche à la chose suprême ! Qu'il nous dise en quel lieu finit le firmament? En quel lieu l'univers a son commencement ?
Qu'il nous dise, avant tout, la grandeur de Dieu même!