‹ Les Poètes russesChapitre 17 sur 33 · XVIII- SIÈCLE · texte numérisé non relu

XVIII- SIÈCLE

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Déjà l'astre royal inonde

De son éclat éblouissant

La terre où tout renaît et sent.

Gloire à celui qui fit le monde !

Mon âme, accours t'émerveiller!

Admire Гсеитге et l'ouvrier !

Si, quittant la sphère où nous sommée Pour le firmament spacieux , On pouvait approcher les yeux De ce soleil qui luit aux hommes , On ne Terrait dans le ciel bleu Qu'un immense océan de feul

Là , toujours des vagues de flammes Retombent sur des flots brûlants , Des tourbillons étincelants Bouillonnent sous le feu des lames.

De grands rocs bouillent, enflammés , Au fond des torrents allumés.

Seigneur, cette masse puissante N'est qu'une étincelle en ta main !

Mais pour guider le genre humain , Quelle lampe resplendissante !

P ni? sent nos faits de chaque jour, Repondre à ton ardent amour!

Les mers, les monts, les bois, la plaine , Qui percent le linceul des nuits , Croisant leurs couleurs et leurs bruits , La nature, de toi seul pleine , Tout nous crie : ô divin auteur, C'est le Dieu grand , le créateur !

L'aube du jour, Fastre sublime , N'atteint que l'écorce du sol , Mais ton regard peut, dans son vol , Traverser le ciel et l'abîme ! Ton regard éclaire et ravit Ce qui végète et ce qui vit !

Seigneur ! ô Seigneur Dieu que j'aime!

Répands ta sagesse sur moi ,

Afin que je suive ta loi;

Et puisse ton rayon suprême

Ne me montre dansr l'univers

Que ta face aux profils divers !

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Le jour vient de voiler son beau front pâlissant ; Sur la campagne, au loin, la nuit noire descend ; Des plaines aux côteaux remonte sa grande ombre ; Les derniers des rayons errent disséminés , Et les gouffres des cieux montrent, illuminés , Dans l'abîme sans fond les étoiles sans nombre.

Comme un sable jeté dans le sable des mers , Gomme un flocon d'écume au sein des flots amers. Comme de la poussière à l'ouragan lancée, Comme un duvet perdu dans le feu dévorant , Ainsi de plus en plus, dans le ciel m 'égarant, J'abîme, exténué, le vol de ma pensée.

Les sages nous ont dit : « Là haut, ces feux divers Sont autant de soleils, de mondes, d'univers, Qui gravitent peuplés dans le cicle des âges ; Là haut, comme ici bas, la même impulsion Fait rouler le ressort de la création , Où Dieu se glorifie.... • Eh! que savent les sages? Mais où donc, ô nature, est ta loi? sur ce bord , Pourquoi l'aube, souvent, luit-elle au pôle nord? Le soleil à plaisir déplace-t-il son trône ?

Quoi! les glaçons des mers vomiraient-ils le feu? Une froide lueur nous inonde en tout lieu ; Voyez! au jour serein la nuit prend sa couronne.

О vous dont les regards limités et charnels Creusent le livre obscur des codes éternels, Depuis Téther d'azur jusqu'à la fange immonde; О vous qui concluez de l'atôme au grand tout , Qui mesurez la courbe où la comète bout , Dites, qui fait ainsi tourbillonner le monde ? Qui fait jaillir ainsi l'aurore en pleine nuit , Serpenter les rayons de la foudre qui luit , Ou remonter au ciel leur flamme rebondie ; Et comment il advient que des flots condensés , Que la vapeur gelée ou les givres glacés Allument en hiver un immense incendie ?

О contraste sans fin! о décevant tableau !

Ténèbres, vous luttez onctueuses dans l'eau ; Soleil, c'est l'air épais qui tient vos javelines ; Monts opaques, vos pics ondulent, flamboyants ; Mers denses , vous courbez vos dos lourds et ployants , Dès qu'un souffle a ridé les ondes cristalines.

Le penseur hasardeux, hélas! n'explique pas Les choses que sa main peut cueillir sous ses pas ; Qu'est-ce donc quand il touche à la chose suprême ! Qu'il nous dise en quel lieu finit le firmament? En quel lieu l'univers a son commencement ?

Qu'il nous dise, avant tout, la grandeur de Dieu même!

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