FRANÇOIS MAYNARD
François Maynard on de Maynard, est né à Toulouse en i$82. Il moiirul à Cérê le 28 décembre 164Ô, laissant une œuvre inoubliable. Dans sa jeunesse^ il avait été secrétaire de Margueriie de Navarre ; il devint par la suite président au Présidial d'Aurillac, puis membre de lAçadémie française et conseiller d'Etat. C'est tout ce que nous transcrirons ici de sa me^ que des èrudits et des laborieux, MAI. Durand Lapie et Frédéric Lachèvre, se sont appliqués à reconstituer par le menu. N^ous ne tenterons point davantage une glose sur ses ouvrages, François Maynard fut un grand poète ; son bagage lui assigne une place de premier ordre dans notre littérature et nous dispe7tse de tout commentaire. A côté d'une production féconde, maintes fois réimprimée, il laissa parmi ses manuscrits des Priapées et divei'ses épi^ grammes qui, pour être dérobées à notre attention, ne sont négligeables à aucim titre. Un éditeur tes publia il y a quelques années (i). Elles sont introuvables au* jourd'hin. C'est ce qui nous engage à en donner quelques extraits. Nous compléterons notre choix par des pièces extraites de divers recueils (il en est qui appartiennent aux éditions des œuvres de Maynard données eniôjSeten 1646). Quelques-unes de cetîes-ci, non recueillies par M, Garrisson dans sa récente réimpression de Maynard, se trouvent reproduites déjà dans Vadmirable Bibliographie des Recueils collectifs de M. Lachèvre (Paris, Leclerc, igoi, tome 1)
(i) Prwpées de ïSiaynard, publiées pour la première fois d'après les manuscrits et suivies de quelques pièces analogues du même auteur^ extraits de différents recueils, Freetown. Imprimerie de la Bibliomaniac Society, 1864,
ÉPÏGRAMMES (i)
N'oy-jc pas dite à la censure Des esprits qui font les prudents, Que voicy des vers impudents Au-deià de toute mesure ; Qu'ils mettent l'honneur à FencaQ ; Et qu'il faut que le Vatican Contre moy ses foudres allume ?
L'humeur de ces gens me ravit :
Ils veulent défendre à ma plume Ce qu'ils ont permis à leur v. , ,
Cessez Paulette, de nous dire Que la cour desplaît à vos yeux, Et que votre cœur ne soupire Que pour les merveilles des cieux.
Toutes vos paroles sont feintes î Pour croître le nombre des saintes Vos mouvemenis sont trop badins ; Votre humeur incague le pape Et ne cherche dans ces jardins, Autre déité que Priape.
# # Tiendiez-vous jusques à demain Insatiable créature, Dans la maigreur de votre main
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FRAC^ÇOIS MAYNARD Bl
Moa pauvre engio à la torture ?
Contre vous il s» par dix fois,
En une nuit rompu son bois :
Voulez- voutï des preuves plus belles î
De gràc^, lâchez-le du poing.
Il ne s'en ira guères loing :
Mes c... Iles ne sont pas des ailes.
Vieille, jaune comme un écu Et faite comme une grotesque, Monv... à l'entour de-tonc...
Ne dansera plus la moresque
Tu m'as beau suivre nuit et jour, Et me dire que ton amour Est au-delà de toutes bornes ;
Je ne veux point d'un c... si vieux, De crainte de planter des cornes Sur le tombeau de mes ayeux.
Voicy Jeanne la mal peignée.
Qui n'est jamais sans corselet.
Et qui, moins femme qu'araignée Fait d'une bague un bracelet.
Elle est sèche comme une cruche, Camuse comme une guenuche, Eloquente comme un Gascon.
Ajoutez à tant de merveilles Que la belle est pauvre de c...
Comme un âne est pauvre d'oreilles.
82 LES POÈTES SATYRIQULS
Tes ItvTts ont perdu leurs roses Et ion corps est déjà cassé ; U te faut mettre au rang des choses Qui furent au siècle passé.
Jeanne, ton éloquence est forte ; Mais n'attends plus qu'elle me porte A plaire à ta lubricité.
Mon engin, que ta main caresse,
N'a pas assez de charité
Pour être un baston de vieillesse.
Filles, vous choquez le bon sens.
Si vous ne quittez vos quenouilles Pour aller donner de l'encens Au dieu qui garde les citrouilles.
Ces dévots à petit collet, De qui l'apparence vous dupe, Quand ils disent leur chapelet, Ont leur esprit sous votre jupe.
Venez goûter avecque nous Ce que la vie a de plus doux.
Et débrider vos pucelages.
Vous avez tort de reculer (i)
Vos mères, qui font tant les sages.
Aiment mieux f..tre que filer.
(i) Variante :
Ihnfiex donc, en vos plus beaux jours,
%A la nature un libre cours.
Et dibridei vospuala^es
Quoi I voulez-vous toujours brûUr,