PREFACE XXXI
multitude ceux qui incorporent parfois une note sociale à une littérature qui n'en fait cependant pas état; et cette note existe chez Mmcs de Noailles, Del arue-Mar drus et Cécile Périn, chez U7i Tudesq, un Mercier, un Louis Beuve, un Albert Boissière, un Paul Galland, un Emile Bipert, un Bené Le Cœur... Il faut finir.
Nous finirons sur de la jeunesse, toute neuve, toute vibrante, de la vraie jeunesse ruée éperdument vers les demains meilleurs. Cette jeunesse compte Jules Bo- 7nains (1) à qui Von doit des idées très personnelles S2ir ce qu'il appelle rUnanimisme (Z'Unanimisme est essentiellement de l'art littéraire social, puisqu'il veut la réalisation en beauté des frissons collectifs) et un groupe de jeunes hommes décidés qui, sous le nom de Visionnaires, chantent toute la vie dont ils traduisent à pleines rimes et à plein cœur les spectacles. Eux aussi veulent élever le Peuple jusqu'à leur joie de poètes; eux aussi songent à des fêtes civiques, à des manifestations d'art social. Puisse leur ardeur ne pas s'arrêter trop tôt aux réalités transitoires/ André Colomer (2), Gabriel-Tristan Franconi, Georges-Hector Mai (3), Bernard Marioite (4), Banville d'Hostek (5), ce sont les noms ou les pseudonymes des principaux soldats de cette phalange à laquelle nous souhaitons toutes les victoires.
Ainsi s'avance, en rangs comjiacts, l'armée des poètes marchant à la conquête d'une beauté dont puisse jouir toute la foule. Elle a déjà démoli les tours d'ivoire, cette armée. Elle descend dans la vie. Elle court au combat pour le Mieux, mêlant l'espoir des justices matérielles à l'espoir des morales supérieures, des joies spirituelles enfin goûtées de tous. Vaincra-t-elle l'inertie, le bourgeoisisme, l'effort contraire des mercantis, des destructeurs d'idéal, des criminels bergers? Nous deux, en tous cas, nous ne verrons point la défaite des Mauvais subjugués par les Bons. Qu'im-
(1) Auteur de la Vie unanime (E.A\iwx\s de XAbbaye.)
(2) Né en 1885, à Cerbère (P.-O.). Va publier Les Gueuseries héoïques, poèmes.
(3) De son vrai nom Roger Dévigne, né à Angouléme, le 11 septembre 1885. Va publier Les feux du monde et de la misère, poèmes.
(4) Né à Salnt-Germammont (Ardennes), le 5 juillet 1887. Va pu- Dlier Le Moulin des chimères, poèmes.
^ yb) Né à Rouen, le 27 décembre 1878.
XXXII LES POETES SOCIArX
porte? Nous auro7is du ?noins soutenu la bonne cause et 7nt>r/ !i,,n-r rri (le rnllicnient clan,^ la mêlée. Qu'importe?
Quaud un siècle s'achève et que l'étape est faite L'humanité construit une tour de granit. Quand la tour est construite elle en gravit le faîte Comme un aigle perdu qui retrouve son nid.
Alors elle regarde au niveau de sa tête : Un nouvel horizon s'étend sous le zénith. C'est là qu'il faut aller, car l'œuvre est incomplète Et l'effort recommence et jamais ne finit. (1)
POIXSOT et XOEMAXDY.
(1) Clovis IIuocks, Les Evocations .