‹ Les Poètes sociauxChapitre 38 sur 72 · I. — AU POÈTE HE^^RI DELISLE · texte numérisé non relu

I. — AU POÈTE HE^^RI DELISLE

Pour dire la souffrance étonnante des foules, tu t'enfermas pensif et sombre dans ta chambre ; amer, les poings crispés par le froid de décembre, et les clameurs du peuple t'arrivaient en houles.

Isolé, tu souffrais comme eux obscurément ; leurs désespoirs trouvaient un écho dans ton âme, trop fort pour te donner aux caprices des femmes, tu fis de tes rancœurs des vers où rien ne ment.

C'est l'avenir qui frappe aux p'ortes d'aujourd'hui ! ta colère a frémi comme chante une enclume, voici que l'horizon, dans le couchant s'allume :

une flamme de force et d'espérance a lui !

— ainsi qu'un clair soleil s'en vient trouver la brume

ta chanson va trouver les voiles de la nuit.

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