II. — CEUX D'AUTREFOIS
Jadis, ils ont passé dans les soirs sans beauté, courbés d'un souci lourd, la lassitude aux tempes, l'idéal se mourait dans le profond des temples, l'amour agonisait dans les coeurs dévastés.
Ils avaient ces bras maigres, crispés dans l'attente, qui tremblent de n'avoir même pas essayé la révolte sublime et sur leurs fronts plissés sourdait le travail d'âmes inintelligentes.
Et quand le grand soleil, rouge en le crépuscule,
se cachait ironique aux revers des églises,
ils sentaient un reproche errer dans la nuit grise.
Lors, honteux de souffrir de peines ridicules,
ils rougissaient d'avoir, meurtri, sous leur chemise
un cœur qui s'effarait devant de vains scrupules.