‹ Les poisons bactériensChapitre 10 sur 39 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

l’infection est une intoxication par le poison

MICROBIEN

Sommaire : La bactériologie croit pouvoir expliquer l'infection par l’envahissement de l’économie animale par les microbes. Trois maladies, diphtérie, choléra, lélanos, où celte explication n’est pas possible. Découverte de la vaccination chimique. Découverte des différents poisons chimiques des bactéries qui peuvent reproduire tous les symptômes de la maladie sans intervention des microbes. Point de vue actuel : la maladie infectieuse est une intoxication par le poison du microbe pathogène.

Nous avons quitte la bactériologie au moment où, remportant sa victoire décisive sur l'étiologie chimique des maladies infectieuses, elle était amenée à nier l’importance des poisons produits par les microbes. La faculté des bactéries de fabriquer des poisons ne présentait aucun intérêt pour les bactériologistes, car elle appartenait aux bactéries banales, celles de la putréfaction, qui poussent sur les matériaux privés de vie, tandis que les bactéries pathogènes étaient caractérisées par leur pouvoir de se développer dans l’organisme vivant et de l’envahir.

Se souvenant de ce quelle était née de l’étude

do la fermentation, la bactériologie assimilait volontiers à celle-ci la maladie infectieuse. Comme la fermentation alcoolique avait trouvé son explication provisoire dans la vie sans air delà levure, on croyait expliquer la maladie par la vie du microbe dans le corps animal.

Ainsi, par exemple, dans la maladie charbonneuse dont l’étude a été intimement mêlée aux premiers pas de la bactériologie, et qui avait pendant longtemps servi do type aux autres maladies bactériennes, les animaux meurent avec une grande quantité de bactéridies dans le sang de tous les organes. On croyait que la mort des animaux était amenée précisément par cette masse énorme de corps étrangers envahissant les humeurs' animales. On invoquait, pour préciser le mécanisme de la maladie, les effets mécaniques de la présence de ces corps étrangers dans le sang et les embolies capillaires qui en résultent. On invoquait aussi la soustraction de l’oxygène aux globules rouges par les bactéridies charbonneuses, le manque d’oxygène dans les tissus et l’asphyxie qui en serait la suite. On croyait encore à l’asphyxie de l’animal par l’acide carbonique dégagé par les microbes.

D’une manière plus générale, on pensait à la nutrition énergique de la bactéridie qui s’empare des aliments des cellules animales et les tue affamées par l’inanition.

Plus souvent encore, on se contentait des expressions tout à fait vagues sur la lutte pour la vie entre la cellule animale et le microbe, sur la concurrence vitale entre ces deux cléments, sans se préoccuper autrement de donner un contenu quelconque à ces vastes formules 1 . C’est que, nous le répétons, la bactériologie naissante était dominée par l’analogie entre la maladie infectieuse et la fermentation ligurée. De même que la décomposition des matières en fermentation, était produite non pas par une substance chimique ou enzyme, mais par la vie sans air des feianents, de même la maladie infectieuse était le corollaire de la vie des bactéries pathogènes dans le corps animal. Et nous venons de voir que c'est surtout aussi l’absorption de l’oxygène par les bactéries qu’on invoquait dans l’explication du mécanisme de la maladie.

Cependant, 1 idée de l’intoxication qui dominait autrefois 1 infection, n’était pas complètement morte. Davaine croyait que les bactéridies charbonneuses sécrètent un produit qui agglutine les globules rouges de sang. Pasteur , par la filtration des cultures charbonneuses, mit en évidence l’existence de cette diastase agglutinative. Toussaint invoquait l’existence d’un poison phlogistique produit par la bactérie charbonneuse. Il croyait

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