Vaillard, Annales de l’Institut Pasteur, 1892, n
on a trouvé la méthode sûre et inoffensive (, Brieger ,
Kitasato et Wassermann ).
Les propriétés antitoxiques du sérum des animaux vaccinés ont été bientôt retrouvées par tous les expérimentateurs.
Tizzoni et Cattani ont fait une étude spéciale de la substance antitoxique du sérum.
Ils ont trouvé que l’antitoxine est affaiblie par le chauffage à65° pendant une demi-heure etqu’elle est complètement détruite par le chauffage de la même durée à 68° (température de coagulation du sérum).
Ils ont trouvé encore que cette substance antitoxique ne dialyse pas ; qu’elle est détruite très vite par l’acide chlorhydrique, par l’acide lactique en grand excès, par les alcalis. Elle est précipitée par le sulfate d’ammoniaque en sursaturation et aussi par l’alcool absolu. De ce dernier précipité, elle peut être retirée par l’eau ou par la glycérine1.
Vaillard a étudié surtout les relations entre l’immunité des animaux et le pouvoir antitoxique de leur sérum. Il a été amené, par ses recherches, à nier la possibilité d’expliquer l’immunité par la propriété antitoxique du sérum. Chez les animaux naturellement réfractaires, comme, parexem-
1. Tizzoni et Cattani, Ueber die Eigenschaften des Tetanus Anlitoxins. ( Centr . f. Bactériologie, t. IX, n° 21.)
pic, la poule, le sérum, à l’état normal, n’est pas antitoxique. Il n’acquiert cette propriété qu’ après l’injection d’une forte dose de poison tétanique. De même, chez les animaux vaccinés, on peut ne pas trouver l’état antitoxique du sérum. Cet état n’apparaît que comme la suite de l’action de fortes doses des produits solubles du bacille tétanique. L’action antitoxique du sérum n’est qu’une propriété contingente des animaux réfractaires. Elle ne peut, par conséquent, servir à expliquer l'immunité naturelle ou acquise. Il faut ajouter que Vaillard n’avait pas réussi à guérir le tétanos par le sérum de ses animaux réfractaires. Il a trouvé encore que la rate et l’humeur aqueuse des animaux vaccinés ne possèdent pas des propriétés antitoxiques, Leurs muscles, au contraire, l’ont au moins in vitro
A propos de la rate, il nous faut parler des recherches de Tizzoni et Caltani, qui ont trouvé qu’on ne réussit pas h vacciner contre le tétanos, les animaux privés de leur rateI. * 3.
La troisième thèse de Behring et Kitasato , la vaccination et la guérison par le sérum des animaux vaccinés, a aussi soulevé des contradictions. Tout
I. Vaillaud, Propriété du sérum, des animaux réfractaires au tétanos. (C R- de ta Société de Biologie, 4 80 1 , C juin.)
“2. Tizzoni et Cattaxi, Ueber die IVichtigkeit der MHz bei der experimenlellen immunisirung der Thieren gegen den Tétanos.
( Cenlr . f. Bactériologie, t. XI, n° 1.)
en réussissant à prévenir la maladie par le sérum, Tizzoni et Cattani et Vaillard ne réussissaient pas à la guérir. Beaucoup d’autres contradictions ont été produites contre la théorie générale de l’immunisation, contradictions soulevées, pour la plupart, par le parti pris des anciens systèmes sur l’immunité, qui ne voulaient pas céder leur place à la nouvelle doctrine. — ■ Toutes ces contradictions furent bientôt éclairées et écartées, grâce surtout aux recherches intéressantes d ’Ehrlich1 *. Expéri mentant avec l'abrine et la ricine, deux albuminoïdes toxiques d’origine végétale, Ehrlich démontra numériquement que l’immunité des animaux contre les poisons n’est pas une quantité invariable, mais peut avoir des degrés très différents. Il démontra., en outre, qu’avec le degré de l’immunité acquise par les animaux vaccinés varie aussi le pouvoir antiloxique et immunisant de leur sérum. — Ainsi s’éclairaient toutes les contradictions précédentes : les auteurs qui ne pouvaient pas guérir, mais qui vaccinaient seulement par le sérum des animaux vaccinés, n’avaient évidemment pas obtenu, chez leurs animaux donnant le sérum, le grade d’immunité suffisant pour que leur sérum -soit curatif. En effet, en continuant leurs expé-