‹ Les Poisons CancéreuxChapitre 26 sur 39 · III. — Les tumeurs ulcérées ont des actions toutes · texte numérisé non relu

III. — Les tumeurs ulcérées ont des actions toutes

différentes de celles des tumeurs closes.

Nous avons eu la chance de pouvoir examiner comparativement ces actions différentes, grâce à une tumeur épithéliale de l’utérus.

a) Des végétations de la cavité utérine furent utilisées

ainsi que les trompes bourrées de masses proliférées, pour la préparation d’un extrait obtenu par notre procédé habituel avec 50 gr. de tumeur, repris dans 50 gr. d’eau salée et addition d'un peu de thymol pour éviter la multiplication des colonies microbiennes. On obtint 42 gr. de cet extrait. te

On injecte dans une veine périphérique d’un lapin 5 1,500 gr. 20 cc. en 7 minutes 30 secondes (13 gr. 333 par kilo). L'animal pris de convulsions et de dyspnée intense semble se remettre un APR puis meurt dans “Ja nuit.

b) Des masses tumorales d'aspect un peu fibreux, mais épithéliales comme les végétations, parfaitement incluses dans la paroi du muscle utérin, donc nullement infectées, font la pulpe du second extrait dont on obtient 62 ec.

Un lapin de 1,650 gr., qui a reçu de cet extrait, 24 ce. en 9 minutes (14 gr. 545 par kilo) ne présente aucun trouble.

Donc des masses cancéreuses développées sur le même organisme, de même structure histologique, et préparées de même façon, ont des toxicités différentes suivant qu’elles sont infectées ou non.

IV. — La qualité de l'extrait n’est pas le seul facteur à considérer dans le calcul des toxicités.

a) La voie employée pour l'introduction du poison

dans l'organisme fait varier du tout au tout les résultats obtenus.

Notre tumeur de chien VI qui tuait les dpi à la dose de 5 ce. pour 2,975 gr., quand son extrait était introduit par la voie veineuse, était bien moins toxique

par d’autres voies.

L'extrait, préparé avec du sérum artificiel, fut injecté à la dose de 5 cc., dans lé péritoine d’un lapin de 2,145 gr. L'animal se cachectisa et suceomba en 1 mois 1/2.

= Deux lapins reçurent dans le péritoine 5 cc. du liquide préparé avec le sérum du chien cancéreux. L'un survécut T jours. Le deuxième fut atteint, au bout de 2 mois, de sphacèlé cutané ; son poids, qui était primitivement de 2,625 gr., tomba à 1,200 gr. puis une amélioration progressive se produisit et, déux mois plus tard, l'animal était rétabli. |

Enfin, le dernier lapin, qui avait reçu 5 ec. sous la peau, succomba très amaigri au bout de 46 jours.

Cette série d'expériences établit que les toxines peuvent exercer, suivant la voie employée pour l'injection des . extraits, des effets différents : tantôt une action foudroyante, tantôt une cachexie lente et progressive.

b) La vitesse avec laquelle sont poussées les injections | intraveinèuses a une importance capitale.

Notre tumeur-canine VII a donné un extrait qui pouvait tuer assez rapidement le lapin : à propos de sérothérapie un lapin de 1,625 gr. reçut un mélange de cet extrait avec du sérum d'animal préparé ; dans une expérience l'injection poussée à la vitesse de 5 ec. en 1 minute 30 secondes, a tué le lapin tout de suite, tandis que le même mélange à la dose de 15 cc. poussés en 10 minutes n’a causé aucun trouble immédiat ; l'animal est mort au bout de 17 jours seulement.

= Avec un autre de nos extraits, un lapin de 1,800 or. supporte l'injection de 35 cc. en 20 minutes, et ne succombe qu’une demi-heure plus tard, tandis qu'un lapin

du même poids succombe avec des convulsions pour

une dose de 21 ec. seulement poussée en 11 minutes. | Ces chiffres si différents indiquent dans quelle mesure -

on peut commettre des erreurs, si on ne prend pas le soin d'opérer toujours avec la même vitesse ; surtout pour les premiers centimètres cubes injectés. Après cela, 1l se fait une accoutumance dont il sera question plus loin.

#- , . , - £ V. — La température des animaux en expérience est

toujours un peu abaissée par les poisons Cancéreux. Par exemple, un lapin de 1,850 gr., ayant reçu de

notre extrait humain VI, a passé de 38° à 37°4 une

heure après la fin de l'injection, et deux heures plus

tard à 35°. L'animal est mort.

Chez les animaux survivant à une injection intraveineuse, nous avons noté à différentes reprises, même plusieurs jours après l'injection, un abaissement de température.

Bien que nous n'ayons pas fait des examens sériés, toute élévation de température a été pour nous le signal d’une infection secondaire.

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