L. Prerrrek, étudiant la toxicité des organes atteints
par des protozoaires et celle des protozoaires, signe cette phrase : « le contenu de certains carcinomes a le même
pouvoir toxique. »
Dès 1890, ADAMKIEWICZ fit paraître toute une série de recherches sur les poisons du cancer ; sa méthode expérimentale est intéressante à rapporter.
Considérant le cerveau comme l'organe le plus ble
aux toxines cancéreuses, il eut l’idée d’ implanter du carcinome humain frais dans le cerveau de lapins anes- -thésiés. I] obtenait la mort avec paralysies et convulsions
. en 20 heures environ, et donnait ses résultats comme
constants et proposait sa méthode comme diagnostic différentiel du carcinome et des tumeurs bénignes et sarcomateuses.
Ces recherches”ont été reprises et tous les auteurs ont vu les animaux rester en vie; je cite pour mémoire les noms de KOPFSTEIN et Parraur dont je n'ai pu me procurer les travaux. Grisscer, en 1893, prit à parti Adamkiewicz à propos de sa communication sur « la can-
croïne ». Cet auteur fit des inoculations aseptiques dans
le cerveau et dans le péritoine. Il a'indistinctement utilisé les carcinomes, les sarcomes et les tissus sains ; mais il a différencié les tumeurs ulcérées de celles qui ne l’étaient pas.
Il conclut que le carcinome ne donne pas plus de
réaclions que le musele, la glande où le tissu adipeux ; et que tous les cas de morts sont dus à des septicémies secondaires. Adamkiewiez invoqua ses animaux témoins, et fit une série d'expériences avec des cultures de différentes provenances. .
En 1904, Wacner a publié une intéressante série d'expériences pour infirmer celles d’Adamkiewiez : il. a procédé avec beaucoup de méthode, joignant à chaque inoculation dans le cerveau d’un lapin, l'examen histologique de la tumeur employée et des cultures bactériolo- | giques de cette même pièce. Il a pu démontrer clairement qu'une tumeur très rhaligne, aseptique parfaitement, ne cause jamais la mort, tandis qu'une tumeur bénigne, addilionnée de microbes, streptocoques ou bacille pyocyanique, tue infailliblement l'animal inoculé.
La conclusion s'impose : c'est l'infection microbienne qui cause la mort, non la toxine cancéreuse. Ayant employé indistinctement des tumeurs diverses, il ajoute qu'il n'existe pas d'action spécifique du earcinome. :
Il faut arriver à l’année 1895 pour trouver l'application de la technique proposée par Cruveilhier, des injections intravemeuses d'extrait cancéreux.
Le Prof® Cnarrxs Ricuer opérait avec des tümeurs épithéliales ulcérées, réduites en pulpe-dans trois fois leur volume d'eau, et filtrées sur un fin tamis métallique. Les extraits ainsi préparés élaient des poisons extrêmement violents, capables de provoquer la mort en injections intravemneuses à la dose de quelques centigrammes par kilogramme d'animal, dans un temps variant entre 5 et 30 secondes : ces extraits chauffés à l’autoclave et filtrés sur papier reslaient très loxiques. Ayant expérimenté
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avec des sarcomes proprement dils où des tumeurs épithéliales non ulcérées, il n'avait obtenu aucun résultat, même avec une dose de 10 grammes par kilog. d'animal, en injection intraveineuse. ;
L'auteur concluait que les toxines cancéreuses provoquent la coagulation du sang dans le cœur, et des embolies cérébrales et pulmonaires : l'animal mourant avee du nystagmus, des contractures, du ralentissement du cœur et des respirations asphyxiques.
Au cours de mes expériences, j'ai pu démontrer qu'une tumeur dans ces portions ulcérées possède une toxicité toute spéciale due, fort probablement, aux infections microbiennes et qu'une toxine chauffée perd sa puissance toxique (obs. Cadiot, obs. Bazy).
Dans une série d'expériences publiées en 1906 en collaboration avec le Prof' H. Rocer, j'ai obtenu les mêmes puissances toxiques sur des animaux dont le sang était rendu incoagulable par de l'extrait de sangsue; la mort n’est donc pas due à la formation de caillots, consécutivement embolisés.
Au moment où le Prof” Ch. Richet publiait ses expériences, Bower, de Marseille, fit paraître une note fort intéressante sur la toxicité d’un extrait obtenu d’une tumeur encéphaloïde ulcérée, pulpée et injectée dans les veines de deux chiens. L'un, porteur d’un cancer de la paroi abdominale, mourut ‘après l'injection de 30 eme. d'extrait; l’autre, chien sain et beaucoup plus petit, put supporter une injection intraveineuse de 45 cmc. sans aucun accident. On peut se demander sil n'est pas approprié de parler ici d'anaphylaxie.
En 1904, le Proff Mayer, de Lyon, employant des
produits solubles des néoplasmes, filtrés sur bougie, obtint, non des intoxications, mais des néoplasmes 8 semblables au cancer, chez le rat blanc.
En 1905, Perry et, à sa suite, BLumenruaL et NEUBERG, émirent l'hypothèse que la cellule cancéreuse produit un ferment capable de digérer les albuminoïdes des tissus
des différents organes, sa présence serait une des causes
de la cachexie cancéreuse. Ce ferment ne passerait dans le sang qu'à l'heure où la tumeur est en voie de désagrégation.
En 1906-1907, en collaboration avec le Prof' H. Roger, j'ai publié quelques-uns des résultats de mon expérimentation. À ce propos, Bruscaerrinr et Barrocco voulant étudier les réactions chez les animaux d'espèces différentes tentèrent des injections d'extraits cancéreux, pulpés et filtrés, quelques-uns même à la bougie Berkefield, et se plaignirent de résultats négatifs : leurs animaux n'ayant présenté que de la polynucléose. Mais pour tous les animaux qui reçurent des injections intraveineuses, ce fut à la faible dose de 1 cme. la première fois, et de 2 cme. à 20 eme. dans les 5 à 20 jours suivants.
Or, mes expériences démontrent : que certains extraits ne sont pas toxiques, ce qui explique l'énorme quantité d'extrait que Borrez put injecter pour la préparation de
son sérum ; que très peu d'extraits sont toxiques à la dose
de 1 eme. et qu’il se produit chez les animaux en expérience une accoutumance rapidement établie.
Enfin, si ces auteurs ont utilisé le même extrait conservé, il avait très vite perdu sa toxicité première, ses qualités étant très fugaces, comme le démontrent un certain nombre de faits rapportés dans cette thèse.
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Avant de terminer cet historique, je tiens à citer des expériences de Gauprer et Hicr, datant de 1894.
— Ces auteurs observèrent des cancéreux et des malades non cachectiqnes et non cancéreux, pour établir la toxicité urinaire des premiers. Ils concluent à une augmentation notable de la toxicité urinaire chez les cancéreux non cachecliques, en même temps qu'il se produit une diminution du taux de l'urée. Après l'opération, en 20 jours en moyenne, la toxicilé est redevenue normale, ainsi que le taux de l'urée.
Ces phénomènes ne se produisent pas dans les cas de tumeurs bémignes et les auteurs pensent que ces remarques peuvent éclairer le diagnostic dans certains cas.