‹ Les poissons d'eau douce du Canada [microforme]Chapitre 101 sur 236 · WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

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profondeurs où ils acquièrent tout leur développement, en même temp qu'une grande vigueur, dont le sportsman est ravi mais qui surprend «t étonne parfois les pêcheurs novices. On a trouvé des siluroïdes dans les montagnes de l'Amérique du Sud, à une altitude de 14,000 pieds : ceux-là ne vivaient pas assurément dans la vase, pas plus que ceux que vomissent assez fréquemment des volcans de ces mêmes régions, provenant sans doute de lacs souterrains, et qui sont invariablement aveugles. Il en est même qui vivent dans les cours d’eau les plus torrentueux des montagnes, grâce à un disque pectoral pneumatique qui leur permet de se fixer aux pierres et d'y braver la fureur des eaux déchainées,

Le silure était parfaitement connu des anciens : Aristote en park: Athénée, Juvénal, Ælien en font mention. La mer Caspienne et les rivières qui s’y jettent en produisent tant, qu'il est au plus vil prix. A Astrakhan, la livre n'en vaut pas souvent un centime. Le Térek en produit du poids de plus de trois cents livres ; il est des lacs où l'on en à capturé qui pesaient cinq cents livres; leur voracité est extrême et semble se développer dans la proportion de leur masse. Gessner rapporte qu’une fois on a trouvé dans l’un d'eux une tête humaine et une main portant deux anneaux d'or : il dévore tout ce qu'il peut atteindre : oies, canards n'épargnant pas même le bétail quand il se rend à l’'abreuvoir. N'il faut en croire Valenciennes, il va même jusqu'à s'attaquer à l'espèce humaine

En 1700, le 3 juillet, un paysan en prit une auprès de Thorn qui avait un enfant entier dans l'estomac. On parle,en Hongrie, d'enfants et de jeunes filles dévorés en allant puiser de l’eau, et l’on raconte même, que sur les frontières de la Turquie, un pauvre pêcheur en prit un, un jour, qui avait dans l'estomac le corps d’une femme, sa bourse pleine d'or, ct

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nant sans se baignent jamais dans les eaux qu'il fréquente, D'après Gamelin, le f Il en est silure secoue avec sa queue, lors des inondations, les arbustes sur

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tomber et à s’en empuarer. Tout ceci peut paraître exagéré, mais on s’en accommode quelque peu lorsqu'on songe qu’il est C2s silures longs de dix pieds et si gros qu'un homme peut à peine les embrasser.

Au temps du frai, de mai à juin, les silures s’approchent des rivages par couples, et viennent attacher leurs œufs flottants et gluants à des fueus ou des roseaux. Pendant le temps de l'incubation les parents restent à peu de distance du précieux radeau, dans des eaux peu profondes, ce qu'ils ne font jainais en dehors de la saison du frai. La femelle pond de 15 à 20,000 œufs d'où sortent, huit ou dix jours après, de petits animaux qui ressemblent pas mal à des têtards. D'après Valenciennes, ce qu'Aristote rapporte avec détails, et en deux endroits, le soin que le silure mâle prend des œufs de sa femelle tient un peu du merveilleux. Selon lui les grands silures les déposent dans les eaux profondes ; ceux de moindre taille entre les racines des saules, des aulnes, entre les roseaux et même dans la mousse. La femelle, après les avoir pondus, les quitte ; mais le mâle les garde et les défend jusqu'à l’éclosion et plusieurs jours encore après.

Voilà pour le silure glanis d'Europe. En le comparant à notre barbu, à l'ictalarus nigricans du bassin du fleuve Saint-Laurent et des grands les, nous constatons que ce dernier est de bien moins forte taille, puisqu'il ne dépasse jamais cent livres, lorsque son congénère d'Europe atteint le poids de cinq cents livres; nous constatons aussi que s'ils se ressemblent par l4 forme de la tête, la eouleur et la texture de la peau, par la couleur bleue des yeux, ils diffèrent considérablement par la conformation et la disposition de leurs nageoires dorsales, anale et ventrale. tank -deis Quant aux mœurs, nous adimnettons qu’elles sont à peu près les mêmes :

nl n0S grands silures ne viennent jamais près des rives pour y déposer leurs

Si] faut «œufs, ils se tiennent constamment au fond d'eaux profondes, sous des courants rapides où pour les capturer on fait usage de lignes dormantes où de longues et fortes lignes à fronder munies de plombs d’une demiivre au moins. Rien dans l'histoire de notre barbue ne rappelle les traits de férocité attribués par les auteurs au glanis du Danube, de la mer Caspienne et autres lieux. Les esches dont on se sert pour pêcher la barbue à l’antomne, lorsqu'elle se met en chasse, lorsqu'elle sent le

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besoin de se mettre du gras sur les côtes pour braver Îles rigueurs de lhiver, sont des poissons blanes tout ronds, s'ils sont petits, par morceaux où en libèches, S'ils sont gros, des quartiers de passereaux, des vrenouilles, des écrevisses, des losanges de fromage de Gruvères, du foie de pore, des tranches de pommes de terre même, à défaut de mieux : mais l'esche des esches, l’esche par excellence pour la barbue, consiste dans des morceaux de maquereuu sulé,

Il y à quelque cinquante ans, il n'existait pas d'endroits au Canada où cette pêche fût aussi abondante que dans l'Ottawa. Plusieurs semaines avant le temps de la pêche, Le vieux (le père ou le grand-père), se rendait au bois pour v lever de l'écorce d'orme qu'il faisait bouillir pour en faire des câblières, ce qui lui prenait des jours et des jours suivant la longueur de la ligne dormante qu'il voulait tendre. La ficelle étant un article rare alors, on se servait de chanvre pour faire des empiles auxquelles on attachait des hameçons éhanchés, les seuls connus, et qui coûtaient bel et bien un ou deux sous la pièce. Un beau soir, la ligne dormante allait se coucher au fond, longue de dix, de douze, de quinze arpents, armée de cent à deux cents empiles, eschées d'ablettes, de grenouilles et de gardons Le lendemain, dès l’aube, Le vieux faisait lu levée et, de retour, son canot étant rempli, il était fier d'éveiller les jeunes en les appelant à son aide pour transporter son poisson de la grève à la maison, En trois où quatre nuits chanceuses, la famille s'approvisionnait pour jusqu'après le carême : le surplus allait aux pauvres, les plus belles pièces au seigneur et au curé. C'était le bon temps. Aujourd'hui le rendement n'est plus le même, le seigneur est disparu et le curé est oublié !...

U'est que la petite graine de brun de scie, si petité qu'elle soit, si inerte, si dénuée de force en apparence, roulée au gré des flots, débris perdu sans espoir de retour, à fini cependant par détruire où chasser nos plus gros, nos plus vaillants poissons,

Où sont la truite, le saumon, l’esturgeon, le maskinongé, cette armée de barbues montant processionnellement jusqu'au seuil des Chaudières a milieu des eaux limpides des Luurentides, sous les ombrages des plus belles forêts du monde !

Mais où sont plutôt les orimes, les chênes, les pins orgueilleux qui faisaient la richesse et la grandeur de ces forêts ? Tombés, hélas ! sous le rain de blé, le grain de mil, comme nos grands poissons, partis anssb chassés, hélas ! devant La inoulée de scie.

On a beau dire que la navigation, les chaussées, un nombre exagéré de tilets, détruisent où détournent le poisson de la rivière Ottawa, j'aftirme que le brun de scie est le grand coupable de cette dévastation.

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Pimelode-Chat iLeSueur), — Barbotte (canadien-francuis), —— Bulle head. -- Horned-pout. -- Mud pout (anglais).

La berbotte, lun des innombrables sous-genres siluroïdes, peuple très abondamment les eaux du bassin de lOttawa. Elle a à peu près la mème forme que son aîné le silure d'Amérique, la barbue, sauf qu'elle porte une queue carrée plus épaisse, plus large, au lieu d'une queue tourchue, Sa tête et sa queue le rapprochent plutôt du silure d'Europe, un géant à côté d'elle, puisque rarement elle dépasse le poids d'une livre, uéme dans les eaux les plus favorables à son développement, comme le he Bernard, par exemple, où elle est si alerte qu'elle saute à la mouche et vient disputer des poissons vifs au nez même de l’achigan et les lui arracher de la bouche, Les petits cours d'eau et les marais du bassin du Sunt-Laurent, tant au nord qu'au sud, en sont radicalement infestés. Tout lmonde x connaît, c'est le poisson des enfants, et qui de nous n'a payé si connaissance d'une cuisante blessure provenant des pectorales où de ur dorsale toujours armées en guerre ?

Vons n'avez pas oublié, sans doute, l'avoir pêchée à la bouche du ruisseau voisin moiré de vase, en enfonçant votre canne de pêche dans sol et l'appuyant sur une fourche de houx, pendant que vous suiviez les yeux les manœuvres d'un gars vigoureux qui pêchait au carrclet, Gu haut d'un lourd bachot,

Et vous reveniez encore là, le soir, avec le père où le grand frère, pêcher le méme poisson mêlé d'anguilles, à la rermée et au flambeau. On pêche encore au flambeau, au harpon, mais la vermée est tombée en désuétude, ke crois. J'en ai tout de même gardé un délicieux souvenir en ma émoire,

La barbotte pond ses œufs dans les ajones, et les fixe à une plante juelccnque, vers la fin de mai. Quelquefois, la parturition lui coûte de dures souffrances ; si vous en voyez sur le marché, le corps meurtri, ‘echiré, sanglant, c'est qu'elles ont passé entre des racines ou des cailloux jour se débarrasser de leurs œufs. C’est pour avoir ainsi souffert qu’elles sattachent à leurs petits. Le mâle pourtant leur porte un intérêt vraiment emeux, [les suit de jour et de nuit, lorsque dégagé de lx tige qui les a vus naître, ils vont au gré des remous ou de la brise, d’une anse à l’autre,

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