SAUT
LES SALMONIDES 303
LES SALMONIDES
Cuvier avait divisé les salmonidés en dix genres, comprenant un nombre indétini de variétés : mais les Américains ont agrandi le tableau jusqu'à lui faire embrasser vingt genres partagés en cent vingt-cinq espèces. Plusieurs de ces espèces, entre autres le microstoma, largentina, et l'hyphalonedrus, vivent presque constamment au fond de li mer: d'autres, désignés sous le nom de poissons anadrômes, quittent périodiquement l'eau salée pour pénétrer dans les eaux douces, où ils vont passer leur villégiature plus où moins prolongée, et déposer leurs œufs : le sulmo salar et la truite de mer donnent ici l'exemple. D'autres enfin sont sédentaires et ne s'éloignent jamais des lacs et des cours d’eau où ils sont nés: au premier rang de ces derniers figurent les ombres, les honda ish, les namaycush et les corrégones. Vous en verrez qui se plongent dans des abimes insondables, à des centaines de pieds de profondeur, pendant que d’autres gravissent des montagnes par sauts et par bonds ; il en est qui jeûneront pendant six mois de l’année : il en est aussi dont la vie est un festin perpétuel: une truite de bruyère fera la chasse aux mouches, aux araignées, aux libellules : un namaycush broiera des moules au fond des plus sombres crevasses ; à côté d’un saumon de quarante livres se montre gaillarde et frétillante la truite de ruisseau, de six pouces de longueur, du poids de quelques onces, et déjà chargée d'œufs ; mais tous sont des salmonidés argentés, dorés, empourprés, satinés mouchetés, ocellés, bleus, verts, roses, piqués de vermillon, nuagés de taches sombres, ou gris marbrés de brun, ou noirs lavés d'argent sur les flancs, tous se distinguant par une nageoire «dipeuse rejetée en arrière comme un plumet au-dessus de la caudale et à l'opposé de l'anale, Le méme appendice existe chez nos siluroïdes, mais ces derniers sont s faciles à reconnaître que ce trait reste caractéristique quand même des salmonidés. De LaBlanchère en parle comme suit :
‘Le genre des salmonidés constitue une famille extrêmement naturelle, d'une organisation parfaitement similaire dans chacune des espèces, et devant, par conséquent, répondre, par son «adaptation
naturelle, à toutes les circonstances du milieu dans lequel elle vit, Quoique la nageoire adipeuse semble le signe distinctif de ces poissons essentiellement chasseurs, la différence des nourritures possibles à constitué des différences analogues entre les diverses espèces, et fait que leur organisme a dû être modifié en conséquence. Les saumons et les truites représentent les carnivores purs : leurs dents nombreuses et acérées indiquent assez des instruments faits pour couper lu chair. Les corré. gones, au contraire, avec leur bouche sans dents, représentent les insee. tivores et les herbivores. L'ouverture énorme des mâchoires chez les premiers, la petitesse des mêmes organes chez les seconds sont des contrastes qui s'adaptent merveilleusement à la distinction que nous venons de faire.”
Les principaux salmonidés, que je décris plus loin, ceux que l’industrie et le commerce exploitent pour le million, sont les sawmons, les truites les poissons-blancs (coregonus albus), les graylings, les éperlans, les capelans et les oulahans.
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