ORIGINE DU SAUMON
Chaque année, le saumon vaut des millions au Canada,
D'où vient ce bienfaiteur millionnaire ?
D'un œuf, gros comme rien d'abord, et pas plus gros qu'un pois une fois à maturité... mais je passe ici la plume à d'autres plus savants que moi,
A sa naissance, le saumon est plutôt brun pâle que blanc ; il porte des taches nombreuses, descendant en festons profonds, du dos sur les flancs. Cette livrée dure au moins un an; en cet état on le nomme en Angleterre
Parr,
Fii, 54, — LE PAKR.
Cependant, le temps approche où le saumon va revêtir un plus brillant habit, et devenir le Sinolt ou saumon du second âge. Il est alors vêtu de bleu, bleu foncé sur le dos, avec huit ou dix taches bleues sur fond d'argent, à tons changennts rougeûtres, et ventre blane brillant ; l'opercule marqué lune profonde tache noire, dorsale tachetée de brun, telle est la parure du fringant smolt, qu'il rêve dans sa garde-robe d'eau douce, Il sait que cette robe prétexte d'adolescence le fera valoir auprès des anciens, réunis dans les eaux profondes de la mer, à peu de distance souvent du corridor chéri qui conduit à la chambre nuptiale et nu berceau.
À cette seconde transformation, si l'opereule n'était pas bossué en arriere, et strié sur le dessus, on prendrait facilement le smolt pour une truite. Cette brillante livrée est Le parure de voyage ; aussi, le besoin de ocomotion, de migration, devient si impérieux, à cette époque de leur
ie, que le docteur Shaw remarqua une sensible diminution, parmi les snolts qu'il conservait dans un bassin, où il les observait, depuis leur état de purr où de premier âge. Il s'aperçut bientôt qu'ils s'élançaient hors de l'eau, et mouraient, étendus sur le rivage, à quelque distance du bord. Ceci se passait dans la première semaine de mai. C’est alors le moment où les sinolts se réunissent en troupes, ce que ne font jamais les parrs.
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Ici la
TRANSFORMATION DU SAUMON Le temps ordinaire pour que les parrs se changent en smolts, est de deux ans pleins, au moins ; cependant, on en voit qui opérent ce changement dès la première année : mais ceci n'est qu'une exception, produite vraisemblablement par une abondance extraordinaire de nourriture, ou des circonstances que nous ne connaissons pas encore.
La plus grande partie des parrs restent parrs, à la fin de la première année, et passent encore la seconde dans les eaux douces qui les ont vus naître, sans changer de lieu, conservant toujours les bandes quon pourrait appeler Les langes caractéristiques de l'enfance. Quelques-uns
mettent même trois ans à rompre leurs lisières. ie
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Dison Fic. 55. — LE SMOLT, d'abord, où trois
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Les siolts descendent à la mer, les uns en juin, les autres plus tard, À ee par petites troupes de quarante à soixante individus ; ceux qui nont “ae ; pas la force de les suivre les regardent partir, sans doute, avec envie : dde les grands cowrunts, les endroits rapides qu'ils entendent mugir, de leur . ce dixième ou quinzième étage, leur font d'autant plus peur, qu'ils se
sentent moins de force pour les remonte:, Aussi, ceux qui partent, tout
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Deux mois après, on les retrouve, curieux de revoir le lieu de leur
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LE SALMO SALAR oc SAUMON COMMUN 321
maissance,— dont ils ont double fois douce souvenance, pour son eau douce, d'abord, pour ses douces affections, après. Les smolts, alors, sont passés grilses, où saumons de preinier retour. Ici la métamorphose est telle, que si des observateurs n'avaient pus
Fc. 56, — LE GRILSE après cinq ans.
pris lu peine de marquer des smolts avant leur départ, personne ne les
eût reconnus à leur retour.
Disons, en passant, le moyen de marque qu'on a. On les saisit au filet d'abord, puis à la main—<+t ensuite, au moyen de l'emporte-pièce, à deux où trois coups—on perce, de deux ou trois trous, une de leurs nageoires, lanale de préférence, qui ne sert à rien, paraît-il, On les lâche là-dessus, aux hasards de la vie aventureuse, Quand ils reviennent et qu'on les reprend, avec un pareil rier, légèrement bourrelé peut-être—pas n'est besoin d'être tant physionomiste pour les reconnaitre au premier aspect. Savez-vous, par exemple, que pour peu que l'on soit pêcheur, ou peut-être inplement poète, ceux-là, on les caresse, on les embrasse même ; puis on les glisse tout doucement à l'eau, en leur disant : “ Que Dieu vous bénisse !” On nu peut-être jamais plus de foi bonne, qu'en ces moments-là !
Ces sinolts étaient partis, la queue fourchue, comme des jeunes gens äffrontant leur premier bal: ils reparaissent avec une caudale carrée : on dirait des notaires, tant ils ont l'air respectable, Et puis, ils avaient des tandes marquées sur le corps : plus rien n'y parait que la robe argentée da saumon adulte : ils sont partis avec une grosse tête, ils reviennent avec la tête effilée, le corps mince et élancé.
Mais, ce qu'il y a de plus extraordinaire, et qui permet de trouver au plus profond des invcre Le point d'appui de la thèse, à savoir, que ces
mine nés a SE
= — mp + : AS PRRUATRE Re Qi
profondeurs sont les plaines où le poisson va s'engraisser pour venir ensuite figurer honorablement sur les tables du gourmet le plus riche comme sur la table du pauvre, c'est la rapidité de croissance de ce poisson, qui, en deux mois, à la mer, du poids d'un quart de livre an plus. parvient à celui de trois et quatre livres.
Ceci n'est rien encore. L'année s'écoule : les grilses ont fait leur frui (On ne doit pas s'en étonner puisqu'on prétend que les purrs males à un an d'âge, ont déjà de la laitance.) Ils ont remonté les cours d'eau puis les ont redescendus, accablés de fatigue, cela va sans dire : ik retournent passer deux mois au plus & la mer, reparaissent. . et pesent alors huit, dix et douze livres !