‹ Les poissons d'eau douce du Canada [microforme]Chapitre 134 sur 236 · SA | 4 #1 IE · texte numérisé non relu

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côté qu'ils viennent, Pendant el après des pluies douces, sans trop de vent, voilà le moment pur crcellence pour prendre la truite,

I faut éviter un ciel très clair, à moins qu'il n'y ait assez de vent pour soulever de fortes rides, et même alors, par un jour limpide, on prendra peu de truites, Au contraire, un temps sombre succédant à une nuit lumineuse est de bon augure pour remplir le panier, eur les truites sont presque aussi timides dans une nuit éclairée par la lune que dans le

jour saussi, pendant ces nuits-là, elles ne chassent pas : si done le lendemain

le temps est couvert, la truite auri faïm, se eroirn en sûreté et mord âprement, Lors de In saison froide (hors l'hiver), péchez seulement au milieu du jour : dans la saison chaude, le matin et le soir, La soirée, en général, vaut mieux que la matinée, sans doute parce que les truites ne mangeant pas du tout pendant la chaleur, elles ont faim le soir: au contraire, si elles ont chassé hbrement pendant la nuit, elles sont moins friandes de l'amoree, le matin. L'heure qui précède la disparition du crépuseule, et celle qui la suit, si la nuit est très sombre, sont les plus favorables : c'est le moment, d'ailleurs, où les plus gros poissons commencent leur tournée,

Avant avant tout pour principe la patience, la persévérance, ne vous découragez jamais : eur il n'est pas de jour qui n'ait son heure favorable, son heure où la truite donnera : d'ailleurs, un travail persistant dompti l'esprit et renforce les muscles, Le vent du sud, et spécialement du sud: est, n l'étrange effet d'assombrir la surface de l'onde et rend ainsi fructueuse la péche dans les eaux claires ; le vent du sud-ouest est le plus favorable ensuite, En somme, nous pouvons dire que, sauf les vents du nord-est et de l'est, tout vent promet des chances de réussite.

Faute de vent, nous dûmes nous résigner, Paul et moi, à pécher an fond, avec un plomb et deux hameçons: nous eûmes un succés: nos esches ne plongenient pas à deux pieds de profondeur qu'elles étaient déjà snisies et tiruillées en tous sens, et le plus souvent nous retirions deux truites à la fois, ce qu'on appelle une rumée. Encore novice à eetti pêche, j'y prenais le plus grand plaisir, pendant que mon compagnon la traituit avec dédain. Je comptais les pièces : je soupesais les plus belles: à dix heures, j'annonçais déjà cinq douzaines,

Tu comptes cela ?me dit Paul, mais tu n'en emporteras pas une seu

Et pourquoi pas /

Parce que, ce soir, nous en prendrons de plus belles, de deux à trois livres, en plus grand nombre qu'il ne nous en faudra pour nous charge tous les trois.

Revenus vers quatre heures à la Ccorpe, Nous ÿ prenons une bouche: et repartons tout de suite vers le théâtre des émotions de Paul, on nous arrivons un peu avant six heures,

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Apres avoir échoué nos radeaux sur une grève de sable, nous nous acheninons à travers un bois toutfu vers un bruit sourd venant de la montagne, Nous ne turdons pas à constater que ce bruit est causé par un ruisseau d'eau chaire et froide courant vers le lac: ‘Arrive ici!” me dit Paul. M'étant approché en tapinois, j'aperçus dans un bassin ovale d'environ quinze pieds sur dix une masse grouillante de truites, de beaucoup plus belles que celles que nous avions capturées dans la matinée, Combien ÿ en avait-il? De vingt-cinq à trente mille peut-être, mais à coup sûr, pas moins de dix mille, Je leur allongeai ma mouche à travers les branches: aucune d'elles ne parut en faire de cas, C’est inutile d'essayer de les pécher "me dit Paul, “elles ne mordront pas, car elles sont rassasiées d'insectes, Retournons au lue, voici l'heure où les grosses vont surgir du fond pour prendre leur bain d'eau fraiche, Celles-là sont en appétit, et tu vus voir si elles mordent: on dirait vraiment qu'elles font des provisions pour le temps d'un jeûne qui approche.”

À peine le soleil avait-il disparu derrière les montagnes de l'ouest, que Paul. debout sur son radeau, fouettait déjà les eaux assombries du lac, env faüisant danser une mouche blanche et jaune, Au troisième ou quatrième coup de ligne, l'avait déjà piqué une truite, Je la tiens,” me dit-il, et c'est une rôdeuse, je t'en réponds." La ligne sitHait en coupant l'eau en Zigzags: l'eau bouillonnait par moments, quand le poisson venait se tordre à la surface, Paul tenais toujours bon: pendant que jadnirais son sang-froid et son adresse, lui, Fil à l'autre bout de su ligne, le bras en mouvement comme un ressort, tour à tour tordu on reliché, était absorbé tout entier par cette lutte où le vainqueur n'est pas toujours du côté de la force et de l'intelligence : entin, il amène sa proie, elle ne se défend plus que par instinet ; enlevée, ln voilà dans le

panier: ouf ! saperlote ! quel coup de ligne !

Où m'appelle plus ça une truite, cest un vrai saumon. Celle-à devait etre un chef de file, car à partir de ce moment la procession s'avanen sur nous sans discontinuer, ne se dérangeant qu'au bruit, au fracas que fusiient celles que nous tenions enferrées, Nous Ls entendions grouiller sous nos radeaux qu'elles Frôlaient en se rendant à ln décharge du ruisseau, Nos mouches n'avaient pas encore touche la surface de l'eau que trois où quatre truites S'élançaient pour les saisir. On sentait qu'elles se battaient cisuite en dessous, pour les avoir. en perdis un grand nombre par préci pitation ; li main exercée de Paul n'en manquait aucune. En deux heures

Just quatre mouches, et Paul'autant, A la fin, lassé à la tâche, j'abun-

lonnai la partie : j'avais les bras rompus, et les jambes me flageolaient : Cest ussez, dis-je à Paul, allons-nous-en, Soit, me répondit-il, mais comprends-tu maintenant, comment, étant

seul lier soir, et entendant les truites bruire sous moi par légions,

pendant que des douzaines se disputaient ma mouche où qu'une d'elles se tordait dans les dernières convulsions sous le fer de mon hamecon comment, dis-je, je fus pris d'une panique soudaine, et comment, entin saisi, troublé, navré, je poussai un eri de détresse !

Je comprends parfaitemet, et n'en suis pas surpris.

Maintenant, ajouta-t-il, veux-tu entendre lu chasse-galerie 2 la nuit est noire ; elle ne sera pas intimidée : le temps est calme, ses voix en seront plus nettes, plus retentissantes,

Va pour la chasse-galerie, répondis-je en riant,

Paul fit entendre un eri d'appel puissant, Dix échos le répéterent avec un crescendo réellement terrifiant, et le dernier, courant vers le sud sur la crête des montagnes, se perdit en des sons de centaines de elochettes au timbre argentin. De ma vie je n'avais entendu pareils échos. Panl répéta son cri avec les mêmes effets, me fallut reconnaitre qu'un homme seul et non prévenu pouvait être effrayé de ces voix mystérieuses que se renvoyaient les montagnes, au sein d'une nuit profonde, caline et partant pleine de mystères,

Nous retourniunes à la enmpe en nous dirigeant sur le brasier que li pere Lenegre venait d'attiser en entendant nos cris. Une fois rendus nous comptämes nos traites : nous en avions cent trente-six du poids de deux à trois livres,

Avec les deux cents que vous avez prises ce matin, dit le pere Le. negre, cela fait trois cent trente-six une belle péche, ma frine, ah oui, une péche rare,

—Quand'ie te disais, ajouta Paul, que nous battrions nos deux Anglais à plate couture {Hs en ont pris vingt et une douzaines, mais nous nous en avons vingt-cinq douzaines,

Le lendemain, nous en choisimes une trentaine des plus belles, dont nous fimes trois charges : avec nos ustensiles et nos fusils, nous en avions tout notre raide à les porter. Le pere Lenegre tit une cache du reste qu'il se promettait de venir chercher un jour où l'autre en tendant des trappes aux castors, à l'autre bout du lac. (D)

va sans dire que le produit de ces péches, HssCZ inportant en somme,

ne figure jamais dans les statistiques des inspecteurs de péche. Non plus

(1) Ceux de nos lecteurs qui seraient tentés de croire à une € Xau ration Hont qu nrt l'entretilet suivant emprunté à la Juaties du ES juin ISS7 pour se convainere qu'on peut renouveler de pareils exploits

MM Gaspard Germain, George Delille, corroyeurs, et E, Asselin, épieier, sont arrives hier soir d'une excursion de péche au lae à Philippe, pres de Saint Tite des Caps, ets ont remporté lu jolie quantité de cinq cent neuf truites, pesant en tout cent quarante livres Quelques-unes des pieces mestrent quinze ponces de longueur. Ces messieurs n'ont ete qu

deux jours dans leur voyage et n'ont péché qu'a peu pres nent heures

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dennent-ils compte des quantités consommées en certains endroits par suivages, qui en font un massacre déplorable en les gnffant sur les taveres dans l'opération de In ponte,

Ce poisson vaut la peine d'être protégé entre tous contre le braconnage, etun jour viendra qui n'est pas loin où on déplorera su destruction à quelle nous assistons froidement, On nous dira que les sauvages n'ont, par certain temps, aucun autre moyen de subsistance, Eh !eest bien à use de cela qu'il importe de leur apprendre à le ménager, surtout en eur faisant respecter les femelles sur les fravères et en leur donnant uxt mple,

Le journal lee Presse, de Montréal, publiait le 23 murs IN95, l'article

ie VOICt :

Nous avons déja, en maintes occasions, parlé des dégâts qui se com. uettent dans les lacs au nord de Saint.lérôme. Un de nos confrères, le \ord,n lui aussi jeté le eri d'alarme, prédisant aux colons de cette réson qu'ils détruisnient follement, pour un vil gain, ce qui pourrait, dans suite, devenir pour eux une souree inépuisable de richesses. La loi netelle qui est tres sage, défend de pécher la truite, du ler octobre au ler nai. Pendant les mois d'octobre, novembre et décembre, ce poisson est

cupe à fraver, et il est évident quon ne devrait pas le prendre ù cette epoque, si l'on veut en conserver et augmemer l'espèce. Une truite d'une bn hivre a ordinairement 500 œufs: celles d'une à deux Hvres, environ 1000 61 2,500 œufs. Fest done de toute nécessité de ne pas troubler ee poisson quand il fraie et dépose ses œufs,

\pres la période de la frnuie, la truite reste comme épuisée par les dorts qu'elle a faits pour propager lespéce. Sa chair devient flasque et nferieure en goût, Quelle différence avec la truite que vous prenez en mal, juin et juillet ! Après qu'elle a jeté ses cœufs son appétit est vorace,

cnature demande qu'elle répare le temps perdu :elle mord à tout appât

eeest alors que les colons la péchent à travers la glace, péche qui, entre

parenthese ust sagement défendue pur ln loi des pécheries,

Des commerçants peu serupuleux, déguisés en habitants”, font le tour des concessions, voyagennt la nuit, atin d'éviter d'etre découverts, et whetent tout le poisson qu'ils peuvent trouver. TS encouragent les sus à pécher, les assurant que la marehandise est d'un débit faeile, et je toute la truite qu'ils pourront prendre leur sera payée comptant, Avec

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pareil systeme, iln'est pas surprenant que les plaintes pleuvent de tous cotes, On nous informe que chaque hiver il eo prend ainsi des milimode livres de ce délicieux poisson, et que depuis le commencement du eue surtout, certains hôteliers, à Montréal, se sont approvisionnes de

uit prise pendant le temps défendu. Ajoutons-v la quantité énorme

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