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LIGNE À GOUJONS

Cette dénomination indique plutôt une forme et une grosseur de ligne qu'un instrument spécial destiné à la pêche d'un seul poisson, On adopte cette désignation faute d’une meilleure qui ne soit pas une longue

périphrase. En un mot, la ligne à goujon sert à prendre tous les poissons

de fond de petite et de moyenne dimension.

Ce qui la caractérise, c'est

qu'elle supporte au moins deux hameçons placés en général comme dans

la figure 143,

F1G, 143, —Ligne aägou]Jon,

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FiG. 144. -Ligne de soie fine pour ligne à goujon,

FiG, 115.—Corps de ligne en 6 brins de crin.

On prend, pour composer cet instrument de pêche, une canne de dimension ordinaire, on la garnit d'une soie fine (fig. 144) et on y met

une avancée la plus mince possible.

Le meilleur moyen pour pêcher le

goujon étant lorsque les grandes crues, les orages, li fonte des neiges aménent des crues ou des eaux troubles, il n'est pas nécessaire de se

monter aussi finement que pour les eaux limpides où se tient généralement le gardon, d'autant plus que presque toujours là où se tient le

goujon se trouve le barbillon.

Ce dernier n'est pas toujours de petite

taille, et je ne parle que pour mémoire, des plies, toutes les rivières n'en

contenant pas. Aussi, beaucoup de pêcheurs croient devoir pêcher le

goujon, montés très solidement sur florence, avec deux hameçons, il est vrai, dont le premier sera un peu plus fort que l'autre, un n° 10 pendant

que le second sera n° 12. Si ces pêcheurs n'ont pas de moulinet ni

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d’épuisette, ils ont tort, on ne sait pas à cette pêche en eau trouble, ce qui

peut arriver ; nous avons pris, un jour, une brême de 2 kilos, en péchant Vi au goujon dans 50 millimètres d'eau par une crue, et certes, monté sur su un crin, nous ne l'eussions pas eue sans le moulinet et l'épuisette secourable ! ri 14 Cependant, nous dirons aux pêcheurs sérieusement amis du progrès : (l montez votre moulinet, mettez une avancée fine, un bon limerick à palette fa ] n° 12, D (fig. 143), monté sur un fort crin AB, un n° 14 plus haut © sur bi [ un petit pater noster, et pêchez hardiment. La florence a toujours une 1 certaine raideur que le crin ne garde jamais dans l’eau ; le poisson qui 1 11 cherche un peu à tâtons concentre toute son attention sur le sens tactile | de ses lèvres ; si ce qu'il essaie d’engamer résiste, il le laisse : S'il ne sent aucune embûche, il nord : il est pris. La ; Nous ajouterons cependant É ceci plutôt dans la prévision des ‘à ca heureux accidents qui amènent do { à la ligne à goujon une pièce 1 vo | plus difficile à prendre —bréme, pri d gardon, carpe — que pour le gou- Ë br (|! Jon qui est un goulu, lequel À l'in 4 | quand il a senti le ver, ilnele #4 en PSM IENE en pate paAEsre laisse plus. Ilen est de méme du 4 ral barbillon, de la lotte et de l’anguille : car vous pourrez prendre tout # cela dans les brouillards des crues et des eaux troubles. n'a | Sans épuisette, faites le corps de ligne en six brins de 4 en | crin (fig. 145) finissant à quatre. sis:

La ligne à goujon offre une difficulté sérieuse, cest au] | celle de toutes les lignes qui portent plusieurs hameçons; 4 déc [ comment les empêcher de retomber sur le corps de F à | | | ligne, de s'y emméler et d'y devenir inutiles ? On a pro # dél y N posé beaucoup de solutions, celle B de la figure 143 en 4 no '} | est une, mais le pater-noster QR (fig. 146) est, à notre 4 sou | | | avis, la seule complète, tant que la ligne peut porter les à ] 1} Y deux petits plombs nécessaires pour arrêter la perle, Si can Il | / en était autrement, il faudrait faire des nœuds qui seraient 8 ia !l! U / un peu moins solides. On monte sur la perle R'une 4 blé ( | soie de sanglier courte, de façon que, pliéeet la boucle 4 I l L faite, le tout ait 6 millimètres : dans cette boucle on passe 4 pot \ | Fi. M7.—Ligne celle de lempile S courte, 5 millimètres, des hamecons 4 not | sur forte florence. À * : : 54 Ë il | dont on a besoin. De cette manière, la soie de sanglier #8 pri Ki ne ployant pas dans l'eau, l'empile de l'hameçon sera toujours isolée et à

ne pourra se mêler au corps de ligne que l'hameçon ne touchera jamais.

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On adopte souvent la disposition de la figure 146, qui n'est pas mauvaise quand on monte la ligne et les deux hameçons sur de forte florence ; sur du crin tout se mêlerait.

On peut également adopter la balance à goujons, très bonne dans les rivières à courant doux et à fond uni.

La flotte sera, suivant la rivière, forte s'il y a benucoup de courant faible, une simple plume, si c'est possible, afin de lui laisser toute sensibilité,

CANNES A PÊCHE (Choix des)

Les premiers hommes ont pêché avec leurs bras étendus pour première canne à pêche, puis ils ont bien vite remarqué que l'hamecçon d'épine dont ils se servaient tombait trop près du bord. Peut-être, ils auront voulu le faire passer de l'autre côté d'un bane de roseaux qui poussaient pres du rivage, et, pour cela, ils ont attaché la ligne à l'extrémité d'une branche d'arbre tenue à la main, ce qui allongeait ainsi leur bras; car l'intention de l'hameçon à dû naître la premiere, celle de la ligne venir ensuite, et enfin, celle de la canne à pêche compléter le tout, en apparaissant la troisième.

De la branche d'arbre primitive à la canne à pêche actuelle la forme n'a pas changé, la matière seule a subi des améliorations successives; et en effet, comme forme, le but aurait été atteint du premier coup en choisissant une jeune pousse de saule, de coudrier où de roseau qui croissent auprès des eanx, Nulle canne n'est mieux eflilée, plus également décroissante qu'une gaule naturelle, et cette vérité est palpable, que c'est à la nature que nous allons demander nos scions, li partie la plus délicate et la seule que nous ne puissions pas filer comme elle, d'un seul morceau concentrique, décroissant insensiblement, et conservant force, souplesse et élasticité.

Nous venons de nommer les trois qualités que doit posséder une bonne canne; elles dépendent, en majeure partie, de Ta nature même des matériaux qui la forment, mais aussi de la maniere dont il sont assenibles entre eux.

Dans un article spécial, nous donnerons toutes les explications utiles pour la confection de cette amine du pêcheur. Dans celui-ci, nous allons nous occuper de la classification des cannes diverses et de leur appropriation à chaque genre de pêche en cau douce et en eau de mer.

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408 LES POISSONS À ER L—EAU DOUCE Longueur moyenne de la 4 canne à pêche, A) Pêche à la mouche :

A la rolée, au lancer, à la surprise. dus | 6 mètres au moins 4 B) Pêche sédentaire :

IS Au brochet, à la truite, à la perche, au vif. 4 Cette gaule n'étant pas tenue à la main, mais posée al 8 à 9 mètres “ terre, elle se fait pleine, avec une grande ts de| ‘ é sapin ou de tremble, ete....,,,.,..... TNT 2+ Pêche à soutenir dans fes pelotes : pêche de fond, à tal 4 , ç o mètres, canne fire, ...., stone vos . | 3° Gaule à gardonner,à pêcher les perches, les chevesnes, | da avec le sang, à fouetter et à rouler... RIEUFSS: 4° Pêche au goujon, à l'ablette, au véron etautres petits | : ; + | + 3 mètres, Î POISSONS ..,,,,4006 eee. soso ne no node ses | ; IL EAU DE MER 4) Pêche à la mouche :

Saumon à l'embouchure des fleuves, ete.; forte, en bam- 6:mâtres h Hou eb hICOPY siresie re sens ss essaient Dorades, en bateau...................., srrssse..... | à mètres. B) Pêche sédentaire : 4 Sur les rochers, à la canne fixe. .........,,... PPT S à 9 mètres. à

C) Pêche en bateau :

Canne pour les maquereaux et autres poissons de surface | 2 mètres 50,

Le tableau de composition de ces longueurs, au moyen des différents compartiments des cannes, permet de se rendre très facilement ‘compte de ce que l'on doit acheter où construire soi-même, en vue de la pêche à laquelle on veut se livrer.

Quel que soit le genre de pêche choisi, même fût-ce pour prendre des ablettes ; quelle que soit la canne employée, jamais un pêcheur sérieux ne s'en servira sans moulinet: c'est au moment où il s’y attend le moins que cet instrument le sauvera et lui fournira une capture aus-i belle qu'inattendue. Le chasseur qui aurait le pouvoir de toujours posséder une balle dans un des canons de son fusil, serait un fou de ne pas en

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profiter ; car il n'est pas de vie de chasseur, où telle pièce magnifique a été renvoyée par lui, avec une charge de petit plomb dans le gras des parties charnues, Le moulines du pêcheur, c'est la balle secourable du chasseur, à cette différence près, en su faveur, qu'elle n'empêche pas son coup d'être chargé de petit plomb: c'est mieux qu'une balle, c'est la charge de cendrée qui fait balle sur un animal, gardant une force sufisante pour amener celui-ci à vos pieds,

CANNES A PÊCHE (Confection des)

Les premières cannes à pêche que les hommes ont inventées étaient tout simplement une gaule empruntée à la cépée la plus voisine, et cet iustrument, si simple et à la portée de tous, est encore le plus usité dans les campagnes et dans les petits centres de population écartés. Cette construction primitive, qui consistait à dégrossir une simple baguette en la privant de ses nœuds et de ses branches, fournissait une canne lourde, sielle était un peu longue, et peu élastique si elle était courte.

Or, ayant tout aussi bien, alors qu'aujourd'hui, besoin très souvent d'éloigner son hameçon du bord où le poisson voit trop bien et se méfie, le pêcheur s'ingénia de toutes les façons à augmenter les deux qualités qui manquaient à sa gaule, la légèreté et la souplesse.

L'esprit humain procédant du simple au composé, le pêcheur pensa à modifier l'instrument qu'il avait en main avant de songer à en créer un autre. [l s'aperçut que, sèche, cette gaule était plus légère et plus élastique, il fit sécher les gaules au four après le pain retiré; c'est encore ainsi que se font les cannes à pêche dans les campagnes. Lan différence du poids vert au poids desséché n'étant pas très considérable pour une gaule d’une certaine longueur, le pêcheur dut chercher si, en ajustant les unes au bout des autres, plusieurs gaulettes plus fines, il n'arriverait pas à un résultat plus satisfaisant. Ce fut la création du scion, qui constata ce pas fait dans le progrès, On peut dire qu'à ce moment la canne à pêche civilisée était inventée; car, en modifiant seulement le choix des matieres, on arrive à la canne la plus compliquée et la mieux finie que l'on fasse de nes jours.

La question des ligatures à dû avoir sa période d'apprentissage, de progres et de perfection, jusqu'à ce qu'enfin cette ligature, toujours fragile et difficile à faire, fût remplacée par les douilles simples et doubles qui permirent l'invention des cannes à compartiment.

Restait la question de matière ; on a essayé tous les bois possibles et

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l'on s'est vite aperçu que, parmi eux, un très petit nombre répondaient aux qualités que réclame la vraie et bonne canne à pêche, On peut diviser tous les bois employés en deux catégories : les lourds et les légers,

Les lourds sont : le hicory où noyer blanc d'Amérique, le noyer, l'orme, le coudrier, le frêne,

Parmi les légers nous placerons : le sapin creusé, le bambou, et, tout à côté, son diminutif chez tous, la canne qui croit dans le midi de la France et en Italie avec une grande facilité.

Tout en renvoyant le lecteur aux articles spéciaux sur l'étude de chacun de ces bois, nous devons ici constater quelques-unes de leurs qualités et de leurs défauts avant de passer en revue la confection des cannes en chaque matière.

Le hicory est très élastique, mais très lourd; il peut servir à faire toute la canne moins le scion : mais son véritable emploi consiste dans la première moitié de la longueur, la plus grosse, celle que le pécheur tient à ln main, Ilest en effet très important qu'une canne soit bien équilibrée, enr elle se trouve entre les mains du pêcheur à l'état d'équilibre instable. On peut la comparer au fléau d'une balance dont la main du pêcheur est le support, fléau à deux bras de longueurs inégules et par conséquent dont les poids doivent être inégaux pour que l'équilibre s'établisse. La partie en avant doit être très lésére, son centre de gravité sera toujours assez loin de la main du pêcheur, mais si celui-ci rend lourde la partie la plus grosse qui est au dela de son poignet, vers le coude, il rapprochera le centre de gravité du systéme entier, et pourra arriver à le faire venir dans sa main, position dans laquelle la canne serx en équilibre, comme le fléau de la balance dont nous parlions tout à l'heure. Ainsi équilibrée là canne demande TITINTES d'effort possible, puisqu'il ne faut que celui nécessaire et indispensable pour Cotnere Nu pesanteur.

Si, au lieu de cela, le pécheur tient en main un instrument dont le poids est en avant, il lui faut un efort constant, non seulement pour porter la canne, c'est-à-dire vaincre l'effet de la pesanteur, mais un etlort plus pénible pour en soutenir élevée la partie antérieure sans esse sollicitée vers le sol Cet etfort, si petit qu'il paraisse, pendant un

instant, devient une vruie fatigue, alors qu'il se renou relache pendant un assez long temps.

Si le pêcheur est sédentaire, ce n'est qu'un demi-soul, parce qu'il peut faire porter sa canne par u crchette et son piquet, où simplement il peut la poser à terre, si la bi est un peu élevée : mais,

qu'il s'agisse de pêcher à la mouche, et alors la question de l'équilibre de la canne prend une importance capitale, en raison de la fatigue que ertte

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Ainsi done tous les bois durs et compacts, tout en étant élastiques — le hicory, le frêne, le noyer peuvent servir pour la plus grosse moitié de la canne,

L'orme peut être employé de même aux usages ci-dessus, mais il otfre l'avantage que ses jeunes pousses fournissent d'excellents scions, quand ilest coupé en temps opportun.

Le coudrier n'est pas dans le même cas : les scions fournis par ses jeunes pousses sont mauvais, mais comme il donne, d'un seul jet, des gaules très longues et très droites, sans être par trop lourdes quand elles sont sèches, il a le privilège presque exclusif de former des cannes toutes faites pour les gens de la campagne. Dans quelques pays, la rapide végétation des saules de différentes espèces permet d'y choisir de très belles gaules qui ne manquent pas de qualité.

Le sapin s'emploie comme nous le verrons plus loin, mais artiticiellement, pour faire d'excellentes cannes réunissant beaucoup d'avantages.

Le bambou, S'il était moins lourd, quand il est gros, serait le roi des bois propres aux cannes à pôche. Excellent cependant parce qu'il ne fend pas, il sert à faire la canne tout entière, y compris le scion, que l'on produit au moyen de bûchettes de bambou refendues, polies et ajustées lune an bout de l'autre,

[nous reste à dire un mot de la canne du Midi, qui, sans contredit, serait parfaite, sans la trop grande facilité avec laquelle elle fend, et sans Si fragilité capriciense, souvent inexplieable eur le morcenn de ce chaume énorme le mieux choisi, le mieux arrangé, cassera tantôt dans un nœud, tantôt dans une partie vide,

Aussi, est-ce la matière qui a fait naître le plus de systèmes différents, tous destinés à remédier à son peu de solidité, sans diminuer sa flexibilité et sa légereté si précieuses,

Constatons enfin que, depuis dix ans, la confection des cannes s'est énormément améliorée au Canada, et que leur forme tend à devenir chaque jour plus svelte et plus fine. L'emploi des moulinets, qui se généralise chaque jour, mène au perfectionnement de la canne. qui doit demander plus à l'élasticité qu'à la force, plus à Fadresse qu'a la brutalité, plus entin à la patience et au sang-froid qu'au bouillant emportement.

Autrefois — si l'on en juge par les méthodes qui nons en sont restées,

-on enlevait le poisson d'autorité. qu'il fût gros, qu'il fût petit 5 il est vrai qu'on ne prenait pas ce dernier ; la manière dont les lignes étaient montées devait s'y opposer absolument. Aujourd'hui, l'usage des montures très fines tend à prévaloir chaque jour, et le succès couronne ces expériences. Une vérité méconnue devient de plus en plus démontrée,

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c'est qu'on prend trés bien un gros poisson — et beaucoup plus sûrement — avec un très petit hameçon qu'avec un gros, pourvu qu'on emploie les moyens d'action nécessaires et fournis par le perfectionnement des instruments de pêche.

En résumé, une canne à pêche doit se composer de trois morceaux, qui sont, en commençant par l'extrémité la plus fine : le scion, la seconde, nommée aussi branlette, dans certains endroits, et le pied de gaule.

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