‹ Les poissons d'eau douce du Canada [microforme]Chapitre 18 sur 236 · DE LA TÊTE DES POISSONS · texte numérisé non relu

DE LA TÊTE DES POISSONS

La tête des poissons se compose presque toujours du même nombre d'os que celle des autres ovipares, quoique la forme en diffère beaucoup, que les os ne se soudent pas entre eux, et que la mâchoire supérieure reste immobile comme l'inférieure pour la mastication. Chez certaines espèces, les dents sont nombreuses et multiformes, chez d’autres, elles sont remplacées par des os pharyngiens.

De chaque côté, et en arrière de la tête, se trouve un appareil osseux destiné à soutenir et à protéger les organes de la respiration. TL se compose des rayons branchiostèges complétant les parois de li cavité branchiale : des ares branchiaux qui supportent les branchies, et des préopercules, opercules, inter -opereules et sous-opereules, espèces de plaques osseuses généralement mobiles dont les noms indiquent assez les positions relatives,

Comme chez tous les animaux vertébrés, la tête comprend la bouche et les dents, les orvanes de la vue, de louïe et de l'odorat.

Fi, 3, Tête de perche.

€, crâne, 0, orbite, v, vomer (dans Lx perche il est armé de dents), IN

, mâchoire supérieure, IN, mâchoire inférieure.

br, dents implantées dans l'arcade pulatine, L, os lingual. - 8, branches latérales de l'appareil hyoïdien.

-s, stylet servant à suspendre les branches B à la face interne des cloisons jugales.

k, rayons branehios-

tèges, — 4, arcs branchiuux, PH, pharyngiens supérieurs oH, ceinture ossense supportant la nageoire pectorale, r, nageoire pectorale. 0, 07, omoplate composée de 2 os, nu, humérus AB, os de lavant-bras, CA, os du carpe, Co, 08

coracoïdien.

Des dents Le mécanisme dentaire des poissons mérite une attention spéciale, par sa bizarrerie, autant que par sa variété. Il peut y avoir des dents implantées sur tons les os qui soutiennent la cavité buccale : à lintermaxillaire, au maxillaire, à la mâchoire inférieure, au vomer, au palatin, aux arceaux des branchies, et jusque sur les os situés en arrière de ces arceaux, et nommés os phorpuqiens. La langue elle-même porte quelquefois des dents.

Les dents du poisson peuvent être rangées en trois grandes divisions, selon leur forme : 1° les solaires, qui sont plates, et ‘'estinées à broyer où à eoncasser des corps durs: 2 les ivcisives, qui ont partie saillante, coupante, pour trancher et diviser; 3° les lonidires, qui sont allongées,

pointues, souvent recourbées en arrière et destinées à accrocher, retenir, déchirer la proie atteinte par le poisson. Cette dernière forme de dents est de beaucoup la plus commune.

Lorsque les dents sont fines comme des cheveux, minces et serrées les unes contre les autres, on les appelle dents en velours ; plus longues et encore douces, dents ciliées ; plus longues et plus raides, sétiformes où en brosse. Dès qu'elles arrivent à être plus dures et un peu courbées, elles deviennent des dents en curde, et quatl elles sont encore plus grosses, on les nomme dents en râpe où radulifornres.

Des yeux.—Les yeux des poissons sont grands en raison du peu de lunière répandue dans l'élément où vivent ces animaux. Dans les euux où la lumière ne pénètre pas les poissons n'ont pas d'yeux. Plutôt fixes que

mobiles, les yeux sont dépourvus de glandes lacrymales et de vraies paupières ; la cornée en est très aplatie, mais, par compensation, le cristallin en est presque sphérique ; enfin, une peau passe devant ces organes et v I devient transparente pour y laisser arriver la lumière. cire Certains poissons ont les yeux placés du même côté de la tête, d'autres peu ont quatre yeux au lieu de deux ; quant à leur position par rapport à la nisi ligne centrale du corps, peu d'animaux, offrent autant de dissemblances, ani peu également en offrent autant pour les dimensions relatives de ces or- le « ganes. Tantôt très voisins, tantôt très écartés, en dessus et en dessous de fair la tête, immobiles ou mobiles, ensemble où séparément, plats, convexes. ain à peine visibles ou énormes, excessivement variables comme couleur, 1 d'une espèce à l’autre. tou Les fibres de la rétine, c'est-à-dire, les plus petits rameaux du nerf. SiSt optique, sont, d'après Lacépède, dans plusieurs poissons, 1,166,400 fois Ave: plus fins qu'un cheveu. Quel merveilleux architecte à construit de L pareilles machines ! en \ De l’odorat.—Les narines des poissons sont placées au-dessus de la sens bouche, mais ne servent point à la respiration. Comment ces animaux mat percoivent-ils les odeurs ? pres L'appareil de l’olfaction réside dans deux cavités ereusées à la partie Pl antérieure de la tête, en avant des veux, au-dessus de li mâchoire supé- les c rieure (voir fig. 16). Ces cavités sont tapissées par une membrane pitui- évid taire tres plissée : l’orifice externe est souvent double et pourvu d'appen- dans dices ou espèces d'opercules encore peu étudiés. des à Cet appareil olfactif diffère surtout de l'organe analogue des animaux , Li terrestres, en ce qu'il ne communique pas avec l'arrière-bouche et n'est es à Lu, pas traversé par le fluide dissolvant les particules odorantes. Quoi qu'il à tiqu | en soit, il est hors de doute que les poissons: perçoivent les odeurs, et de … leme | très loin; mais comme elles ne peuvent, en définitive, leur parvenir 4 Li qu'en dissolution dans l’eau où dans l'air que l'eau contient, on est 2: plus de Li “

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plutôt fondé à les appeler saveurs, et à considérer l'organe de l’odorat comme un vcsiuble appareil de gustation.

Cependant, il n'en faut pas moins considérer ce sens comme le premier par ordre d'importance chez ces animaux ; la nature l'indique par les précautions qu'elle a prises pour assurer la perception des plus fugitives sensations. Les nerfs qui aboutissent à ces appareils partent immédiatement du cerveau, sont très épais, et se distribuent en un très grand nombre de ramifications dans chacun de ces organes géminés. En multipliant ainsi les surfaces de ln substance sensitive, ils la rendent susceptible de ressentir des ébranlements excessivement faibles,

Ajoutons que ces ramifications s'étendent sur des membranes très nombreuses placées sur deux rangs dans les poissons cartilagineux, disposées en rayons dans les poissons osseux, et garnissant, chez tous, l'intérieur des deux cavités olfactives.

L'eau pénètre dans ces cavités chargée de particules odorantes ; elle y cireule et en est expulsée à volonté par des contractions que l'animal peut opérer, dans chacune des membranes olfactives, admirable mécanisme qui remplace le transit de l'air à travers les organes analogues des animaux plus élevés dans l'échelle des êtres. Il est probable même, que le double oritice de chaque narine, chez plusieurs espèces, est destiné à faire naître un courant entrant par l’une et sortant par l’autre, apportant ainsi les molécules odorantes et se renouvelant sans cesse,

Des oreilles.—L'oreille, chez les poissons, est presque toujours logée tout entière dans la cavité du crâne, sur les côtés du cerveau, et ne consiste guère qu'en un vestibule surmonté de trois canaux semi-circulaires, avec 4, deux ou trois osselets de consistance pierreuse.

Les ondes sonores ne peuvent arriver à cet organe qu'après avoir mis en vibration les téguments communs et les os du crâne, et cependant la sensibilité est grande, même quelquefois remarquable. Cette conformation de l'oreille manquant des organes extérieurs est commune à presque tous les animaux qui vivent dans l'eau.

Plus simples dans leur construction que les oreilles des mammifères, les oreilles des poissons présentent cependant plusieurs sièges de l’ouïe évidents dans les trois petits sacs membraneux et élastiques contenus dans le vestibule de chaque organe et remplis d’une gelée que tapissent des nerfs très déliés, mais sans doute très sensibles.

Les sensations auditives sont transmises au cerveau par un rameau de la cinquième paire de nerfs, qui forme, dans le poisson, le véritable nerf acoustique ; mais l'organe est très près du cerveau, et par conséquent, peut facilement transmettre à celui-ci l'impression des plus faibles ondes sonores,

Les oreilles occupent toujours, duns le crâne des poissons, l'angle le plus éloigné du museau.

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Une admirable découverte u été faite récemment (1892).

Un certain colonel Bartlett, grand amateur de pisciculture, vient, à lu suite de lahorieuses recherches, d'acquérir la certitude que les poissons étaient de fervents mélomanes, ou, pour parler le langage de la science, savaient distinguer un “s 4" d'un “bruit,”

Chacun suit que le sens de l'ouïe chez les animaux aquatiques est extrêmement développé : mais il paraît que le moindre “bruit ” les fait fuir: le “son” au contraire, principalement celui produit par une voix humaine, les attire, Ils s'arrêtent alors subitement dans leur course. Afin de mener à bien cette expérience concluante, M. Bartlett s'était embarqué, un matin, sur le lac de Genève, alors qu'aucun bruit ne se faisait encore entendre, accompagné d'un de ses anis doué d’une belle voix de basse, et, il x pu, au moyen d'un aquascope, étudier “ de visu ” les curieux phénomenes dont nous venons de parler.

Pécheurs, vous voilà prévenus : si vous voulez attirer le poisson, transformez-vous en sirènes !. .. k

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