LE POISSON-BLEU
Appelé comme témoins ecuant le comité du sénat, à Ottawa, le 25 avril 188$, Monsieur George U. Dawson déclare :
“ Le poisson-bleu ressemb. à Ja cite, de forme et de taille, seulement il à une fort grande nageoire dorsale. {est un poisson sportif, presque autant que la truite, qui peut se pêcher à la mouche, et qui est très bon à manger. Il se trouve dans les affluents du Mackenzie, et jusqu'aux sources mêmes de la rivière de la Paix et de la rivière aux Liards : on le rencontre pareillement dans les eaux supérieures du Youkon, lequel, comme on le sait, se jette dans la mer de Behring.”
Et le 27 du même mois, devant le même comité, Monsieur Joseph A Graham disait :
“ Le poisson-bleu est un des plus beaux poissons que je connaisse. Il est plus beau même que le maquereau. C’est tout à la fois un poisson des régions arctiques et des montagnes Rocheuses. On le trouve dans les barren grounds, et nous en avons pris quantité de pièces dans les eaux courantes de la passe de la Paix, 56° de latitude. Quand ce poisson avait mordu à l'haneçon, il faisait des sauts de deux pieds, où à peu près, hors de l’eau, et l'éclair de ses couleurs, au soleil, nous donnait alors les plus vives émotions.”
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D'après Élisée Reclus, les limites officielles des territoires du nord n'ont, à l'intérieur, aucun rapport avec le relief de la contrée, et d’ailleurs, elles ne sont tracées que provisoirement, dans l'attente de changements ultérieurs. Un seul district administrativement constitué, l’Athabaska, a été taillé dans cet espace immense, et, comme il est d'usage en Amérique, il a reçu pour frontières des lignes géométriques tracées suivant les degrés de longitude et de latitude, si ce n'est à l’est, où le cours de l’Athabaska, puis celui de la Grande-Rivière des Esclaves en forment la limite. Mais en dehors de ce district, le territoire du Grand-Nord comprend encore officiellement toute la partie des montagnes Rocheuses comprise entre l'Alaska et la Colombie anglaise, puis au nord et à l'est tous les espaces que contournent l'océan Glacial et la mer d'Hudson; au sud-est, il confine, sans ligne officielle de partage, au territoire non encore organisé de Keewatin. L'imimense domaine, auquel on ajoute les archipels polaires, comprend plus de la moitié des espaces appartenant à la Puissance. Mais si l'on prend la contrée dans ses limites naturelles, c'est-à-dire en laissant à l'Alaska le bassin du Youkon et au Manitoba le versant de la mer d'Hudson, l’ensemble des terres canadiennes qui épanchent leurs eaux dans l'océan Glacial, présente une surface d'environ 2,500,000 kilomètres carrés, soit cinq fois la superficie de la France. Quinze mille habitants au plus, blanes, indiens et esquimaux, telle est la population : c'est-à-dire que le pays est désert, dans presque toute son étendue,
“Quoique bien rarement visitées, les côtes de l'Amérique du Nord, tournées vers les mers glaciales, ont, comme les iles polaires, raconté aux explorateurs qu’un changement s'est accompli, depuis les temps anciens, dans la position relative des rivages. Ceux-ci se sont exhaussés, à moins que la mer n'ait reculé vers le nord. A l’ouest de l'estuaire de la Coppermine River, Franklin a recueilli des bois de dérive apportés par les eaux marines, et se trouvant bien au-dessus de la limite actuelle du flux de marée. A l’est de la Coppermine, Richardson observa le même phé-
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