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LES ÉCAILLES DES POISSONS

Les écailles qui couvrent lu peau des poissons varient énormément, et comme forme et comme couleur. Quelquefois, elles ont la forme de grains rudes, de tubercules très gros et de plaques osseuses, épaisses : mais, en général, ce sont des lamelles fort minces se recouvrant comme des tuiles, enchâssées dans les replis du derme et désignées d’après leur forme,

comme elles se voient dans les grau-

vures accompagnantes, Fi, 4. Écaille Fc. 5, Écaille La matière argentée qui leur donne de chondrostôme de “hondrostôme

nase, prisesurles nase, prise dans la flancs. ligne latérale,

souvent un éclat métallique si remarquuble est sécrétée par le derme, et se compose d’une multitude de très petites lames polies.

L'adhérence des écailles à ln peau est excessivement variable d’une espèce à l'autre ; la grandeur de l’écaille n’est même pas une raison de sa plus ou moins grande adhérence; car il y a des poissons à grandes

écailles qui tiennent fort bien, et d'autres à très petites ne tenant point, et l'inverse a lieu également,

Quant aux couleurs dont elles peuvent être ornées, elles étonnent par leur variété et leur éclat: tantôt elles ne doivent être comparées qu'à l'or et à l'argent, tantôt ce sont les teintes les plus riches du vert, du bleu, du rouge ou du noir.

Il y a des écailles de formes très diverses: il y en a de rondes, de carrées, de crénelées, d'osseuses, de flexibles.

Plus les poissons sont destinés à approcher des rivages, plus les écailles, proportionnellement à leur taille, sont grandes et épaisses : il leur faut une cuirasse pour les préserver

FiG.6,—Écaille de perche Fix, 7, -Écaille de per commune, prise sur les che commune, Ligne luflancs, térale,

des chocs auxquels les expose

le voisinage des rochers,

Plus, au contraire, le poisson est destiné à vivre dans In vase, plus les écailles sont petites et recouvertes par ln peau.

Par leur nature et par la matière qui les produit, les écailles se rapprochent absolument des ongles, des poils et des plumes qui couvrent les autres animaux, peu corruptibles comme ces matières: brûlées, elles répandent la même odeur.

Décomposées, ce sont les mêmes éléments : enfin, elles sont sécrétées sur la peau par des vaisseaux Fië, %, - Éenlle du ro. Fic. 9. — Écaille duo Spéciaux et des rami-

tengle, prise sur les fengle, prise sur la ligne tications artérielles. Derflancs, latérale, A nier rapprochement, de même que sur les mem-

branes intérieures de quelques quadrupèdes, on trouve quelquefois des vestiges de poils, de même, sur les intestins de certains poissons on remarque une couche de matière brillante, nacrée, analogue aux écailles. En général, la partie des écailles qui n’est pas recouverte par les voisines est plus foncée que l’autre, et revêtue de plus belles couleurs.

On ne sait pas encore quelle partie du corps des poissons sécrète les écailles ; il est certain qu’elles croissent par juxtaposition de couches qui augmentent de grandeur avec l’âge de l’animal, ou même avec l’âge de

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poissons ogue aux te par les

couleurs.

écrète les buches qui l'âge de

l'écaille ; dans tous les eus, quand elles sont enlevées, elles se régénèrent avec une extrême lenteur, au moins sur les poissons d'eau douce, La plaie, dans une eau très vive, se cicatrise et reste souvent vive, Dans une eau dormante où moins pure, la place privée d'écnilles se couvre de mucosités qui se revêtent de mousses parusites semblables aux moisissures blanches, et l'animal meurt au bout d'un temps plus où moins long, suivant la quantité plus où moins grande d'écailles enlevées, Dans la majeure partie des poissons, l'écuille est couverte, en portions du moins, par une membrane trunsparente excessivement mince et résistante, qui la retient dans le follicule qui lui à donné naissance,

Fi, 10, Écaille Fra, 11, -Ecaille de a anche de la tanche commune, prise commune, prise

blions pas lu Ligue latérale, plus ou moins sur les flancs, ligne latérale,

En parlant des écailles des poissons, n'ou-

courte en dessus et en dessous, interrompue

ou capricieuse. Bien peu de personnes savent apprécier l'importance du rôle que joue dans l’économie physiologique du poisson cette double ligne tracée sur ses flancs.

“ Les poissons, dit de Kay, présentent sur la surface de leur corps diverses ouvertures servant à répandre une liqueur visqueuse analogue à l'huile où à la gélatine, et qui, en enduisant tout l'extérieur de l'animal, em-

AA pêche l'eau de tiltrer au travers de ses SA QT , x ZA) NZ téguments, et donne à ses mouvements { Il Em | : . 7 CA AXE Paper

la souplesse et le glissement, dans l'eau, LS” d'une surface que l'eau ne peut mouiller, Fi, 12. Pic, 13.

“ Le nombre, la forme et la position Écaille cycloïde, Écaille cténoïde,

des canaux qui apportent à l'extérieur cette matière élaborée dans des organes spéciaux, sont différents sui: vant les espèces. Ces organes sécréteurs sont souvent distribués dans différentes parties de la tête, chez le brochet par exemple, au-dessus et tout autour des mâchoires inférieures. Mais ces orifices for-

ment, surtout chez les poissons revètus d’écailles visibles, une ligne sur chaque côté Fic, 14. Pic, 15 du corps, appelée ligne latérale, et partant

caille ganoïde. Ecaille placoïde, de la tête pour se rendre jusqu'à la cau-

dale. Les écailles qui tracent cette ligne varient comme position, comme

couleur et comme grandeur, suivant les espèces. Dans les poissons munis 6]

Ai TE

d'écailles facilement visibles, l'organe se compose, outre les pores sécré- | teurs, d'un canal formé d'autant de petits tuyaux qu'il y a d’écailles sur ! ces orifices, et creusé dans l'épaisseur même de ces écailles.”

DES ORGANES DE LA RESPIRATION j| +. Nes 1Y Jappareil de la respiration chez les poissons est formé par les bran- | chies: ce sont des membranes lamelleuses de forme analogue aux dents h| d’un peigne, attachées deux à deux aux ares branchiaux, qui sont ordi- | nairement au nombre de quatre de chaque cûté de la tête : l'eau avalée | par le poisson passe entre les fentes formées par ces ares branchiaux, l d'« | | l'a | Cavité d'olfaction, pir SOr l'ai Branchies. plu pet 1 Fi. 16. Disposition des nerfs olfactifs chez les poissons, phe baigne la surface des branchies sur lesquelles rampe l'extrémité des vaisseaux de l'artère pulmonaire, et cède l'oxygène qu'elle tient en disso- | | lation, au sang veineux qui devient ainsi artériel ; elle s'échappe alors Al par les ouïes, et, chassée d'avant en arrière, sert en outre à faciliter la | progression du poisson. Û) Certains poissons cartilagineux ont l'opercule fixe : dans ce cas, il v a me | pour la sortie de l'eau, autant de trous chaque côté de la tête que d'es- oise LL paces interbranchiaux, comme cela se voit d’une façon frappante dans la ÿ ‘an | lamproie. ; ‘ist | Les branchies des antmaux inférieurs sont quelquefois libres à l'ex- n ren

nv aaies MAO RENARD Nana Peur SE nur de a more nafs aronn mme hate mon res

EE

pres sécr'é- térieur, à l'état de houppes, de panaches, de franges, de feuillets, comme enilles sur chez le lézard d'eau douce où ménobranche. L1 =

v les branaux dents

sont ordieau avalée

Fiac, 17.--Lézard d'eau douce, où ménobranche,

ranchiaux,

Dans les poissons, les branchies sont toujours placées, quel qu'en soit le nombre (les raies et squales en ont 5, 6, et 7), la grandeur et la forme, dans une cavité, de chaque côté de la tête, cavité qui n'est qu'un prolongement de li bouche, par laquelle l'eau est avalée.

Outre l'air que le poisson trouve en dissolution dans l'eau, beaucoup d'espèces viennent encore à la surface, de temps à autre, pour humer l'air directement. Mais ce procédé ne semble concourir en rien à la res-

d'olfaction, piration proprement dite,

La mort de ces animaux, lorsqu'on les sort de leur élément, est une sorte d’asphyxie: leurs lamelles s’affaissent, se dessèchent au contact de l'air, et ne laissent plus circuler le sang ; aussi, les poissons qui vivent le plus longtemps hors de l'eau, sont-ils ceux dont les ouïes ont la plus petite ouverture et ne permettent qu'un léger accès de l'air atmosphérique sur l'organe respiratoire.

émité des t en disso- CIRCULATION DU SANG CHEZ LES POISSONS appe alors faciliter la Je cite ici textuellement le professeur Langlebert, dont l'enseignement

cas il va me parait clair et complet, quoique concis: “ Chez les mammifères, les * que d'es- oiseaux et les reptiles, la circulation est double, ce qui veut dire que le te dans la “ sang artérialisé dans le poumon revient au cœur pour être ensuite

distribué aux divers organes. Chez les poissons, la circulation est es À l'ox- simple, en ce sens que le sang artérialisé dans l'appareil respiratoire se rend directement aux organes, sans revenir au cœur.

Le système circulatoire des poissons se compose, en effet, d’un cœur à une seule oreillette et un seul ventricule. Ce cœur correspond, par conséquent, au cœur droit des mammifères et des oiseaux. Le sang veineux, qui revient de toutes les parties du corps, arrive dans l'oreillette et passe ensuite dans le ventricule, lequel, en se contractant, le chasse dans les branchies ou organes respiratoires par une artère nommée crtère branchiale. En traversant ces organes, le sang veineux se trans-

Frc. 18. — Figure théorique représentant le Fiqure théorique représentant le mode de eir-

mode de circulation che: les reptiles. culation chez les poissons.

1. Oreillette droite. — 2. Oreillette gan- 1. Ventricule unique — 2, Oreillette uniche, — 3, Ventricule unique. —4, Aorte. — que. —3, Artère branchiale. 4, Branchies. 5. Veine cave, — 6. Artère pulmonaire, — — 5, Aorte partant des branchies et portant

7. Veine pulmonaire. le sang artériel dans toutes les parties du (Chez les batraciens la cloison qui sépare corps. — 6. Veine cave ramenant le sang veiles deux oreillettes 1 et 2 est perforée.) neux ai cœur,

forme en sang artériel; mais, au lien de retourner au cœur, il se rend directement dans une artère volumineuse et contractile (l'aorte) qui le distribue dans tout le corps, et ainsi de suite. On voit que chez les poissons le sang ne parcourt qu'un seul cercle en allant des organes au cœur, du cœur aux branchies, et des branchies aux organes ; tandis que chez les mammifères et les oiseaux, la cireulation se compose toujours de deux cereles distincts et indépendants.”

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