GREAT SLAVE LAKE
La principale richesse du Grand-Nord ne vient pas de la terre mais des eaux. La rivière de la Paix a bien sa vallée ouverte au soleil, aux courants d'air de l'océan Pacifique, la généreuse vallée qu'elle arrose produira des blés et d'autres céréales : quand le dernier butfalo aura disparu de la forêt, elle substituera le bœuf domestique au bœuf sauvage, mais elle ne pourra nourrir, en fin de compte, qu'une mince population, pendant que les poissons des rivières, des lacs et des mers du Grand-Nord pourront suffire à l'entretien de peuples nombreux, les nourrir et même les enrichir. Ce n'est pas en vain que lAthabaska, né d’une mare purgitante, au pied du mont Brown, sur les confins de la Colombie, fait le tour de lacs dr innombrables, qu'il les descend, les pousse, les entraine depuis le petit lac de l'Esclave jusqu'au grand lac l'Athabaska, depuis le grand lac Athabaska jusqu'au grand lac l'Esclave, depuis le grand lac l'Esclave jusqu'à l'océan Arctique, sous les noms tour à tour, d'Athabaska, de la rivière de l'Esclave, qu'il devient, sous le nom de Mackenzie, le fleuve-roi qui reçoit les tributs de la Méditerranée arctique, de la rivière de la Paix, de la rivière aux Liards, après avoir trinqué sur le plateau des montagnes Rocheuses, avec le Fraser, la Colombie, la Skeena et le Youkon dans les coupes d'or de FOminica et de la Kolondyke.