‹ Les poissons d'eau douce du Canada [microforme]Chapitre 201 sur 236 · GREAT · texte numérisé non relu

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Qui nous dira où sont les eaux du monde plus riches en poissons que celles du bassin du Mackenzie et du Grand-Nord / N'avez-vous pas là

le poisson-blane, latikkamek, cher au Peau-Rouge, qui le mange en corbeau, Tendez vos filets dans les lacs de l'Athabaska, de l'Ours et le grand lac de l'Esclave, et vous y prendrez des Poissons-Blanes de quinze

; livres, et des truites grises de plus de cinquante livres.

— Vous n'avez pas de saumons, me direz-vous !

— Pas de saumons, j'en conviens, mais que dites-vous du poisson.

Le bleu et de l'inconnu ?

— Le poisson-bleu n'a pas son égal comme joisson sportif et comme mets succulent : l'inconnu arrive à vingt-cinq et trente livres ; il fait l'honneur du Mackenzie et de ses tributaires, mais ce n'est pas un saumon

Nous irons plus loin encore: de magnifiques poissons nagent dans l'océan Arctique, à l'embouchure des fleuves Back, du Cuivre et du Churchill, et ce ne sont pas encore des saumons quoi qu’on en dise.

— Pas encore des saumons, me dites-vous, et peut-être avez-vous raison, inais ils n'en restent pas moins des salmonidés, étant de la famille et du sang le plus pur du saumon. La truite du Grand-Nord, depuis le Mackenzie jusqu'au Churchill, à la mer comme dans les rivières et les lacs, ne se pêche que dans des eaux glacées. Il en est de même de latikkamek, du poisson-bleu, de l'inconnu. Dans le reste du monde on à besoin de se construire des glacières pour conserver le poisson, ici on pêche dans des glacières toutes faites, durables à l’année.

Mais voulez-vous des saumons quand même à tout prix? Nous n'avons qu'à enlever une barrière de quelques pieds et vous en aurez à bouche que veux-tu ?

En 1888, un comité du Sénat ayant été chargé de faire une enquête sur les resssources du grand bassin du Mackenzia, l'honorable Æ£dyar Dewdney, Beutenant-gouverneur des territoires du Nord-Ouest, est appelé à donner son témoignage, le 18 avril de ladite année, et aux

questions qui lui sont posées, il répond comme suit :

Interrogé par l'hon. M. Turner :

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Q. — On remonte la rivière Skeena en canot: quel portage a-t-on à faire jusqu'à la rivière Ominica ?

R. — La distance d'Hazleton à lu rivière Babine est d'environ quarante-huit milles,

Q. — Il n'y a pas d'autre portage ?

R. — Pardon, il y en a un autre. On traverse la rivière Babine à un

endroit nonnné la Pécherie, où il se prend d'énormes quantités de poissons. C’est là que la Compagnie de lu baie d'Hudson achète des sauvages toute sa provision de saumon.

Q. — Saumon d'eau douce, je suppose.

R. — D'eau salée. Ce poisson y vient par la Skeena, dans laquelle se décharge la rivière Babine, On remonte cette dernière jusqu'à trente ou quarante milles au-dessus d'Hazleton.

Q. — Hazleton est la tete de La ruvière Shen ?

R. — C'est la tête du chemin des canots : on pourrait cependant aller encore un peu plus avant, Là commence le portage par la vallée d'Agyilgate, qu'il faut traverser pour atteindre l'entrée de la rivière Babine sur le luc Babine. Lac très long: soixante-dix à quatre-vingts milles de longueur : lac magnitique.

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LES EAUX DU GRAND -NORD Par le président :

Q. — Les saumons pénètrent en grand nombre, dites-vous, jusqu'aux sources occidentales : n'est-ce pas pour y frayer ?

R. — Oui.

Q. — A quelle distance ces sources sont-elles des eaux qui ont leur cours vers l’est ?

R. — Le saumon que l'on capture dans le lac Babine vient de la mer par les rivières Skeena et Babine. Plus à l’est encore, les lacs Stewart, Tremblay et Tatla forment une autre chaîne, sur une étendue de cent vingt milles environ, en communication avec les eaux du Fraser. Le saumon y pénètre par ce fleuve.

Q. — La distance est-elle trop grande pour qu'on puisse essayer de mettre dans les eaux qui courent vers l'est du frai de saumon recueilli dans les sources des rivières occidentales ?

R. -- Du tout. Lu chose serait facile.

Q. — Je vous le demande, parce que nous avons eu des témoignages contradictoires sur la question de savoir S'il v a du saumon dans le Mackenzie. Deux personnes ont dit oui: deux autres personnes ont dit non.

R. — On pourrait, certainemnt, prendre du frai de saumon au lac Stewart et le mettre dans les eaux qui ont leur courant vers l'est.

Le lieutenant-gouverneur Derwduey continue sa déposition, le lendemain, en ces termes :

“ Hier matin, lorsqu'il m'a fallu interrompre ma déposition, M. le sénateur me questionnait sur le faite qui sépare les sources des cours d’eau tributaires de l'océan Arctique de celles des cours d’eau affluant dans le Pacitique. I] désirait beaucoup savoir s'il était possible de transporter du frai de saumon des eaux occidentales duns les eaux ayant leur courant vers le nord-est, parce que l'on disait que la rivière de la Paix ne contenait pas de saumons. Je me suis rappelé, depuis, qu'il existe un point plus accessible que celui dont je parlais — près du grand coude du Fraser, au petit portage appelé Gisconr. C'est par lui qu'on amenait, dans les commencements, les provisions destinées pour la rivière d'Ominica. En fait, des embarcations construites à Victoria ont remonté le Fraser et, rendues à cet endroit, ont été portées par terre aux eaux affuentes de la rivière de la Paix. [n'y a pas d'élévation notable. Je erois qu'on a construit, sur le portage, une glissoire pour y trainer plus facilement les canots. Pour les essais de transportation du saumon, voilà le point le plus avantageux, d'autant plus que ce poisson abonde dans le Fraser et ses tributaires,

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5E.— Salvelinus fontinalis.

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