LA TRUIT
Fit. 298.
Le 1
-LA TRUITE DES RUISSEAUX ou TACHETEE.-— Salvelinus fontinalis.
Fic. 298.
Par le président :
Q. — Vous mettriez le frai dans le lac de la Nation ? R. — Non, dans le lac MeLeod. Autrefois on l'appelait le lac aux
Truites. C’est sur ses bords que fut établi le premier poste que la Compagnie de la baie d'Hudson ait eu à l’ouest des montagnes.
Q. — N'est-ce pas le fort MeLeod ?
R. — Oui, qui date de 1805, je crois.
Q. — Les cours d’eau nourris par ce lac conduisent à la rivière aux Panais, branche de la rivière de la Paix ?
KR. — Ils s’y jettent.
Q. — Où conseilleriez-vous de mettre le frai ?
R. — Je crois que ce lieu serait bien favorable, et plus accessible que celui dont nous parlions hier et qui est placé à une altitude de trois mille pieds.
Le 4 janvier 1895, l'hon. John Schultz, lieutenant-gouverneur du Manitoba, confirmait l'opinion précitée, dans les termes concluants que voici :
“ Un mot au sujet des poissons alimentaires d'eau douce qui se rencontrent dans la région arctique. Il est difficile d'établir d'avance la valeur que les pêcheries de cette région atteindront plus tard, mais une chose est certaine, c'est qne nous possédons au nord de la ligne isotherme, dans cette partie du globe, ane plus grande étendue de rivières et de lacs poissonneux que n'importe quel autre pays du monde, sans même excepter la Russie.
# L'immense région comprise entre la ligne isotherme et notre littoral arctique n’est pas surpassée sous le rapport de la quantité et de la qualité du poisson alimentaire d'eau douce, et à mesure que l'on approche de la côte arctique, les pêcheries sont de plus en plus peuplées. Bien que près de notre littoral arctique la glace de quelques-uns de nos grands lacs, tel que le lac Grand-Ours, ne disparaisse jamais complètement, le poisson y abonde tout de inême. Vous vous rappelez que sir John Franklin, au moment où il naviguait sur un des bras du lac que je viens de mentionner, en route pour ses quartiers d'hiver, manqua de poisson, et que, comme dernière ressource, il tendit quelques petits rets à mailler au moyen desquels il prit une quantité énorme de poissons-blanes,
“ Dans les cours d'eau de cette région se rencontrent des poissons de valeur : le poisson-blanc, la truite de lac, ainsi que d'aufres espèces de
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truites, et, à mesure que l’on approche de la côte, une magnifique variété d'ombre.
“ La plupart des rivières qui se jettent dans l'océan Arctique, et au moins cinq de celles qui se déchargent dans la baie d'Hudson, du côté ouest, fonrmillent d'une variété de saumon connu sous le nom de saumon arctique. Li y à quelques années, le professeur Robert Bell m'a donné un spécimen de ce saumon, ainsi qu'un spécimen d'ombre, que j'ai conservés, depuis, dans l'alcool : je me ferai un plaisir de vous en faire cadeau, car je sais qu'ils sont intéressants. Je ne parlerai pas de ce poisson particulier du fleuve Mackenzie, qui a plusieurs des mœurs du saumon,et que les voyageurs arctiques appelaient, comme on l'appelle encore, * l'inconnu.” Je n'en ai jamais vu de spécimen, mais il est certain qu'en amont des chutes de la rivière du Grand-Esclave, près du fort Smith, le saumon proprement dit ne se rencontre pas, et c’est une chose étrange, étant donné que les têtes d'au moins deux des afHuents occidentaux du fleuve McKenzie ainsi que les rivières Liurd et de la Paix se confondent presque avec celles des rivières de la côte occidentale, qui toutes contiennent du saumon.
“Il y a quelques années, je diseutais cette question avec l'honorable Edgar Dewdney, lieutenant-gouverneur de la Colombie Britannique, et ce dernier s'accorde à dire avec moi que l’on pourrait facilement et à peu de frais prendre des saumons dans les lacs de la Colombie Britannique, juste avant le temps du frai, et les déposer dans quelques-uns des lacs formant les eaux de tête de l'Athabasca. L'on devrait, je crois, tenter l'expérience, car ce serait le moyen de rendre plus poissonneuses les rivières Athabasea et Grand-Esclave, ainsi que leurs affluents.”
VOYAGE DE MacKENZIE
“ Le premier voyageur savant qui traversa les chaînes de montagnes entre les plaines du Nord-Ouest et la mer, fut Mackenzie, en 1792; il descendit le cours moyen du Fraser, qu'il croyait être la Columbia et qui fut dénommé plus tard, en 1806, d'après le traitant écossais Simon Fraser. Les voyageurs, pour la plupart employés de la compagnie d'Hudson, qui firent connaître cette partie du versant océanique, étaient presque tous Écossais: en leur honneur la contrée reçut le nom longtemps en usage de New-Cualedonia.
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“Les diverses chaines des Rocheuses comprises entre l'Alaska, le bassin du fleuve Mackenzie et les hauts affluents de la rivière de la Paix, sous le 56e degré de latitude, ne sont connues que d’une manière générale par les indicutions des traitants et des mineurs, mais elles sont encore ignorées au point de vue géologique et restent en blane sur les cartes. La saillie maîtresse, que l’on peut considérer comme l’arête initiale des montagnes Rocheuses, se reploie parallèlement à la côte alaskienne, à l'est du bassin de la rivière Lewes, où Youkon supérieur. Elle ne paraît pas très élevée et ne forme qu'une ligne de partage secondaire, car elle est traversée par des rivières appartenant, les unes au versant du Pacifique, les autres à celui de l'océan Glacial. Ainsi, les hauts affluents du Stickeen et ceux de la Skeena naissent dans les mêmes régions que les tributaires de la rivière des Liards et que ceux de Peace River, qui descendent vers le fleuve Mackenzie. Les plus hautes montagnes de ces régions ne dépassent probablement pas 3000 mètres et se dressent vers le 55° 30 degré de latitude, dans un massif central où se réunissent les diverses chaînes parallèles venues du nord et d'où s'épanchent en des vallées divergentes les gaves supérieurs du Stickeen, de la Skeena, de Peace River et du Fraser : sur d'anciennes cartes, ce massif est désigné sous le nom de Peak Mountains. [immédiatement au sud, l’ensemble du système montagneux s'abaisse, et des bords de l'océan Pacifique jusqu'aux plaines que parcourent les eaux de Peace River, on peut traverser le territoire de la Colombie Britannique sans passer nulle part à plus de 1000 mètres en altitude : la brèche de Peace River est à la hauteur d'environ 600 mètres. Le grand coude septentrional du Fraser indique à peu près le milieu de cette dépression médiane, caractérisée par la présence de dépôts gris ou blanchâtres formés d'argiles arénacées, qui se sont stratitiées régulièrement sur une épaisseur considérable : en certains endroits ces dépôts ont une puissance de 30 et même de 60 mètres, [ls reposent partout sur des couches d'argiles glacinires plus ou moins modifiées et parsemées de graviers et de blocs.
+ C'est évidemment à l’action d'une vaste mer intérieure que sont dues ces strates blanchâtres qui s'étendent au loin entre les montagnes. Les lacs actuels et les grandes plaines de Chilcotin ne sont que les restes de cette ancienne mer, qui se rattacha peut-être à l'Océan, et qui s'avança en détroit, de l’ouest à l'est à travers le système entier des montagnes Rocheuses.
“ L'arête proprement dite de la chaîne maitresse, nettement orientée dans le sens du nord-ouest au sud-est, commence au sud de la Peace River par des sommets qui n'ont pas même un millier de mètres en hauteur, mais elle s'élève rapidement au-dessus des plaines que parcourent les affluents de l’Athabaska et cette rivière elle-même, Le col de
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la Tête-Jaune, où l'on projeta d'abord de construire le chemin de fer transcontinental, est à 1168 mètres. Plus au sud, le grand portail du col d'Athabaska serait même dominé par deux montagnes ayant à peu près cinq kilomètres en hauteur : au nord,le mont Brown (4875 mètres), au sud, le mont Hooker (5180, mètres) : toutefois, ces mesures n’ont pas été fuites avec précision, et les géodésiens qui ont commencé le levé trigonométrique des Rocheuses dans la région voisine de la frontière croient ces estimations de beaucoup supérieures à la vérité : vu de loin, à l'extrême horizon, le massif de l'Athabaska ne parait pas être plus élevé que les groupes du sud, et ceux-ci n'atteignent pas 4000 mètres. D'ailleurs, les passages que l’on franchit de l’un à l'autre versant dans cette partie de la chaîne sont d'une telle facilité que les voyageurs en parlent avec étonnement. Milton et Cheadle cherchaient encore devant eux le col de la Tête-Jaune, et déjà il était caché par un promontoire : ils avaient passé la ligne de séparation des eaux sans la reinarquer.
“ Des montagnes, généralement désignées d'après des savants anglais, le Lyell, le Sullivan's Peak (2395 mètres), le Forbes (2575 inètres), le Murchison, le Balfour, le Sefroy (3535 mètres), se succèdent dans la direction du sud-est du groupe de l'Athabaska. Ce sont les monts qu’on aperçoit en venant des plaines de In Saskatchewan et que l’on appelle plus spécialement du nom de ÆRockies. Vues des pâturages ondluleux du territoire d’Alberta, les parois grisâtres des Rocheuses, nues, de forme presque pyramidale, striées de quelques neiges sur leurs escarpements septentrionaux, présentent un aspect grandiose. A leur base, des talus d'éboulis portent quelques forêts de pins, mais au-dessus on ne voit que rochers empilés sur rochers. Quelques-unes des ‘inontagnes montrent à vif leurs assises horizontales, déposées pendant les âges dévonien, carbonifère et crétacé : les autres sont formées de stratifications diversement plissées et tordues, mais pour la plupart inclinées du côté de l’est, Il en est qui ressemblent à d'immenses dalles d’ardoise, d'autres à des pyranides coupées de degrés réguliers. A l'est de la chaine masseuse des avant-monts, alignés dans le même sens, s'élèvent en massifs au milieu de la plaine : tel, à l’est du col de la Tête-Jaune, le groupe au centre duquel le mont Dalhousie dresse son fort crénelé aux parois verticales, telle, plus au sud, là rangée aux rochers uniformes à laquelle on à donné le nom de Palliser Range, en l'honneur de l'un des premiers explorateurs. La chaine du Pore-Épie (Porcupine Hills) qui s'élève près de la frontière, au sud de Calgary, appartient aussi à ce mur des “ Petites Rocheuses,” que de larges brèches interrompent de distance en distance.
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LE HUANANICHE 497
LE HUANANICHE
The Ouananiche. - Winnonish. - Land locked Salmon. - The Dwarf Salmon. -- The Sebago. - The Schoodic Salmon.- Le Petit Saumon.-Le Saumon blanc. - Le Saumon d'eau douce, etc., etc.
Le premier homme de race blanche qui s'aventura jusqu'au lac Suint- Jean fut le Père de Quen, missionnaire frunçuis. Au cours d’une description fidèle qu'il fait de ce lac, le lon Père mentionne, entre autres poissons qui y habitent, le saumon, qui n'est autre que le huananiche, appelé de nos jours à une célébrité retentissante, C'était en 1647.
Pendant un siècle et demi on erut que le huananiche était un poisson particulier au lac Saint-Jean, et de nombreuses et curieuses légendes entourèrent son berceau et son existente, lorsque un beau jour, des pêcheurs en capturèrent divers échantillons dans l'État du Maine, auxquels ils donnèrent les noms de Sebago Sulmon et de Schoodie Salmon, d'après les eaux où ils avaient été pris. Ces saumons sont plus lourds et moins agiles que ceux du lac Saint-Jean. IIS ne sautent à la mouche que dans les eaux dégourdies du printemps. Le reste de l’année, ils se tiennent et s'engraissent au fond d'eaux profondes et stagnantes : mnis s'ils sont transportés en eau vive, dans des courants rapides, ils ncquièrent une plus grande agilité et perdent de leur poids.
Il y a une trentaine d'années à peine la présence du même poisson fut signalée au Nouveau-Brunswick, sous le nom générique de landlocked salmon (saumon captif}, dénomination injustifiable dans ce cas comme dans tous les autres du reste,
Un peu plus tard, au lac des Roches, duns la province d'Ontario, Hallock a cru trouver un enfant perdu de la famille du huananiche, mais un examen plus attentif fit reconnaitre en ce poisson une variété de namayeush. Tout récemment, une truite de la Colombie anglaise, après avoir eu les mêmes prétentions, eut également le même sort, Il reste acquis que le huananiche où saumon d'eau douce, de même que son frère de mer, le sclino saluer, n'existent pas dans les eaux du bassin de l'océan Pacitique.
De tout temps, les Canadiens-Français ont appelé indistinctement le huananiche, de son nom indigène, où petit saumon. Huun où unan est
une simple indication qui se traduit par : Voyez !/ où ZE est là !" En y ajoutant iche, qui veut dire petit, nous avons: Voyez le petit! IL est là le petit ! expression d'admiration spontanée jaillissant du cœur aux lèvres du sauvage, à la vue de son poisson favori escaladant les chutes, promenant sa dorsale comme une bannière au-dessus des mousses erémeuses des remous, sillonnant d'un éclair les sombres profondeurs des eaux où happant au vol l'imprudente libellnle venue pour l'agncer,
Aujourd'hui, l'appellation indigène de ce poisson tend à se généraliser aux États-Unis comme au Canada, dans les clubs comme sous lu cabane du sauvage, dans la littérature comme dans le patois du coureur des bois. Bientôt, il absorbera le sehago et le schoodic de l'État du Maine. Quant à lu légende du land-locked salmon et du diwurf salmon de ln Suède et du Nouveau-Brunswick, elle s'efface devant l'étude et l'observation ; elle se glisse au coin du feu, parmi les contes de Noël, pour amuser les enfants,
Du temps où l'on croyait que le hunnaniche étuit un poisson particulier au lac Saint-Jean, voici ce qu'on en racontait, en fumant lu pipe. A une époque reculée des époques géologiques le Saguenay communiquait de plain-pied avec le lac Saint-Jean, lorsqu'un bouleversement souterrain isola tout à coup le lac de son avenue naturelle, interceptant par un bar: rage de rochers infranchissables toute communication avec la mer. Le saumon qui s'y trouvait au moment du cataclysme y resta prisonnier.
De là ce nom de land-locked salinon que les Anglo-Saxons ont donné au huananiche, d'après des préjugés dont une foi robuste d'esprits plus forts, mieux nourris, fait maintenant litière.
Des explorations contemporaines multipliées dans la région du Labrador ont agrandi considérablement le domaine de ce salmonidé et ont démontré que dans presque tous les lacs qu'il habite, au Canada, aux États-Unis, sauf en Suède peut-être, partout il a libre accès à la mer, que s'il reste dans les eaux douces des montagnes, c'est qu'il y est retenu par ses Imcæurs, ses goûts, ses appétits ou ses instincts. Le land-locked salon est une expression injustifiable, qu'on laisse aller à vau-l'eau, avec l'ounnuniche, le schoodic, le sebago et le divurf salmon. Cette dernière appellation supposerait un être difforme ou dégénéré, pendant que le huananiche est un animal complet, d'une admirable perfection de forme, d'une force et d’une beauté supérieures même à celle du salmo salar.
Les portraits qu'en ont tracés des artistes et des écrivains habiles, comme MM. J. G. Aylwin Creighton, d'Ottawa ; Chambers, Goode, Hallock, Haggard, Garman et autres amateurs, sont là pour le prouver, et au delà.
Ici, nous passons le crayon à M. Chambers, l’auteur du livre si richement documenté que je me plais à citer. Si nous différons, lui et moi, sur
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LE HUANANICHE 499
la manière d'écrire le nom du saumon labradorien, ce n’est pas une raison pour lui refuser lu part d'estime que nous lui portons comme écrivain élégant et ichtyologiste renseigné, Nous ne voulons pas la mort du pêcheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive.
“ Les élégantes proportions et la condition splendide du huananiche adulte que l'on trouve dans les aux courantes, au printemps, ne sont pus plus remarquables que la richesse de su couleur, De fait, vêtu de pourpre et d'argent brillant, il étale un luxe somptueux, tous les jours. Na tunique versicolore réfléchit toutes les nuances de son entourage naturel, depuis le sombre indigo du nuage jusqu'aux teintes rares du crépuscule, depuis la brume empourprée des collines, à l'horizon, jusqu'à la robe vert pâle du bourgeon qui va s'ouvrir, depuis les noires profondeurs des fosses insondables qu'il fréquente — le vert olive et bronzé des fucus flottants et le gris des rochers environnants—jusqu'à l'éclat argenté des rayons de la lune, les crêtes blanches des rapides et l'écume floconneuse des remous.” (1)
Dès que le chemin de fer de Québec au lac Saint-Jeun fut construit, on vit les amateurs de pêche américains affuer dans ces rudes régions fréquentées jusqu'alors par les Peaux-Rouges, les bûcherons, les arpenteurs eb quelques rares missionnaires seulement. Et c'étaient des gens en moyen, ayant des rentes et des loisirs, qui venaient là, tout à coup, surprendre le han du colon abattant des pins, et flanquer des hameçons d'or dans la gorge des chutes éplorées.
Où voulez-vous done pêcher le huananiche si ce n’est dans l’écume de la Grande-Décharge, de la Chute-du-Diuble, de l'Ashouap, et de la Métabetehouan ? Chambers vous dira que ln dalle la plus rapide, la plus emportée, la plus gonflée est celle qui convient le mieux à l'appétit de ce poisson ocellé aux couleurs du paon. Un autre vous conseille de crever la mousse, de déchirer de votre hameçon comme d'un éperon de chevalier la robe traînante de la vierge des flots, Mais n'allez pas croire pour cela que les chances vous soient toujours favorables ! Un huananiche est plus capricieux que l'onde : à quelle mouche va-t-il mordre aujourd'hui ? Je vous le demande,
En voici une dizaine de variétés que Eugène McCarthy nous avise d'essayer sur l’hameçon n° 4, savoir : The Jack Scott, Silver Doctor, Brown ‘laekli ww Dung, Seth Green, Lord Baltimore, Parmacherne | Searlet Ibis.
tait fort bien our hier ; pas un seul huananiche n'était épargné par piqûre de ces mouches ; mais aujourd'hui, c'est une autre affaire. Les
(1) The Ouananish, ete, by Chambers.
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mouches sont en grève pendant que les poissons les narguent du fond de l'eau. Et quelle mouche va oser s'attaquer à ces canailles de huananiches dans les dispositions où ils sont ? J'en vois un qui s'enlève à six pieds en l'air, risquant ses lèvres aux déchirures du fer: j'en vois un autre qui scie l’eau comme avec une faulx,un troisième eulbute au-dessus d'une chute pour rompre la ligne dans le chaos. Et même, serait-il pris, ferré et enferré par la langue et la mâchoire, que je ne m'y fierais pas encore, Brebis comptées le loup les mange, dit le vieux canadien, La lutte contre un huananiche est un duel à mort, On re connaît le vainqueur que lorsque le vaineu est couché sur le pré, par blessure, par lassitude ou épuisement. On rapporte que des captures fréquentes de hunnaniches se font dans le Saguenay, surtout au pied de ln grande chute de Chicoutimi. Cela ne doit étonner personne: tous les animaux ont des maladies et tous ont aussi des hôpitaux. Un huananiche blessé ou malade x pu descendre à la mer par la Grande-Décharge, puis, une fois rétabli, revenir d'instinet vers la patrie, et se laisser pincer sur la première marche qui y conduit.
Avant l'ouverture du chemin de fer du lue Saint-Jean, les colons pêchaient un peu au printemps, dusant les semailles, bien contents de faire une provision de fine chère pour tous les jeûnes de l'année, mais durant l'été, la belle saison de pêche, il n'y avait plus personne sur l'eau, sauf peut-être par-ci par-là, le vaillant colonel Rhodes, où mon ami Gre gory, on le bon curé Auclair. C'est auprès de la Grande-Décharge que M. Gregory venait entendre le rossignol du Canada dans la voix de la grenouille; M. le curé Auclair se plaisait, lui, à pêcher le magnitique éperlan du lac Kinogami tout en courtisans le huananiche du lac Saint- Jean ; et le colonel Rhodes, en sa qualité d'officier anglais et de beau pêcheur ne pouvait s'empêcher de donner la préférene au saumon contre le haanamine.
Toutefois, alors comme aujourd'hui, le huananiche, imitant les mœurs du saumon, se retirai: en septembre où octobre, sur les petites grèves cailloutées des hauts-fonds, à mince filet d'eau, attendant pour cela, dans l'intérêt de la couvée, que ses plus terribles ennemis, comme le brochet et J lotte, saisis par le froid, eussent gagné les profondeurs : alors comme aujourd'hui, on pêchait, au printemps, dans la débâcle et derrière le train des glaces : ensuite, durant l'été, aussi longtemps que le poisson inordait, les lois gardant le silence sur les méfaits des mrraudeurs. Les œufs une fois déposés, les parents se retiraient au fond du lue, où souvent ils étaient dévorés par la lotte où le brochet. Le ; entrailles de ces monstres ont enfoui ainves fois les carcasses des beaux bateleurs, qui, la veille s'enlevaient, d'un coup de queue, au-dessus d'une chute de douze pieds
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LE HUANANICHE 501
De belles grèves à nids ont été détournées, mais on vante toujours celles de l'île Ronde, de la Grande-Décharge, de quelques rapides de la Mistassim, et de la chute du Diable, dans la Péribonca.
Quant à faire ne bonne pêche, on est toujours sûr de faire une bonne pêche, dans la Grande-Décharge : aussi, en croisant la cinquième chute de la Mistassini, après un long portage, où en remontant la Péribonca jusqu'au lac Tshotigama, à cinquante milles de Roberval. Mais, du reste, il y a, toujours, ici et là, quelque bon coup de ligne à faire dans les dix-huit tributaires du lac Saint-Jean. La moyenne du poids d'un huananiche est de trois livres à trois livres et demie : un huunaniche de sept livres mérite révérence et chapeau bas.
Ce préjugé comportant qu'au Labrador il n'existe de huananiches que dans es eaux du lac Saint Jean est complètement déchu. Les amateurs américains se sont aventurés fort avant dans le pays, sur les pas des arpenteurs et des explorateurs officiels du gouvernement : de nombreux lacs peuplés de huananiches ont été découverts aux sources des grandes rivières de l’est et du sud, de manière à établir le fait que le Labrador est la vraie patrie de ce vaillant poisson, pendant que le Maine, le Nouveau-Brunswick, la Suède même n'en possèdent que des colonies.
Le saumon arrive par l'Atlantique, par le golfe Saint-Laurent, remonte dans «les rivières familières jusqu'à quelques centaines de milles de hauteur, puis il retourne invariablement à la mer, Le huananiche, lui. reste dans ses lacs, sur le grand plateau qui se déverse par cent dalles diluviennes dans les abîimes de la mer et dans la coupe à la fois gracieuse et tumultueuse du lac Saint-lean.
Rien de plus facile pour le huananiche que la descente à la mer par la pente si douce des fleuves: mais il n'a pas même l'air d'y songer. Au contraire, il se renfonce dans les profondeurs cristallisées du faite des eaux, parce qu'il s'y sent chez lui, qu'il y trouve son domicile.
Je laisse à de plus savants que moi le soin de discuter la question de savoir lequel du saumon d'eau douce où du saumon de mer est primordial, est l'ainé des deux. Je me borne à dire que celui-là doit être le premier qui reste toujours chez lui et n'a pas besoin de deux domiciles pour trouver le bonheur, Quoi qu'il en soit, par leur forme, leur couleur, leur constitution, leurs imœurs, ils sont assurément deux freres ;: tous deux sont décorés également, à cette différence près que le salmo salar ne porte qu'une croix sur sa poitrine, et que le huananiche en porte deux.
M. Chorivers et ses amis pêcheurs, écrivains et chroniqueurs des États-U ais et du Canada, ont été excessivement galants à l'endroit des Canadiens-Français, en les gratitiant de leur orthographe dans l'épella-
tion du nom ‘“ouananiche ”, et je les en remercie infiniment : mais est-il à
croire que le Père de Quen ou le Père Masse se sont servis d’une pareille épellation ? Sans vouloir pédantiser, je me permettrai de faire observer qu'à l’époque où vivaient ces missionnaires on ignorait le w, dans la langue française, et pour ce, le comité américain qui a décidé la question a eu toute raison de faire disparaître pareille lettre de l’orthographe de ce mot. Du même appoint, en parcourant les Relations des Jésuites, on constatera que souvent le diphtongne ou la lettre w sont remplacés par le chiffre 8, qui se prononce avec aspiration, comme les deux premières lettres du chiffre, c'est-à-dire “Au,” ainsi que je crois devoir l'écrire. À la page 55 ae son beau livre The Ouananiche, M. Chambers semble me justifier, par ces mots : “The Indians usually pronounce the word with a kind of an aspirate at the commencement, which it is difficult to represent on paper, the nearest approach that I can devise to the sound in written character being whou-na-nishe, whan-na-nishe, and sometimes “ when-na-nishe.”
11 importe avant tout de respecter “ l’L” aspirée du commencement du mot, “car ce serait durement choquer l'oreille française que de dire des ouananiches, Autant vaudrait écrire tout de suite, des oies naniches, ce qui répugnerait sans doute à plus d'un académicien français. Tant que nous n'écrirons pas des zéros pour des héros, conservons le “ huanuniche,” par respect pour la grammuire et l'Acadéinie.
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LE MOXOSTOME DORE.
Carpes. — Tanches. — Mulets.- Chevesnes. -— Ables. — Ablettes. — Moxostômes. - Chondrostomes. -- Vandoise. —- Ide. —- Véron. -- Goujon. - Mélanote. - Poissons Rouges. — Etc. etc.
Le groupe des cyprins forme la grande majorité des poissons d’eau douce de l'Amérique du Nord ; ils se tiennent presque tous par des caractères si étroits qu'ils forment réellement une famille des plus naturelles,
“ Le caractère le plus important, dit le Dr Sauvage, c'est que ces poissons ont toutes les parties de la bouche privées de dents, tandis que les os pharyngiens en sont constamment pourvus.
“ Les caractères tirés de l'organisation ne sont pas moins constants. La vessie natatoire est grande, enfermée dans une capsule résistante, divisée par un étranglement en deux parties, une antérieure et une postérieure, ou une droite et une gauche, et reliée à l'oreille par une chaine de petits osselets. Cependant, chez un certain nombre d'espèces de l'Inde, la vessie natatoire fait défaut, de telle sorte que ces poissons manquent de ce curactère important de la famille.