PARASITES DES POISSONS
Il est facile de comprendre que les poissons échappent à toutes les maladies qui se prennent dans l'air et sur terre ; mais, en revanche, ils deviennent la proie d’une infinité de parasites animaux et végétaux, qui rongent les intestins, pénètrent dans leur bouche, se logent dans leur chair ou s'attachent à leurs flancs. La majeure partie des ables porte dans le canal intestinal des fénius ou vers solitaires, et des ligules dans leur abdomen. On les voit quelquefois pris comme de folie, remonter sur l'eau en tournoyant, puis mourir. Ce fait provient de l'invasion du cerveau par un ver blanc filiforme.
La brême possède un véritable assortiment de parasites intestinaux : le brochet, l'anguille, le hareng, l’épinoche, la carpe, le silure, le saumon sont rongés par des vers intestinaux, des pous ou argules foliacés, des helninthes, et cent autres ennemis qui leur causent de cuisantes souffrances ; l'esturgeon a le dichelestium et la hideuse lamproie ; la morue a le cymothoë, que les pêcheurs du Labrador appellent son médecin, parce qu'elle n'en paraît pas attectée ; le maquereau nourrit les lernéides, espèce d'annélides suceurs qui s’attachent à ses branchies; il y a, en outre, les hypérines, crustacés voisins des crevettines, qui pour la plupart vivent en parasites sur les poissons et les méduses, dont elles font leur nourriture.
La perche d’eau douce est affectée, durant les mois caniculaires, d'un ver grouillant auquel le docteur Nordmann donne le nom de peste de la perche. Ce parasite s'attaque également à l’achigan et au doré ou sandre. D'ordinaire, il établit son domicile dans l’intérieur de leur bouche, où il se fixe au moyen d’un suçoir destiné à cet usage. Ce suçoir s'implante si avant dans la membrane muqueuse, que, non seulement l'animal ne peut s'en dégager, mais qu'on ne peut extraire ce corps étranger, de vive force, sans rompre ce qu'on appelle le bras du suçoir.
Ces fléaux de la perche se trouvent à leur tour soumis aux incursions et aux tracasseries d’un autre animalcule plus petit qu'eux-mêmes : une mince espèce de mite, un infusoire du genre vorticellu en fait sa proie.