‹ Les poissons d'eau douce du Canada [microforme]Chapitre 57 sur 236 · ER · texte numérisé non relu

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HURO NIGRICANS, Cuvier et Valenciennes, 1828.

“Il a le corps un peu plus haut à proportion que la perche ; le museau un peu plus court; le front moins concave ; sa mâchoire inférieure se porte un peu plus en avant. Sur son front se voient des stries fines et nombreuses, mais toutes dirigées vers le bord de l'orbite. Il a des dents en velours aux mêmes endroits que la perche ; son maxillaire a le bord supérieur dilaté; son front, so! museau, ses mâchoires n'ont point d'écailles : mais il y en a sur son crâne, sa tempe, toute sa joue et toutes ses pieces operculaires, leurs bords exceptés. Le limbe de l'opercule en est dépourvu, et son bord parfaitement entier et sans dentelures s’arrondit dans le bas, après avoir fait un très léger arc rentrant. L'opercule osseux se termine en deux pointes plates, séparées par une petite échancrure aiguë et oblique. Aucune des pièces de l'épaule n'a de dentelure. La première dorsale, beaucoup plus petite qu’à la perche, n'a que six rayons, et demeure assez éloignée de la seconde, qui est plus élevée, et peut avoir avec ses deux épines, douze ou treize rayons mous. (Elle est en partie mutilée dans notre individu.) L’'anule a trois épines et onze rayons mous; elle est aussi un peu plus grande à proportion qu'à la perche. Quant aux pectorales et aux ventrales, elles sont à peu près pareilles à celles de la perche, et la caudale aussi.

“On compte soixante et quelques écailles entre l’ouïe et la caudale, et vingt-cinq ou vingt-six entre la première dorsale et le ventre. Elles paraissent toutes lisses et entières.

“ La couleur de ce poisson, que nous n'avons vu que desséché, parait avoir approché de celle de la carpe. Son dos est d’un brun verdâtre, qui s'affaiblit sur les côtés, et passe sous le ventre au blanc jaunâtre argenté : une ligne grisâtre suit le milieu de chaque rangée longitudinale d'écailles.

“ L'individu que nous avons eu sous les yeux, était long de seize pouces.

“ Nous laisserons à l'espèce l’épithète qu’elle porte dans son pays natal, Huro nigricans.’— (CUVIER et VALENCIENNES, ist. nat. des Poiss., II, 124, 1828.)

Muis voulez-vous savoir tout l'intérêt qui s'attache à ce poisson, en Europe comme en Amérique, quoique plusieurs pays du vieux monde

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MICROPTERUS, Vaillant et Bocourt: inédit,

“ Percoïdes à ventrales thoraciques ; six ou sept rayons branchiostèges, une seule dorsale, occupant la plus grande partie de la longueur du dos, avec la portion épineuse munie normalement de dix épines ; anales présentant trois épines croisant en longueur de la première à la troisième et à peu près d'égale force ; toutes les dents en velours ; préopereule à bord lisse, angle operculaire en pointe arrondie ne formant pas une véritable épine Écailles médiocrement nombreuses, cténoïdes, polystiques

“Les écailles sont cténoïdes, maïs en général les spinules sont ou rudimentaires ou incomplètement développées: les variations que nous avons pu saisir sont les suivantes. Tantôt les spinules ne sont nettement classifiées que sur une zone plus ou moins étroite, bordant la portion libre de l’écuille, et le reste de l'aire spinigère n’est qu'indistincten'ent hispide, Cette zone peut se réduire sur ses parties latérales et n’occuper que l'extrémité de l’écaille. D’autres fois le bord libre est sans spinules et celles-ci ne se rencontrent que vers le foyer dans un espace triangulaire formant la partie centripède d'un secteur ; c’est sur le Microplerus variabilis Le Sueur que nous avons particuliérement observé cette disposition. Enfin, les spinules peuvent étre à peine perceptibles et il faut y regarder de bien près pour ne pas croire que les écailles de la ligne latérale sont toujours dépourvues de spinules : leur canal est à deux ouvertures comme chez les centropomes.

“Ces variations, auxquelles on serait tenté d'attribuer une certaine valeur dans la distinction des espèces, ne nous ont malheureusement pas présenté une assez grande constance pour pouvoir étre mises en usage ; les observations devraient porter sur un plus grand nombre de sujets que ceux que nous avons eus à notre disposition.”

La dénomination de Micropterus paraît devoir être adoptée préférablement à celle de Grystes, établie par Cuvier dans son Règne animal où à celle de Dioplites Rafinesque, reprise par M. Girard. C’est sans

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doute une application en quelque sorte exagérée du droit de priorité car les caractères du genre sont très imparfaitement donnés par Lacépède et la dénomination même est fondée sur une anomalie évidente. Cependant, l'individu type étant parfaitement connu, il peut y avoir avantage à reprendre ce nom, comme l'ont déjà fait plusieurs auteurs contemporains.

“S'il est ainsi possible de limiter le genre, il n’est pas aussi aisé d'en distinguer les différentes espèces, lesquelles, aujourd’hui comme à l'époque où l'écrivit L. Agassiz, sont excessivement difficiles 4 curactériser. Au premier abord, on reconnait sans peine plusieurs types, en ayant égard aux proportions du corps, au nombre des écailles et à diverses autres particularités, mais si on examine un certain nombre d'individus, les différences s’atténuent par des transitions graduelles.

“D'une manière générale, le Micropterus variabilis LeSueur a le corps le plus élevé et le Micropterus salmoïdes Lacép., le plus bas, le Micropterus nuecensis Grd., et le Micropterus dolomieu Lacép. étant intermédiaires sous ce rapport. L'épaisseur donne des différences peu sensibles ; on sait d'ailleurs que ces variations, pouvant dépendre de la saison et du sexe, leur importance est moindre dans des espèces aussi voisines. La longueur de la tête rapportée à la longueur totale donne les nombres extrêmes 29 et 25, peu différents l'un de l’autre et qui de plus se rencontrent tous deux sur une des espèces, la mieux caractérisée peut-être, le Micropterus nuecensis Grd. Le museau et la largeur de l'espèce interorbitaire varient dans une assez grande mesure, 35 et 26 pour l’un, 29 et 20 pour l’autre: maïs il y na mélange entre les differentes espèces que nous croyons pouvoir distinguer, en sorte qu'il est assez difficile d’en faire emploi.

“ L'écart considérable que présente la formule de la ligne latérale est un des faits les plus importants, comme indiquant la distinction nécessaire de plusieurs types, puisque cette formule peut varier de 60 à 80. Il existe, il est vrai, un grand nombre d’intermédiaires, dont le tableau peut faire juger au premier coup d'œil. La formule de la ligne transversale suit une marche analogue, puisqu'au-dessus de la ligne latérale les chiffres varient de 7 à 11,et au-dessous, de 15 à 30. Il est aussi important de remarquer que la progression dans les deux formules est la même, c’est-à-dire que les écailles sont beaucoup plus petites pour les espèces citées les premières dans lc tableau que pour les suivantes.

“ Quant aux formules des nageoires, la seule exception constatée pour les épines de la dorsale sur le premier exemplaire doit être considérée

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