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The Sturgeon (Angleterre) — Acipenser sturio, Linné. — Esturgeon (France et Canada). — Esturion (Espagne). — Paraletto (Italie).
Au tableau du Musenuin National des Etats-Unis, l’esturgeon figure
comme suit :
Chondrostei. Cartilagineux.
Glanostomi......Bouche de silure.
Acipenceridew.....Pentagonale.
L'aspect général de l’esturgeon lui prêtant une grande ressemblance avec le requin, Cuvier le fait figurer à la suite des squales, sous le nom de sturionien et de chondroptérygien à branchies fixes. Cette ressemblance est assez extruordinaire, dans le galbe des deux animaux, pour justifier le grand naturaliste d'avoir fait un tel rapprochement. Même corps allongé et fusiforme se montre chez les deux, même museau fortement projeté, mêmes nageoires, même caudale à lobes inégaux, même bouche sournoise, en dessous, à cette différence près, qui mérite considération, que l’une est aspirante ou prolongée en trompe, au besoin, à ressorts, doux, insinuants, presque tendres pour les victimes — c'est la bouche de l'esturgeon, cela va sans dire — pendant que l'autre est une véritable machine à broyer, sous la forme de deux mâchoires énormes, puissamment articulées, armées de multiples rangées de dents projetées en poignards acérés : sans lèvres : des dents prenantes et rentrantes, gardant tout ce qu'elles touchent ou ne rendant qu'en lambeaux les corps qu'elles ont pénétrés,
Rien de plus inoffensif que le lourd et épais esturgeon. N'il est armé en guerre, s'il porte casque osseux en tête, une armure sur ses épaules, si cinq rangées d'écussons le couvrent d'une cuirasse, depuis la tête jusqu'à la queue, ce n’est pas à dire qu'il est de mœurs violentes. Il est, au contraire, le plus pacifique des poissons, Ceux qui l'ont représenté comme le roi des saumons, à la tête desquels il remonte les fleuves au printemps en prélevant sur ses sujets terrorisés un tribut sanglant, sont d'odieux
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calomniateurs. La pauvre grosse bête vit surtout en fouillant les vases de son museau en forme de pie ou de pelle, pour y trouver des annélides, des vers, des crustacés dont il fait sa principale nourriture, Ce n'est pas qu'il dédaigne un hareng, un maquereau, un saumoneau même, mais alors il faut qu'ils aillent s'offrir spontanément à son appétit, car autrement il ne saurait les atteindre. Une épinoche lui fait peur, la moindre petite lamproie le met en fuite ou le fait bondir à quatre on cinq pieds hors de l'eau.
“ Ces géants, dit Meunier, malgré leur force, ne sont dangereux que pour ceux qui ne peuvent se défendre, pour les vers dont ils s'emparent en fouillant la vase avec leur museau, pour les harengs, les maquereaux et les gades, pour les canards et les oies sauvages, pour les saumons aussi, qui remontant le fleuve en même temps que l'esturgeon ordinaire, sont décimés par celui-ci, ce qui a fait croire qu'il en était le chef, et lui a valu le nom de conducteur de sauinons. C'est done une espèce non dangereuse pour l’homme; aussi jouit-il parmi nous de la réputation d'un animal paisible; sans doute, les harengs et les oïes en pensent différemment.”