‹ Les poissons d'eau douce du Canada [microforme]Chapitre 84 sur 236 · PORTRAIT DE L'ESTURGEON · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE L'ESTURGEON

Mais avant de l'apprécier, commençons par faire sa connaissance.

L'esturgeon appartient à la famille des chondroptérygiens à branchies libres ; c'est un poisson cartilagineux protégé par un casque et cinq séries de boucliers osseux, garnis d'une pointe acérée, droite ou recourbée, différemment disposée, Le nombre de ces boucliers varie suivant les espèces ; chez certains individus ils se cachent sous la peau, disparaissent sous le ventre, et avec l’âge finissent par s'éclipser entièrement, Cela se voit surtout chez le brevirostris et le spatulaire. Entre ces rangées d'écussons épineux, la peau, d'un brun foncé ou d'un gris sale, est rugueuse comme celle des sélaciens, dont on fuit une imitation de chagrin, Le ventre est blanc laiteux ou jaune pâle, La tête de l’esturgeon est conique en dessus, plate en dessous ; une tranche de son corps en position naturelle, coupée perpendiculairement, représente le pignon d'une maison ordinaire, Entre la bouche et le museau pendent quatre barbillons qu'il agite pour simuler des vers et attirer de pauvres innocentes ablettes dont il se fait des petits plats délicieux, sans aucuns frais culinaires. Sa bouche, petite pour un si grand corps, fortement caronculée, se distend en flûte ; elle est douée d’une énergique capacité préhensive qui lui permet de retenir une proie vigoureuse en l'absorbant lentement. Ainsi fait-il des jeunes palmipèdes imprudents qui vont barbotter dans ses eaux, mais je ne le crois pas capable de s'emparer d'un saumon ou d’une morue, hors que ceux-ci s’y prêtent par complaisance, Yeux petits : narines doubles en ligne droite avec les yeux vers le museau : un léger orifice au-dessus de l'œil : opereule branchial accessoire : membranes des branchies unies à l’isthme ; pas de branchiostèges : l'os maxillaire distinct du prémaxillaire : tête couverte de plaques osseuses unies par des sutures ; les rayons des nageoires minces, tous articulés: nageoires verticales avec des supports : pectorales basses ; ventrales garnies de rayons, placées au delà du milieu du corps ; dorsale en arrière, anale encore plus en arrière ; caudale hétérocireulaire, le lobe inférieur peu développé : vessie natatoire grande, simple, reliée à l'œsophage.

La famille acipenséridée se compose de deux genres et d'environ vingt espèces, au plus, quoique les auteurs nous donnent la description de plus d’une centaine d'espèces. Le nombre des espèces américaines à été

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surtout exagéré par Auguste Duméril, qui en a trouvé plus de quarante dans le seul Musée de Paris, En fait, le nombre réel des esturgeons américains ne dépasse pas sept espèces,

Le premier genre, le genre principal — acipenseridæ — comprend, pour L: Canada, l'acipenser sturio—l'esturgeon commun—l'oryrrhineus, le trunsmontanus, l'acipenser mediorostris, l'acipenser rubicundus, et l'ucipenser brevirostris.

De ces six espèces, la province de Québec en possède trois, l'ucipenser sturio, l'oxyrrhineus et l'acipenser brevirostris ; la province d'Ontario compte les mêmes espèces, avec l'ucipenser rubicundus en plus. Le transmontunus, le géant des eaux douces du Canada, et l'acipenser mediorostris appartiennent au bassin de l'océan Pacifique, à la région comprise entre la Californie et l'Alaska.

Le second genre, dit schaphyrinque ou polyodon, appelé par les Anglais shoved-noses lurgeon, par les Français, esturgeon à Nuls putuluire, réunit quatre espèces dans le bassin du Mississipi, mais nous n'en connaissons qu'une seule dans la région de nos grands lacs. Grâce aux soins de M. Wilmot, senior, cette espèce est représentée, au Musée d'Ottarve, par un spécimen unique bien monté, portant le n° 99,

ACIPENSER STURIO LE MAILLÉ (à Montréal)

Cest notre esturgeon commun à museau pointu, presque aussi long que e reste de la tête, mais qui se raccourcit et s'émousse considérablement avec l'âge, L'oxyrrhincus où esturgeon «niéricuin est une variété de cette espèce, ayant 27-29 boucliers, au lieu de 29-36, sur la rangée atérale. Tous deux partagent leur habitat avec le brevirostris, qui ne

sen distingue que par un museau plus obtus, une peau plus lisse et des boucliers moins apparents et moins nombreux : 8-10 sur le dos, 22-28 sur

es côtés, 6-8 sur l'abdomen. Les trois espèces se rencontrent dans les eaux de l'Atlantique, depuis le cap Cod jusqu'en Floride, dans les eaux du fleuve Saint-Laurent, dans celles des grands lacs où elles se mêlent avec PA, rubicundus où esturgeon des lacs, ainsi appelé parce qu'il ne descend pas généralement à la mer comme ses congénères. Ses flanes sont rougeûtres, de là, son nom de rubicundus. Il pèse en moyenne de énquante à cent livres, il vit constamment dans les eaux douces. Assez nombreux dans la vallée du Mississipi,les grands lacs et plus au nord, au Manitoba et dans les Territoires du Nord-Ouest,

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