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Ces divergences confirment l'opinion assez générale que l’esturgeon est un poisson timide et prudent qui retient ses œufs fort longtemps lorsque les circonstances et les lieux ne lui paraissent pas favorables à la ponte ou à l’incubation. Souvent on trouve des œufs gâtés dans le corps de ces poissons. Toutefois, il est admis qu'ils portent des œufs à maturité dans les mois de juin et juillet plus généralement qu'en d’autres temps, et dès lors une législation sage devrait en prohiber la pêche et la vente durant ces deux mois, au moins.
Oh! les populations riveraines de la mer Caspienne, de la mer d’Azof, du lac d'Aral, des grands fleuves tributaires de l'océan Arctique, pour lesquelles l’esturgeon est un aliment et une ressource commerciale fort à considérer, depuis un temps immémorial, savent bien ce qu'elles font, lorsqu'elles mettent ce poisson en nourrice dans l'Oural ou ailleurs, avec défense d’y naviguer, d'y faire aucun bruit, de passer l'eau même — en dehors de certains endroits indiqués — d'allumer une chandelle du côté de l'eau, par crainte de troubler dans son sommeil la bête grasse et féconde appelée à contribuer de ses flancs à l'alimentation d'un peuple gourmand, en même temps qu'à la satisfaction de la vanité bruyante et brillante de ses guerriers. Ici, pasteurs, pêcheurs et soldats se confondent pour constituer un groupe, une tribu, une peuplade, une nation entière même: mais ils vivent du produit de l’esturgeon beaucoup plus que de leur solde et souvent autant que du produit de leurs troupeaux.
Il me semble qu’en face de pareils exemples, sans entourer l’esturgeon de soins aussi attentifs, nous devrions le protéger beaucoup plus, et nous hâter de le répandre dans les lacs du nord pour le bénéfice des colons et des travailleurs d'aujourd'hui et de l’avenir appelés à peupler ces régions. Nous avons les eaux voulues pour élever, nourrir et multiplier exceptionnellement ce riche animal d'une chair nutritive et portant sur soi des matières premières recherchées par nombre d'industries.
Pas n'est besoin d’insister sur le fait que de tout temps l’homme s’est nourri de poisson et que cette nourriture est des plus saines : qu'elle à même des propriétés actionnelles particulières, en rapport avec la colonisation, [l me suffit de constater que lu chair de l'esturgeon procure à l'homme de peine dans la forêt une sustentation plus généreuse que celle de la chair de tout autre poisson d’eau douce. Ainsi, les Peaux
Rouges du Nord-Ouest et des régions polaires peuvent passer l'hiver à
manger de la truite et de l'attikaimek où du poisson blanc, parce que leur travail se limite à tendre des trappes, dans un rayon déterminé, puis à les relever et à les appâter, à pas lents, sans efforts physiques violents ét soutenus ; mais le bûcheron, le coureur des bois, le flotteur, et surtout le colon à demeure fixe, qui pratique tous ces métiers dans l'occasion, ont
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besoin d’une nourriture autrement substantielle, et cette nourriture leur sera fournie par l’esturgeon.
Est-il à croire qu'un homme de chantier puisse se contenter de poisson blanc qui file sans s'arréter dans l'estoinae, lorsqu'il fait l'abattage on l'équarrissage à la petite ou à la grande hache, lorsqu'il promène les bois flottants sur des eaux torrentueuses, de gouffres en gouffres, dansant sur l’'abîime, se jouant dans les flots, acrobate, rameur, nageur, flotteur, plongeur, ingénieur, tout cela presqu’à la même minute, en un clin d'œil pour ainsi dire ? Pour réparer une pareille dépense de forces, il faut nécessairement une nourriture riche et abondante telle qu'on la sert dans les chantiers canadiens, qui ont été de longtemps et qui restent encore autant de pépinières de colons. Quel est le menu ordinaire d'un chantier ? Le matin, au déjeuner, du lard ; le midi, au diner, du lard ; le soir, au souper, du lard, et les dimanches et jours de fête, pour régal, du lard encore, mais du lard aux haricots, de ce fameux pork und beans aujourd’hui en vogue dans les gargotes de nos grandes villes. Du jour où l’homme de chantier, prenant de l’âge, se décide à faire une fin avec Jeanne ou Berthe, la fille du voisin, pour aller s'établir sur une de ces terres du nord, témoin de ses exploits de jeunesse, dont il sait apprécier la valeur, ce n’est ni le poisson blanc, ni le namaycush, ni le brochet, ni le maskinongé, ce n’est pas même l’achigan ou le bars qui pourront remplacer la nourriture substantielle qui fait son ordinaire depuis dix ou vingt ans peut-être. Ce n’est pas la première ni la deuxième année qu'un commençant peut compter faire son l«rd à travers les souches des pins, des merisiers et des chênes abattus pour faire place au grain de blé, à l'orge, aux pois et autres plantes indispensables à la production du lard. Pour remplir sa tâche vaillante, mais rude à l'extrême, il faut que le colon ait une alimentation des plus généreuses. Le lard lui faisant défaut, il se contenterait volontiers de bœuf, mais il n'a le plus souvent qu'un bœuf et uue vache, deux auxiliaires indispensables à la famille et au défricheur, à la famille pour le lait que donne la vache, au défricheur pour le déplacement de la forêt, opéré avec le concours du bœuf, transportant deçà et delà les billots, les branchages, les souches, afin d'ouvrir une éclaircie aux rayons du soleil et aux bénédictions du ciel, afin de faire un trou dans la forêt pour y loger des berceaux à la place d'antres de bêtes fauves,
Il est admis généralement que la chair de l’esturgeon réunit les qualités comestibles et nutritives du lard et du veau : admis également que ce poisson fournit la matière première de diverses industries domestiques d'une importance assez remarquable — l'ichtyocolle et le caviar entre autres — lors, il me semble qu'un essai devrait être tenté, des cet automne, pour esturgeonner le lac Saint-Jean et ln série des Ines à fond
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vaseux, de proportions convenables au sujet, alimentés par de forts cours d'eau, qui constituent les sources des grandes rivières du nord, depuis le Labrador jusqu'au lac des Bois. Au point de vue économique et national, je crois que le peuplement des principaux lacs du nord,au moyen de l'esturgeon, sera excessivement favorable au développement de la colonisation et que c’est faire acte de patriotisme que de prendre des mesures dans ce sens.
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L'ESTURGEON SPATULAIRE
Le Polyodon-Feuille (Lacépède). — Paddle-Fish, Spatuaria (Shaw). Platirostra (Le Sueur). — Shoved nosed sturgeon (États-Unis). Bec-de-Rame (Canadien).
Polyodon veut dire michoire bien endentée : les branchies sont multiples, très minces, le bec spatulaire large et bombé : à la caudale, on compte de 12 à 20 fulcres, de moyenne grandeur. Le polyodon drague, à son profit, dans le Mississipi et ses principaux tributaires. On le rencontre dans les grands lacs, dont il doit occuper les bas-fonds dans leur plus grande profondeur, Autant qu'il me souvient, l'exemplaire unique que jai jamais vu de cet enfunt des ténèbres, qui figure sous sa forme naturelle, au Musée ichtyologique d'Ottawa, provient du lac Huron. Un navire y ayant sombré, des plongeurs essayèrent d'en pratiquer le renflouage. [ls descendirent dans des profondeurs écrasantes pour leur armure scaphandrique, atteignirent l'épave couchée sur un lit de vase d'où ils rapportèrent deux esturgeons spatulaires qui furent expédiés à Ottawa, à cause de leur étrangeté même, dont un seul se survit — mais enpaillé — l'autre ayant péri naturellement, rongé pur les vers
C'est à la fois un ganoïde et un chondrostôme, sans qu'il ait de scutelles prononcées comme ganoïde, sans qu'il se rapproche des sturioniens autrement que par la forme de son corps, la couleur et le grain sélacien de sa peau. Ni vous visitez le Musée d'Ottawa, arrêtez-vous devant la vitrine n° 199. Le sujet en vaut x peine. Ai-je besoin de répéter quil est unique au Canada ? Faut-il vous le décrire ? “ Couleur olive un peu pâle : opereule démesurément allongé en pointe, atteignant presque les ventrales ; spatule large : le prémaxillaire s'étendant bien in dela des yeux minuscules: peau chagrinée où à peu près, avee des fuleres rhomboïdes sur les côtés de la queue : ventrales rapprochées du milieu da corps: dorsale un peu en arrière de celles-ci, et plus grande qu'elle. taillées en courbe : les rayons des nageoires sont minces et les nageoires semblent formées d'un tissu de cordes filées ; isthme papillaire
chez les jeunes : la tête, y compris la spatule et les pointes operculaires, presque plus que la moitié de la longueur du corps : la tête seule n'est égale qu'à la cinquième partie.
La famille des polyontidés ne comprend que le genre spatulaire avec deux espèces, lu spatule (polyodon foliun) et le glaive (polyodon gladius),
“ L'espèce la plus anciennement connue, dit Brehmn, est la spatule étrange animal au corps allongé, un peu comprimé en arrière, au museau se prolongeant en un long rostre aplati, élargi à son extrémité et ressemblant exactement à l’ustensile d'où la bête a tiré son nom. [La bouche placée en dessous est largement fendue, les yeux sont très petits
“ L'autre espèce, dont les formes générales sont les mêmes, s'en distingue par le museau, à forme conique, ressemblant à une épée à large base, Les fulcres du bord supérieur de la caudale sont très développés et forment de grandes plaques. En dessus l'animal est d'un gris ardoisé bleuâtre Les nageoires sont d'un rose de chair.
“ Les deux espèces de polyodon ont une curieuse distribution géographique. La spatule est cantonnée dans le Mississipi, dans ses tributaires et dans les grands lacs du plateau central de l'Amérique du Nord. C'est dans le Heuve Bleu ou Vang-tsé-Kiang, ce large fleuve de la Chine, que vit le Gluire; c'est à Woosung, ville située sur le contluent du fleuve Bleu et de la rivière qui remonte à Shang-Haiï, que Von Martens qui à fait connaitre l'espèce, l'a trouvée chez un marchand de poisson confondue dans une même corbeille avee des cyprins de différentes espèces.
“ Le Glaive peut arriver à la taille de 20 pieds ; il est probable que son rostre, qui, sur l'animal en vie, est doué d’une grande flexibilité, lui sert à fouiller dans la vase et à en faire sortir ainsi les animaux dont 1l se nourrit ; le rôle du bee de la Sputule doit être le même ; car ct organe est merveilleusement disposé pour permettre à l'animal de remuer la vase.”
Sans être aussi délicate que celle de l'esturgeon, la chair du polyodon est néanmoins fort mangeuble, surtout lorsqu'il vit dans des eaux profondes et relativement froides.
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LE LÉPIDOSTÉ OSSEUX ou POISSON ARMÉ
Gar-Pikes.-Poissons armés (canadien-français).
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ESPÈCES. ...,,.... Le museau long et le museau court
Corps eylindrique montrant ses écailles osseuses rangées par de nombreux verticelles obliques : dorsale reculée sur l’anale, et sa caudale bordée par un rayon écailleux qui le fait ressembler au brochet ; tête petite, déprimée, yeux très grands, mâchoires étroites, très allongées, en forme de bec d’échassier, la supérieure un peu avancée. Tel est, d'un coup de plume, le portrait du lépidosté osseux, vulgairement appelé poisson urnre,
Sans être très répandu, le poisson urmé se trouve encore assez fréquemment, dans le bassin du fleuve Saint-Laurent, au pied des rapides, dans des remous, guettant tous les autres poissons, dont il est la terreur et qu'il pourchasse impitoyablement.
Sa chair, quoique de bon goût, lorsqu'il a atteint une certaine taille, est généralement dédaignée.
Longueur moyenne, de 3 à 4 pieds. Le poisson ariné est fort redouté des pêcheurs, car sa présence met tous les autres poissons en fuite. Aussi, est-ce une fête pour eux, une excellente aubaine, lorsqu'ils réussissent à le capturer.
Détiant à l'extrême, il ne mord qu'au vif, et encore faut-il que vous le péchiez dans une eau agitée qui l'empêche d’apercevoir la corde de votre ligne,
[me revient, qu'un jour, étant enfant, j'essayai de mille moyens pour memparer d'un de ces poissons que je prenais pour un brochet. Il était
à quelques pieds de moi seulement, Je lui otfris de tous les mets les plus succulents : des perches, des aprons, des gardons, ete. il n'en fit aucun cas. Irrité de ses dédains, et le voyant toujours immobile entre deux eaux, j'enroulai ma ligne autour de son corps, et donnant un coup sec, je le soulevai de plusieurs pieds hors de l’eau.
Croyez-vous qu'il fut etfrayé de cette tentative d'enlèvement ? Pas le moins du monde, Retombé dans son élément, il reprit sa place et son inmobilité. Je renouvelai mon assaut, mais sans plus de succès.
Je racontai cette aventure à un vieux pêcheur de nos voisins.
—Comment était-il fait ton brochet ? me demanda-t-il.
—]] était fait comme un autre brochet, seulement, il avait une hart d'au moins dix pouces de longueur dans la bouche,
Fire. 38. Le Lépisdosté osseux où Poisson arm,
Le brave homime se mit à rire, en me disant : * Tu aurais fait un bon coup, si tu avais pu le prendre, car c'est un poisson ariné
Plus tard, j'ai retrouvé le poisson armé dans des musées, je lai vu figurer dans l'antre des sorcières, des magiciens, des alchimistes, suspendu au plafond, à côté de crapauds, de chauves-souris et de sauriens, et l'année dernière, j'en ai vu capturer à la seine, dans l’anse de Papineauville, plus d'une douzaine d'un seul coup. Je me hâte d'ajouter qu'ils mesuraient quatre poures de longueur au plus. Pas n'est besoin de dire qu'ils n'ont
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aucun bocal, mais qui s'intéresse à ces curiosités ichtyologiques au Canada ? Le
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par hasard un visiteur s'y égare, il se hâte d'en déguerpir, sur le bout du
Pia le pied, se croyant dans un asile de mort, et craignant d'en réveiller les et son habitants,
Il y a trois ans, je préparai un catalogue élaboré des poissons de ce musée, avec leurs noms scientifiques, usuels et vulgaires, en diverses langues mortes ou vivantes ; je le soumis au ministre des pêcheries d'alors,
je hart en lui proposant de le faire imprimer avee addition de gravures représentant les spécimens empaillés. Le ministre me tit l'honneur de me féliciter de mon travail et s'empressa de me le renvoyer. Il est là, dans mes cartons, dormant dans la poussière, comme le musée lui-même. Quelle est la main généreuse qui leur appliquera une poussée pour les réveiller ?
“ Les lépidostidés, dit le Dr Sauvage, qui sont des ganoïdes holostés où à squelette osseux, comprennent des poissons au corps allongé, subeylindrique, ressemblant à celui du brochet, recouvert d'écailles osseuses, à surface émaillée, disposées en séries régulicres ; la dorsale, très reculée, est opposée à l’anale, et composée, ainsi que celle-ci, seulement de rayons articulés ; la queue est hétérocerque ou asymétrique ; toutes les nageoires sont gurnies de fulcres, ces petites écailles de forme particulière que nous avons dit être spéciales aux ganoïdes, Les rayons branchiostèges ne sont pas accompagnés de plaques osseuses. Les vertèbres Sarticulent entre elles comme chez la plupart des reptiles ; ces os présentent, en effet, en avant, une tête articulaire, et en arrière, une concavité correspondante. Le crâne a la forme d’une massue à base carrée et à manche allongé. La face offre cette particularité que les maxillaires supérieurs sont décomposés en une série de pièces allongées, articulées bout à bout.
‘ La vessie natatoire, divisée en deux parties latérales, présente des brides charnues entre les alvéoles de sa paroi, et s'ouvre par une fente longitudinale dans la partie supérieure du pharynx Cette vessie a été regardée par plusieurs anatomistes comme un appareil respiratoire, car l'ouverture csophagienne pourrait livrer passage à l'air extérieur, “ Un lépidosté, dit Poey, placé dans un bassin rempli d'eau, y restait en repos tout le jour : la respiration branchiale s’effectuait par un mouvement continuel et à peine visible de la mâchoire inférieure, et par un déplacement un peu plus apparent des opercules ; quarante mouvements respiratoires pouvaient être comptés par minute : huit fois environ ou douze fois par minute il venait à la surface respirer de l'air, et retournait
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aussitôt au fond du bassin, Une seconde après, une demi-douzaine de bulles d'air, dont quelques-unes assez grandes, s'échappaient par les ouies, L'air séjourne une seconde et quelquefois une seconde et demie dans la vessie, et ce temps est probablement suffisant pour l'absorption de l'air en vue du rôle qu'il est destiné à jouer et pour son rejet.”
La disposition de l'appareil respiratoire est, d'une manière générale, celle des poissons ordinaires ; il y x quatre arcs branchiaux portant chacun deux rangées de JTamelles vasculaires ; il n'existe point d'interopereule.
Les lépidostés sont cantonnés dans l'Amérique du Nord. D'après Agnssiz, et c'est une autorité fort respectable en la matière, “on le rencontre dans toutes les eaux du sud, à partir de lu Floride, jusqu'au Texas, dans le Mississipi et dans tous les grands affiuents de ce Heuve jusqu'à la latitude du lac Supérieur, qui cependant n'en possède point, dans tous les grands lacs moins septentrionaux du Canada et duns li Saint-Laurent.”
[y en a aussi dansles rivières et dans les lacs situés à l'ouest de l'Etat de New-York, et dont les eaux sont reçues par ce fleuve. Ils habitent également celles de la Pensylvanie occidentale, tributaires de l'Ohio, et celles qui se rendent à l'Atlantique, entre la baie de Chesapeake et li Floride.
Dans les Etats de la Nouvelle-Angleterre, à l'est du lac Champlain. les lépidostés manquent, ce qui est d'autant plus étonnant que. on remontant vers le nord, on les retrouve dans le Saint-Laurent, deja signalé comme étant une de leurs stations : en descendant vers le sud on constate leur présence dans le Delaware. Agassiz croyait, en IS50 qu'ils faisaient défaut à l'ouest des montagnes Rocheuses et dans l'Amérique centrale : mais depuis cette époque on en à trouvé une espèce près des côtes du Pacitique. Enfin, pour achever l'énumératio des régions du nouveau monde où ils vivent, j'ajoute qu'il y en à à Cuba.
“ Fait étrange, reprend Agassiz, les lépidostés, aujourd'hui cantonnes dans le nouveau monde, ont existé en Europe pendant l'époque tertiaire on en trouve d'assez abondants débris dans le terrain éocène, c'est-à-dire tertiaire inférieur du bassin de Paris, et ces débris indiquent un animal appartenant au genre lépidosté, A ln même époque, ce genre et des genres voisins vivaient dans les eaux douces de l'Amériq L:
est curieux de noter que les lépidostés ont con nn e vivre is nouveau continent, tandis qu'ils ont disparu ù monde.”
“ Le lépidosté osseux ou lépidosté gavial, d brehin, l'espèce lus anciennement connue, présente au plus hau uré les caractères que
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ARME 227 tête longue, au museau très étroit et etlilé, ayant une rangée de grandes dents aux mâchoires. La couleur tire sur le verdâtre dans les régions du dos, sur le jaunâtre le long des flancs, sur le rougeñtre sous le ventre ; les nageoires ont une coloration rougeñtre, La longueur de l'animal peut atteindre quatre pieds et demi.
‘ Les z0ologistes sont loin de s'entendre sur le nombre des espèces de lépidostés ; tandis que les uns n'admettent que quatre espèces, d'autres cataloguent jusqu'à trente espèces réparties dans trois genres, On comprend, dès lors, qu'il soit difficile de donner la répartition géographique exacte de ces espèces comprises d'une manière aussi différente.
De tous les poissons osseux, écrit Lacépède, les lépidostés sont ceux qui ont reçu les urmes défensives les plus sûres. Les écailles épaisses, dures et osseuses, dont toute leur surface est revêtue forment une cuirasse impénétrable à la dent de presque tous les habitants des eaux, comme l'enveloppe des ostraciens, les boucliers des acipensères, la carapace des tortues et la couverture des caïmans. À l'abri sous leur tégument privilégié, plus confiants dans leurs forces, plus hardis dans leurs attaques que les écoses, les synodes et les sphyrènes, avec lesquels ils ont de très grands rapports, ravagennt avec plus de sécurité le séjour qu'ils préférent, exerçant sur leurs victimes une tyrannie moins contestée, satisfaisant avec plus de facilité leurs appétits violents, ils sont bientôt devenus plus voraces et porteraient dans les eaux qu'ils habitent une dévastation à laquelle très peu de poissons pourraient se dérober, si ces mémes écailles défensives qui, par leur épaisseur et leur sûreté ajoutent à leur audace, ne diminuaient pas par leur grandeur et leur inflexibilité, la rapidité de leurs mouvements, la facilité de leurs évolutions, l'impétuosité de leurs élans et ne laissaient pas ainsi à leur proie quelque ressouree dans l'adresse, l'agilité et la fuite précipitée.
Mais cette même voracité les livre souvent entre les mains des ennemis qui les poursuivent: elle les force à mordre sans précaution à lhaunmecon préparé pour leur perte ; et cet effet de leur tendance naturelle à soutenir leu: existence leur est d'autant plus funeste par son exeès qu'ils sont très recherchés à cause de la bonté de leur chair.”
Cette description est certainement brillante, mais elle est loin d'être exacte, Lacépède n'ayant jamais observé les animaux dont il parle. 1 n'en est pas de même d'Agassiz, qui nous à laissé de précieux renseignements sur les lépidosteés,
“Ces animaux, dit Aganssiz, sont des poissons qui nagent avec une extréme rapidité ; ils se lancent comme une flèche à travers les eaux et lanchissent les courants les plus rapides, même eeux du Niagara, si violents cependant.”
En observant des jeunes lépidostés, Agassiz à vu que, par leurs mouvements, ces animaux offrent des analogies avec les reptiles, ce que pouvait faire prévoir le mode d’articulation de leurs vertèbres. “ Leur épine, dit-il, se montre plus flexible qu'elle ne l’est chez les poissons ordinaires ; fréquemment, pendant le repos, ils sont plus où runs infléchis, principalement vers la queue. L'éminent naturaliste à vu, au Niagara, un lépidosté mouvoir la tête librement sur le cou : comme celle d’un saurien, elle se penchait à droite, à gauche, en haut, et exécntait ainsi des mouvements qui ne peuvent avoir lieu chez aucun antre poisson.
Agassiz a également observé que les lépidostés prennent leur nourriture à la manière des reptiles et non comme les autres poissons qui, d'ordinaire, tiennent, pour la recevoir, la bouche largement ouverte et l’avalent aussitôt. Les lépidostés, au contraire, s’'appruchent de la proie qu’ils convoitent et arrivent près d'elle de côté, la saisissant par une attaque soudaine, puis la retiennent dans leurs mâchoires, la blessent à coups de dents répétés, à la manière des crocodiles, et lui donnent ainsi la position la plus convenable pour qu'ils puissent la déglutir : on voit la proie avancer dans les organes digestifs par suite des mouvements de déelutition.
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