‹ Les poissons d'eau douce et la piscicultureChapitre 2 sur 127 · LES · texte numérisé non relu

LES

ET

INTRODUCTION

La pisciculture, ou l'art d'élever des poissons, a été pratiquée dès la plus haute antiquité. Plus de deux mille ans avant notre ère, il existait en Chine des lois qui déterminaient les époques auxquelles on pouvait récolter les œufs de poissons, dans le hut de les faire éclore. A cette époque reculée, on appliquait déjà les procédés de la pisciculture artificielle telle qu'elle se pratique encore aujourd'hui dans ce pays.

Des étangs naturels et artificiels étaient exploités de tout temps aux Indes, en Perse, en Judée et en Egypte. La Grèce seule semble avoir fait exception, grâce à ses conditions géographiques. Selon le droit romain, la pêche des rivières était publique, et l'on ne pouvait assurer l'approvi-

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sionnement régulier des marchés et de la table des citoyens, qu'à la condition de parquer dans des viviers le poisson vivant pris dans les cours d'eau. Gela explique pourquoi les rustiques descendants de Romulus !, qui aimaient l'abondance en tout genre, non contents d'établir des viviers auprès de la plupart de leurs métairies2, peuplaient des lacs naturels en y jetant de la semence de poissons de mer. C'est ainsi que les lacs Vélin, Sabatin, Vulsinien et Girnin ont fini par produire en abondance des loups, des daurades et toutes les autres espèces de poissons de mer qui ont pu s'accoutumer à l'eau douce.

Plus tard, des réservoirs d'eau salée furent établis avec un faste inouï. Lucullus, qui possédait une villa à Tusculum. sur les bords du golfe de Naples, fit percer une montagne et construire un canal pour conduire l'eau de mer dans ses viviers, afin d'y élever des poissons3. A Baïa, il autorisa son architecte à dépenser toute sa fortune, s'il parvenait à alimenter régulièrement d'eau de mer une piscine qu'il y possédait. Le revenu de ces bassins d'élevage artificiel était très élevé. G. Hirrius, qui, le premier, établit des réservoirs à murènes pour son propre usagée, en retirait une rente annuelle de 120,000 francs. Un poisson coûtait autant qu'un esclave cuisinier, et ce der-

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