LA COLONISATION. H
d'une alimentation surabondante, elles sont réduites à dévorer leur propre frai. Il s'est établi une espèce d'équilibre, analoguie à celui qui existe dans lés rivières peuplées de percbes depuis long*temps. Le résultat final a été une diminution du produit de la pèche. En France, les perches ont dépeuplé les lacs des Vosges. Dans celui du Bourg*et, elles portent préjudice à la propag*ation du lavaret, dont elles dévorent le frai et les jeunes rejetons. Quand elles sont* trop nombreuses dans les étang*s, on dit qu'elles les brûlent.
Veut-on introduire dans des eaux peuplées d'espèces précieuses des poissons de qualité inférieure, qui doivent servir de nourriture aux premières, on ne saurait prendre assez de précautions. Dans les étang*s à truites, les tanches sont nuisibles, parce qu'elles leur enlèvent de la nourriture : elles consomment les vers et les insectes que les truites préfèrent comme aliment. Si mignon qu'il soit, le véron nuit à leur propagation en en dévorant le frai. M. Francis1 rapporte que des eaux à truites ont été complètement dépeuplées par l'introduction de ce petit poisson.
Lors donc qu'on veut introduire dans les rivières des espèces nouvelles, il faut en étudier les mœurs, et les choisir de telle façon qu'elles ne puissent nuire à celles qui sont indigènes; surtout si le produit de la pêche est satisfaisant, tant