‹ Les poissons d'eau douce et la piscicultureChapitre 5 sur 127 · C, LES POISSONS D'EAU DOUCE · texte numérisé non relu

C, LES POISSONS D'EAU DOUCE

En 1842, Joseph Remy, pêcheur à la Bresse, village situé dans les Vosges, près des sources de la Moselotte, fît ses premiers essais pour multiplier artificiellement les poissons, après avoir retrouvé, à force de patientes observations, les procédés publiés déjà par .lacobi quatre-vingts ans auparavant. Trop pauvre pour subvenir aux frais des installations nécessaires, Remy s'associa avec un aubergiste nommé Géhin pour exploiter l'invention. En 1848, M. de Quatrefages rappela le mémoire de Jacobi, ce qui motiva de la part de la Société d'émulation des Vosges, d'Épinal, une réclamation adressée à l'Académie des sciences, en faveur de Remv, dont le mérite fut reconnu en 1850. A ce moment, M. Goste, professeur d'embryogénie au Collège de France, dont la vive imagination avait saisi l'importance de cette découverte, s'en empara et la fit sienne. Le 14 mars 1852, le Moniteur universel publia le rapport qu'il adressa à l'Académie des sciences. A son intervention, Remy fut récompensé, et rétablissement de pisciculture du Lœchlebrunn, créé sur un bras du Rhin par l'initiative de MM. Berlhot et Detzem, ingénieurs des ponts et chaussées, fut agrandi, et remplacé plus tard à Rartenheim, par l'établissement dit de Huningue. Les publications enthousiastes de M. Goste, corroborées par les travaux de M. de Quatrefages et de divers membres distingués de la Société d'acclimatation, déterminèrent quelques person-

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nés à se livrer en France aux pratiques de la pisciculture artificielle. Ëllesjfurent encouragées par les distributions gratuites d'œufs et d'alevins, que l'établissement de Huningue, placé dans les attributions du service des travaux du Rhin, prodiguait largement à tous les demandeurs français et étrangers. Pendant les dernières années de l'administration française, le chiffre des distributions s'est élevé à vingt millions par an, uniquement pour les espèces qui se rattachent à la famille des salmonidés.

En Angleterre, l'esprit industriel transforma les pratiques de la nouvelle science en spéculation commerciale. Des associations se formèrent pour établir des manufactures de poissons, et les propriétaires des pêches cherchèrent à en développer artificiellement le produit. Dès 1854, MM. Ashworth placèrent 260,000 saumoneaux dans la rivière de Longhcorrib (Irlande). Un établissement particulier fut élevé près de Perth, sur le modèle de celui de Huningue, par les propriétaires de la pèche de la Tay. Enfin la Grande-Bretagne multiplia dans toutes ses rivières à saumons les échelles à poissons inventées par l'Irlandais Cooper, de Mackree-Castle '.

La Hollande, avec ses nombreux cours d'eau, ne pouvait pas ne pas participer au mouvement, et d'importants établissements pour la production

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