Frank Buckland, Nat. hist
n'environnaient pas toutes ces jeunes existences. Des essaims de poissons de toute espèce explorent continuellement les bas-fonds pour dévorer les œufs et les jeunes poissons qui viennent d'éclore. D'autres couples arrivent pour frayer et déposer leurs œufs à la même place. Ils détruisent l'ancienne frayère, découvrent les œufs en creusant leur nid, et les dévorent avec délices.
Quelques œufs ont échappé à la fécondation, d'autres ne sont pas recouverts de gravier et sont entraînés par les eaux. Des crues emportent les frayèrps ou les couvrent de vase qui étouffe les embryons, ou bien encore elles rendent la ponte impossible. La baisse des eaux met les œufs à sec et les fait périr. Puis arrivent les oiseaux pêcheurs, les dytiques, les larves des éphémères, les rats d'eau et d'autres destructeurs, qui accomplissent leur œuvre pendant la ]ong*ue durée de l'incubation. A considérer toutes ces causes de perte, qui s'ajoutent à l'effet d'une pêche sans trêve, il n'est pas étonnant de voir décliner rapidement la population des cours d'eau ; il faut admirer plutôt que la truite n'en ait pas complètement disparu.