‹ Les poissons d'eau douce et la piscicultureChapitre 67 sur 127 · CHOIX DES REPRODUCTEURS · texte numérisé non relu

CHOIX DES REPRODUCTEURS

Le succès des opérations de la pisciculture artificielle dépend en grande partie du choix des reproducteurs. On n'emploiera que des poissons sains, de belles formes, pas trop gras, et on rejettera impitoyablement tous les sujets qui présentent le moindre défaut. Il est essentiel que les œufs soient complètement mûrs aussi bien que la laitance, et qu'ils ne soient pas gâtés par suite d'un retard apporté à la parturition. Fécondations trop hâtives ou trop retardées, dans les deux cas, on n'obtient que des résultats imparfaits. Là où des pêches abondantes fournissent un grand nombre de femelles mûres, comme c'est le cas pour les aloses, les ombres chevaliers, les truites des lacs et les corégones, il est facile de se procurer sur place un gTand nombre d'œufs fécondés. On peut même se servir des poissons morts pendant la pêche, parce que les œufs, ainsi que la laitance, conservent pendant plusieurs jours leurs facultés de reproduction, à condition de rester dans l'intérieur du poisson.

Il est moins aisé de se procurer des œufs fécondés de saumon et de truites de rivière, et il arrive parfois que la laitance manque, surtout à la fin de la saison des amours, quand les mâles, en nombre insuffisant, se sont prématurément épuisés f. Dans les contrées où l'on a pratiqué la fécondation artificielle pour le peuplement des eaux, ce sont plutôt les femelles qui font défaut. En Angleterre, on prend souvent 7 à 8 mâles pour une femelle, et en Bohême la proportion atteint le double 2. La rareté croissante des femelles a été constatée aussi dans le lac de Zurich, dont le peuplement artificiel est l'objet des soins de l'établissement de pisciculture de Meilen, fondé depuis plus de vingt ans.

On ag^ira donc sagement en capturant le poisson avant l'époque de la fraie, et en le conservant dans des viviers fortement alimentés d'eau fraîche et pure, jusqu'à l'heure propice pour la fécondation. Les gros saumons sont attachés quelquefois dans les eaux où on les a pris, au moyen d'une corde passée à travers les ouïes, et conservés vivants pendant plusieurs semaines. Les reproducteurs de truites sont placés dans des viviers spéciaux, à fond lisse et exempt de gravier, où on vient les examiner de temps en temps. Pour peu qu'il y ait de gravier sur le sol du vivier, les truites mûres se mettent à frayer et les

i. Frank Buckland, Fish hatchiny, p. 292. 2. Fric, loc. cit., p. 6.

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