‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 104 sur 132 · LAMPROIES · texte numérisé non relu

LAMPROIES

ül9

espèces différentes, deux types de genres, dans le.s individus de la Lamproie de i’ianer, les uns à l’état adulte, les autres è l'état

Fiy. 139. La larve ou Atmw^eéte de la Lamproie de IManer, de grandeur riatu* relie, vue en partie du dos. Fig. MO. Portion anterieure de la même, un peu gro.ssie, vue en partie de la face ventrale. — Ftg. Ml. Partie posté> rieure de la même, vue de proül.

S2(i IIISTOÏKK IVUlTICn.lÉHI-; ItKS POISSONS, de lar\e, jii.^qu’aii jour où furent suivis pas à pas les chanpemonls qui se manifestent lorsque ranimai passe de l’état de larve il l'état adulte.

La Lamproie de Planer à l'état de larve, c'est l’.Ainmoeèle branchiale {Ammocwles brancliinlis) d'une foule d'auteurs, le Lamprillon des pécheurs.

Lorsque la Lamproie n’a pas encore subi ses métamorphoses, lorsqu’elle est à l’état A’ Ammocète, elle diffère siiipulièrement de l’adulte. Son cor]ts au moment où elle a pris sa croissance entière n’est pas moins long, mais il est moins cylindrique ; sa bouche n’est pas arrondie, elle affecte la forme d’un fer à cheval, la lèvre inférieure formant une saillie en avant, et cette bouche est complètement dé[)ourvue de dents, lairsque cette larve commence à subir les changements qui vont l’amener à l'état de Lamproie, on voit la bouche qui commence à devenir plus circulaire; les lèvres prennent davantage la forme de bourrelets; l'œil peu distinct chez la larve et comme voilé devient plus apparent. La bouche s’arrondit enfin d’une manière à peu près complète; les dents paraissent, d’abord fort petites, mais elles acquièrent rapidement la forme et le volume qui les caractérisent chez l’adulte ; la peau devient plus argentée ; les orifices hranchiauv se garnissent d’un rebord en saillie comme celui d’une boutonnière. Hien de plus facile que de suivre jour par jour ces changements, si l’oii est en situation d’observer des .\mmocètes ou larves de Lamproies arrivées au temps de leurs métamorphoses.

La Lamproie de Planer passe au moins deux années à l’étal de larve ou A' Ammocète ; ce n’est qu’à sa troisième année, quelquefois peut-être au début de sa quatrième année d'existence, que sa métamorphose s’accomplit. Les Lamrpoies parvenues à

LAMPHOIKS.

Métninorphoses de la Lamproie de Planer {Pttromyzon PînHeri).

t'iy. 142. Portion antérieure de la larve {Ammocufet branchiaUs) vue de pro fil. — Fuj. 143. La mémo partie vue en dessous. — Fig. t4l. Portion antérieure d'une larve plus âgée où les yeux commencent à apparaître. — Fig. MS. La meme vue en dessous. — Fig. 14C. Portion aniérieure » vue de profil, d'une jeune Lamproie dont l’appareil dentaire est encore incomplëtement développé. — Fig. 147. La même vue en dessous. Fig. MR. Portion antérieure, vue de profil, d'une Lamproie aduKe \pfbnmyvm Planerp. — Fig. 149. La jnéme vue en dessous.

Digilized by Coogle

322 IIISTOIHF. PART ICI I.l É UE DES POISSONS, lieu pendant les mois de mars et d’avril. ‘Elles périssent sans doute bientôt après cet acte accompli, car elles ne tardent pas à disparaître des eaux où l’on continue à trouver des .\mmocètes. Ces faits constatés [tour la première fois, il y a une dizaine d’années, par M. Auguste Müller, et aujourd’hui hors de doute, forment un intéressant chapitre dans l’histoire du développement des animaux vertébrés.

Les Lstmproics, à l’état adulte, s’agitent beaucoup, cherchent leur proie, ne redoutent en rien la lumière; à l’état de larves, elles se cachent dans les endroits obscurs, sous les pierres, dans la vase, et redoutent le grand jour ; elles ne peuvent vivre que des corpuscules qui leur sont apportés par le courant, leur bouche ne leur permettant pas d’o;térer encore une véritable succion.

Un double iuti'rôt s’attacherait à la constatation exacte de la population de chaque grand cours d’eau et de ses tributaires, à la connaissance rigoureuse delà faune ichthyologique de chaque département. D’un côté, il y aurait à recueillir des enseignements propres à répandre une certaine lumière surles questions relatives à la distribution géographique des êtres, si l’on était absolument fixé, dans tous les cas, sur les localités que fréquentent nos Poissons dans les différentes parties de la France. D'un autre côté, pour une appréciation juste des ressources alimentaires que peuvent fournir nos divisions territoriales, on trouverait de précieux éléments dans l’inventaire scrupuleusement dressé des produits de la pêche pour tous les Poissons de la France.

Ce qui importe donc avant tout, c’est de voir comment sont peuplés nos lacs, nos fleuves et nos rivières sur les divers points de leur parcours. Mais cet examen n’est pas sans quelque difficulté. Aucune région de la France ne se trouve ni rigoureusement délimitée, ni caractérisée par un nombre bien notable d’espèces particulières. Les statistiques de la pêche fluviale nous font encore presque entièrement défaut. C’est presque uniquement d’après nos propres études, et d'après des observations de

S2* HISTOlIll'; l'AHTICL'LltRK DKS POISSONS.

M. Millet, relatives aux Poissons voyageurs *, que nous sommes en mesure tic présenter un aperçu de la distribution des Poissons dans les eaux douces de la France. C'est la première fois que l’on tente d'éUiblir une comparaison entre les faunes iehlbyologiques des princiitalcs régions di' notre |wtys; le cadre tracé, il pourrait être assez promptement rempli, si tous les naturalistes, si tous les observateurs disséminés dans nos départements, \oulaient s’attacher, sur les lieux, à constater la présence des esjièees qui s’y trouvent, à noter leur degré d’abondance ou de rareté et à consigner ensuite les résultats de leurs opérations.

Dans la situation présente, on est conduit [lour l’examen comparatif des régions habitées par nos diverses espèces de Poissons, à adopter les principales disisions généralement admises, du jVor«?,de l’/ist, du Centre, du Siul-Est et du Sud-Ouest et à tracer en outre quelques subdivisions.

Beaucoup d’espèces de Poissons ont une vaste distribution géographique, qui s’étend, non-seulement à la France entière, mais encore à la plus grande partie de l’Europe. Ces espèces, dans la plupart des cas, ne peuventdonner lieu à aucune mention spéciale.

.\insi, la Truite commune est répandue à j>eu près partout où il va des eaux limpides. Une statistique fidèle de la quantité de ce Poisson, que chaque département fournit annuellement à la consommation, contribueraiteertaineraent àfaire reconnaître

' M. Millet, iiujieclcur des forêts, a eu l'obligeance de me communiquer un tableau tort bien fait, sur lequel il a noté avec un grand soin d'après tous les renseignements qu’il a pu recueillir, 1a présence ou l'absence du Saumon, de la rriiile, de l'Ombre commune, de l'Alose et de la grande laimproie dans diaque départcinciit.

DISTRI BI TIO.N DKS POISSONS, ETC. 325

beaiiToup (]p moyens d’augmenter un produit d’une assez grande valeur.

La Perche se trouve au Sud comme au Nord, à l’Ouest commeà l'Est, dans les eaux des plaines et des montagnes. Il en est de môme du Chabot (Co/OwÿoAîo) et de la Ijoche franche ; ces Poissons semblent être partout où il y a des ruisseaux tranquilles et herbus. Parmi les Cypriuides, le Barbeau commun, le Goujon, la Tanche, l’.Vblette commune, la Rotengle,le Gardon, la Chevaine commune, sont des habitants de la plupart des eaux de la France. Il eu est ainsi i>our le Brochet, pourl’.Vnguille, et nous n’avons actuellement aucun moyen d'indiquer avec certitude le degré d’abondance ou de rareté de ces Poissons dans les différentes localités.

Une connaissance des faunes de nos départements de l’Est et du Nord, plus complète que celle des faunes de l’Ouest et du Midi, nous conduit à porter en premier lieu notre examen sur les contrées qui avoisinent la Belgique et l’.\llemague.

Le pays traversé par le Rhin, arrosé par l’Ill, la Meuse, la Meurthe, la Moselle et leurs affluents, appelle l’attention, tout k la fois par l’importance do ses cours d’eau et parles rap|Kirts que leur pop\dation offre avec celle des fleuves et des rivières de r.\llemague. C'est la région comprenant l’Alsace, les Vosges, la Lorraine et les Ardennes, où le caractère de la faune du Nord devient très-prononcé. Ce sera la région Est-Nord.

Commençons notre revue des Poissons vivant dans chaque contn'e par les espèces considérées comme les plus imijortantes.

Les Salmonidés apparaissent en première ligne.

Le Saumon se montre dans presque toutes les eaux de la région Est-Nord. Il remonte le Rhin beaucoup plus haut que Colmar, il s'engage dans les rivières des Vosges et vient frayer

inSTOlKE l'AHTICl LlÈRK DES l'OISSO.NS.

jusqu’à Arclicttes, àf) kilomètres environ au-dessus d'Épinal ‘ ; il entre ésaleinent dans la Moselle et dans la Meuse, mais en très-petit nombre. On assure ne l’avoir jamais vu dans l’Ornain.

C’est évidemment par erreur que rOmble-Clievalier a été cité comme ayant été pris dans la Moselle.

La Truite commune est abondante dans une foule de localités de l’Alsace, des Vosges, de la Lorraine et même des Ardennes. Nous pensons (pie la Truite de mer remonte à peu près tous les cours d’eau où l’on voit le Saumon et sans doute d’autres encore ; mais cette espèce n’étant pas toujours bien distinguée de la précédente, il serait diflicile dans l'état actuel de signaler les eaux qu’elle recherche et celles où on ne la rencontre pas.

L'Ombre est un Salmonide assez répandu dans nos départements de l’Est ; il existe dans le Rhin, dans plusieurs rivières des Vosges, dans la Chiers, da nsia Crimes, quelquefois dans la Moselle, la Meui-tlie, la Meuse. Je ne le vois nulle part indiqué comme ayant été pêché dans le département du Haut-Rhin.

On piVhe r.Alose dans les grands cours d’eau où se rendent les Saumons, mais elle s’engage moins souvent que ce dernier dans les petites rivières. Ou la prend abondamment dans le Rhin, dans la Moselle, la Meurthe, la Meuse, etc.

l'armi les Percides : la Perche, qui n’est jias rare dans les rivières, est très-répandue dans les lacs des Vosges où elle a pris une physionomie particulière.

Dans la grande famille des Cyprinides, nous comptons quelques espèces, sinon particulières à la région Est-Nord, du moins plus ordinaires dans cette contrée qu’aillinirs et représentant en quelque sorte des formes ichthvologiqiies qui ap-

' D'après les note.s de M. Millet.

Dig ■ ' by GoOgU

Page 1