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soixante et quelques années, on ne songea plus à lire le Traité des pèches de Duhamel, véritable ouvrage classique pour la matière. Personne, semble-t-il, ne se souvint de la fécondation artificielle comme moyen d’élever des Poissons. Ainsi qu’il arrive toujours on pareille circonstance, la découverte étant faite à nouveau, les observations anciennes étant alors recueillies, ce devait être merveille de voir paraître les réclamations et les revendications.
Le XVIII* siècle fini, les succès obtenus à Noterlem, pour ta multiplication des Truites et des Saumons, n’ont pas laissé le moindre souvenir. Si le chevalier Joseph Dufalini, de Cesena, a réussi à féconder artificiellement plusieurs Poissons, il n’a rien eu en vue, de plus que de renouveler une expérience de Spallanzani ‘.
§ 5. — La Pisclcnltnre d«pnia le commencement du X1X° siècle Jusqu'à l'époque actuelle.
La première périodede notresiècle ne put être favorable au développement de l’industrie. Après les retentissants orages de la révolution française, la guerre est presque la seule occupation de l’Europe. Bien des choses que l’on savait au xviii* siècle, en France, en Italie,en Alleraagne,en .Vngleterre, étaient perdue^ au commencement du xix*. Le calme revenu, on avait presque tout à rapprendre, et ceci explique comment une pratique vulgaire soixante ans auparavant, une pratique dont on donnait, sans en omettre le moindre détail, des descriptions dans les cours publics de notre Muséum, n’avait pas laissé le plus léger souvenir.
' Oputcoli scelli di Milano, I. .\V, onno 1701 ; cl Vie littéraire de S/mIlaneani, par Tourdes, p. 63.
En 1837, un naturaliste anglais, John Shaw, pratiqua la fécondation artiQcielledes œufs d’un Saumon, dont il obtint aisément les jeunes, et le résultat de l’expérience a été consigné dans un Mémoire relatif à la propagation du Saumon.
Mais cette fécondation artificielle, citée de nos jours, comme une découverte presque complète, tout le monde en avait l’idée et trouvait sans peine le moyen de l’exécuter. Si l’on pouvait se procurer la liste de tous ceux qui en ont fait la découverte., la liste, certainement, serait longue. Mais il y a des gens simples, qui s’amusent ou se rendent utiles sans songer à faire de bruit.
En 1820, MM.' Hivert et Pilachon , deux habitants de la Haute-Marne, fécondaient, paralt-il, des œufs de Truites, ils faisaient éclore les œufe, transportaient les alevins dans les ruisseaux qu’ils voulaient empoissonner.
Ces pratiques étaient même assez répandues dans les départements de la Côte-d’Or et de la Haute-Marne, rapporte M. de Montgaudry. A ses yeux, « la pisciculture, qui est arrivée des « Vosges en dernier lieu, pourrait très-bien avoir fait son édu- « cation dans les départements de la Côte-d’Or et de la Hautc- « Marne *. » Des renseignements recueillis sur les lieu.v par M. Jmirdier confirment cette opinion *.
Au reste, la fécondation artificielle n’est évidemmentqucd’une importance secondaire pour la pisciculture. Le premier en France, qui, dans notre siècle , ait sérieusement appelé l’attention sur la nécessité de faire des études relatives aux moyens de multiplier les Poissons est le baron de Rivière. Il a insisté particulièrement sur les avantages que l’on obtiendrait en recuoil-
’ Bulletin de la Société looloÿique d'acclimatation, t. I, p. 80 ; 185».
' Jourdier, Traité de piteiculture,^. IS.
PISCICULTURE MODERNE
lanl au printemps les jeunes Anguilles à l’embouehure des fleuves, pour les distribuer en proportion convenable dans les diverses eaux de la France, ajoutant qu’il « n’est pas de mare K fangeuse, pas de fosse vaseuse couverte de quelques centi- « mètres d’eau, où l’on ne puisse nourrir des Anguilles » Hien de plus vrai, et cependant le baron de Rivière, lui, qui a imaginé ce mot de pisciculture, dont l’usage s’est tant propagé de nos jours, ne réussit pas à éveiller l’intérêt.
Il est dans l’histoire de la Pisciculture moderne un petit événement qui seproduisitsans bruiten 1844 dans le département des Vosges, et auquel on donna, cinq ou six ans plus tard, un retentissement extrême et des proportions tant soit peu exagérées. Ce petit événement, il faut le reconnaître, a exercé une influence marquée sur le mouvement qui ne tarda pas à se dessiner avec une sorte de fracas.
Un pécheur de La Bresse, commune de l’arrondissement de Hemiremont, située dans la partie la plus élevée du canton de Saulxures, Joseph Rémy, avait vu la Truite, autrefois commune dans les ruisseaux de ses montagnes, diminuer de façon à porter un grave préjudice à son industrie. Les rivières et les ruisseaux avaient été dépeuplés dans les Vosges pendent la longue sécheresse de 1842. L’humble pêcheur, homme de tact, doué d'un certain esprit d’observation, comme l’aditson jianégyriste, le ü' Haxo, ayant épié avec intelligence les habitudes de la Truite au moment de frayer, en arriva à l’idée de la fécondation artificielle et la mit en pratique, comme elle l’avait été tant de fois, conune elle devait l’être de nos jours, sur une bien plus vaste échelle. Rémy, chagrin de ne savoir pas tirerun parti avantageux
' Considirations sur les Poùsons et parlicuUèrement sur les Anguilles . — Mémoires de la Société royale et centrale d'Ayriculture, année 1840.
j-4 IIISTOIKE ÉCONOMIÜl’K DES POISSONS, de ce qu’il regardait comme son secret, se trouvant malade, confia le secret It raubergislc chez lequel il allait prendre ses repas, Antoine Gthin. Celui-ci devint pour lui un collaborateur intelligent et plein de zèle, il se fit pécheur, il se fit pisciculteur. Les noms de Rémy et de Géhin- ne devaient plus désormais être séparés. 11 fallait réussir fi éveiller l'intérét de quelques personnes notables ; nos deux pauvres associés rencontrèrent, sous ce rap|K)rt, des difficultés commeils’en rencontre' inévitablement pour tous ceux dont la position est modeste, ils parvinrent cependant à leur but, au moins jusqu’à un certain IKtint, carM. Mansion, inspecteur des écoles primaires des Vosges, à la suite d’une tournée où il avait pris désinformations, communiqua à la Société d'émulation, les renseignements qu’il avait recueillis. La Société des Vosges, il faut le dire bien haut, à sa louange, s’occupa aussitôt de la question. Dans un rapport de .M. Sarrazin, sur les récompenses accordées à l’agriculture et à l’industrie par la Société d’émulation ‘, les pnv cédés de Rémy et Géhin sont décrits. M. Micard, garde général des forêts, avait favorisé les premiers essais de Rémy en lui donnant la facilité de pécher, même en temps de frai, dans les ruisseaux des forêts *.
Malgré le Mémoire de John Shaw, malgré les résultats don tse vantait, en Angleterre, M.Boccius, malgré les expériences heureuses de Rémy et Géhin, encouragées par la Société d’émulation des Vosges, tout dormait encore. IjCS succès de ces hommes adonnés avec plus ou moins d’ardaur à la multiplication des Poissons, n’avaient pas retenti plus loin que le murmure des rivières et des ruisseaux devenus le théâtre de leurs exploits.
' Annales de ta SociiU d’émulation des Vosges, t. V, p. 301 ; IS44.
* D'après une communication de l’administration des Forêts.
PISCICLLTL’RE MODERNE. STS
Mais le 23 octobre 1848, M. de Quatrefages, qui sait comment s’y prennent les naturalistes pour avoir des œufs fécondés quand ils veulent étudier le développement de certains animaux; M. de Quatrefages, qui a répéché la communication du comte de Goldstein, lit à l’Académie des sciences, nn Mémoire dont le but est démontrer que les fécondations artificielles feraient disparaître toutes les causes de destruction des œufs de Poissons. « Si « je ne me trompe, disait l’auteur, il y a, dans ce procédé, les <r indications nécessaires pour donner naissance à une indus- « trie toute nouvelle, au moins en France. »
La lecture de M. de Quatrefages, à l'Académie des sciences, reproduite ou mentionnée par divers journaux , produisit l’effet de la fusée projetée bien haut, dans l’air, annonçant le commencement de l’action. Tout le monde, à partir de ce moment, songea aux fécondations artificielles et fonda les plus brillantes espérances sur la nouvelle Pisciculture.
Cependant la communication de M. de Quatrefages à I Wcadémie des sciences eut encore besoin de plus de quatre mois pour parvenir jusqu’à Épinal, siège de cette Société d’émulation des Vosges qui avait fort judicieusement encouragé les travaux de Rémy et Géhin. Le 2 mars 1849, le secrétaire de la Société, longtemps très-peu empressé de propager la connaissance de la découverte des deux pécheurs deLa Bresse, écrit à l’Académie pour lui annoncer que M. de Quatrefages a été devancé dans l’idée d’empoissonner les eaux au moyen de la fécondation artificielle par deux hommes ingénieux, qui ont reçu à Épinal, en 1844, une marque d’estime parfaitement méritée.
Lorsqu’un retentissement remarquable ayant pour objet les succès de Rémy et Géhin dans la propagation des Truites, se produisit, après un silence de plusieurs années, un ingénieur
anglais, habitant de Hammersmilh, prés Londres, M. Gottlieb Boccius, s’annonça comme ayant beaucoup devancé nos pécheurs des Vosges dans l’idée de repeupler les rivières à l’aide de la fécondation artificielle. M. Boccius vint en France vers 18.o0, et les naluralisles qui reçurent sa visite à cette époque n’auront certes pas oublié de quels prodigieux résultats obtenus, se vantait l'ingénieur anglais. Il s’attribuait le mérite d’avoir mis en pratique la fécondation artificielle sur une immense échelle et d’en avoir signalé tous les avantages dès l’année 1841, et cette date acceptée avec trop de confiance se trouve consignée dans plusieurs écrits relatifs à la pisciculture *. La date est absolument inexacte. M. Boccius a publié, il est vrai, en 1841, un petit Traité sur l'élève des poissons d’eau douce en vue d’en faire une source de profit pour les propriétaires territoriaux mais dans cet opuscule, qui, du reste, n’est pas sans intérêt, il n’est quc.stiorç d’autre chose que des dispositions et des soins à donner aux étangs. C’est en 1848, quatre années après le rapport do la Société d’émulation des Vosges sur les travaux de llémy et Géhin, que l’auteur a mis au jour un second écrit dans lequel il s’attache h montrer, à côté des causes de la dépopulation des rivières, l’utilité de la ponte, de la fécondation et de l'éducation artificielles pour remédier à un mal toujours croissant
Malgré la situation politique passablement agitée à cette époque, ému par les promesses que l'on faisait retentir d’une
’ Voyez nolammpDt : Coste, Inslruction% pratiques sur la pisciculture, 2' édit., p. 13; 1856.
’ A Treatise on the management of Fresh-Water-Fish , tvith a view to making them a source of profit to landed proprietors, London, in-8“, 1841 .
’ A Treatise on the production and management of Fish in FreshAVaters by arlificial spawning, breeding and rearing, etc. London, 1848.
• PISCICL'LTLRE MODERNE. 377
augmentation facile et rapide de la quantité de substances alimentaires en procédant au repeuplement des eaux de la France à l'aide des muveaux procédés de pisciculture, le gouvernement se préoccupa bientôt d’une question aussi importante pour le pays. Un de nos savants les plus illustres, M. Dumas, se trouvait alors à la tête du Ministère de l’agriculture et du commerce. Le ministre chargea le naturaliste le plus autorisé, M. Milne Edwards, de se livrer à un examen propre à üxer l’opinion « sur la valeur des divers essais faits depuis quelque temps, soit en France, soit en Angleterre, pour assurer la multiplication du Poisson dans les étangs et rivières, et pour augmenter les produits de la pêche fluviatile. » Après s’être rendu compte sur les lieux mêmes des résultats déjà obtenus, M. Milne Edwards adressa un rapport au Ministre à la date du 20 août 1850. Dans cet écrit, où sont rappelés d’abord les travaux de Jacobi et le recours aux fécondations artificielles si fréquent de la part des zoologistes adonnés à des recherches sur le développement des animaux, les opérations et les succès de Rémy et Géhin sont appréciés avec l’intérêt le plus marqué', « car, dit M. Milne Edwards, ces pauvres paysans de La Bresse Il paraissent avoir été les premiers à faire chez nous l’applica- II tion des fécondations artificielles à l’élève dû Poisson, et ils Il ont le mérite d’avoir créé ainsi en France une industrie nou-
« velle Ayant constaté, par une longue suite d’observa-
II tions, le mode de reproduction de la Truite, et s’étant assurés Il de la possibilité d’opérer à volonté la fécondation de ses œufs, « ils se sont appliqués à multiplier ce Poisson pour en repeupler « les ruisseaux de leur canton. Le succès est venu couronner Il leurs efforts, el, malgré la faiblesse des ressources dont ils Il pouvaient disposer et les difficultés de toutes sortes qu’ils
Blancbabd. s 7
H rencontrèrent , ils ont obtenu des succès considérables.
B Ainsi ils ont empoissonné, avec de jeunes Truites obtenues B au moyen de la fécondation artificielle, deux ètanjrs situés à a peu de distance du village de La Bresse, où ils habitent, et une B de ces réserves a fourni l’année dernière environ 1 ,200 Truites a figées de deux ans. MM. Géhin et Rémy évaluent à environ B .^0,000 le nombre de jeunes individus qu’ils ont lâchés dans B la Moselotte, petite rivière qui passe à La Bresse et se jette a dans la Moselle, près de Remiremont ; ils ont rais en pratique B leurs procédés d’empoissonnement dans plusieurs. autres loca- B lités du même canton, ainsi que le constatent diverses pièces B fournies par les autorités de Saulxurc, de Gomiraont et de B Gérardmer. Enfin M. Kientry, maire de Waldestein, dans le B département du Haut-Rhin, les a chargés de rejieupler le B cours d’eau de sa commune, et cet administrateur habile as- B sure qu’ils ont parfaitement réussi.
B J’ajouterai que, voulant se rendre aussi utiles que possible, B nos pécheurs n’ont jamais fait mystère de leurs procédés et B y ont initié tous ceux qui leur témoignaient le désir de se li- B \rer à des expériences analogues. »
Passant ensuite aux procédés mis en usage par Réray et Géhin, M. Milne'Edwards en fait une énumération détaillée. 11 signale l’utilité, pour fournir aux jeunes Truites une nourriture abondante et appropriée à leurs besoins, de laisser ou d’introduire quelques grenouilles dans les eaux où elles se tiennent, car le frai de ces Batraciens est un aliment qu’elles recherchent avec avidité, e,t les têtards constituent aussi une excellente pâture pour les Truites plus avancées en fige.
B Lorsque les petites Truites que l’on élève de la sorte, pour- B suit M. Milne Edwards, sont destinées à servir de suite à
. PISCICl'LTLRE MODEH.NE. 579.
« l’empoissonnement d’une rivière, il faut les placer dans les B ruisseaux tributaires de celles-ci et choisir les cours d’eau qui B bouillonnent sur un fond de cailloux ou de rochers.
« Amesureque ces Poissons grandissent, ilsdescendent spon- B tanèment vers les eaux plus profondes, et n’y arrivent que B lorsqu’ils sont déjà assez agiles pour avoir des chances de se
B soustraire aux ennemis qu’ils y rencontrent Lorsque
U c’est dans des étangs ou des viviers qu’on veut les élever, il B faut aussi avoir la précaution de séparer complètement les B produits de chaque année, car les grosses Truites dévorent B les petites, et, pour éviter cette cause de destruction, il faut B que tous les individus aient le même âge.
B Les travaux de MM. Géhin et Rémy me semblent d’autant B plus dignes d’encouragements qué le succès ne peut donner B que peu ou point de profit à ces deux hommes dévoués et ac- B tifs, mais contribuera à accroître les ressources alimentaires B dont les populations riveraines ont la disposition.
B Ce ne serait môme qu’en considérant les opérations d em- B poissonnement comme des travaux d'utilité publique, et en les B faisant exécuter aux frais de l’État, qu’on pourrait espérer B donner une importance réelle à nos pêches fluviatiles; mais,
B en y consacrant des fonds môme très-faibles, on arriverait, je B n’en doute pas, à des résultats importants pour le pays.
a Si les procédés d’empoissonnement pratiqués par MM. Rémy a et Géhin n’étaient applicables qu’à la Truite et à quelques B autres Poissons d’un produit faible, je n’y accorderais pas a tout l'intérêt que j’y attache; mais on peut l’employer pour B l’élève du Saumon, et je suis convaincu qu’il serait facile de B rendre ainsi à nos rivières de Bretagne les richesses ichthyo- B logiques qui tendent à en disparaître, et môme d’alimenter
« le Saumon dans des fleuves qui, jusqu’ici, n’ont été que peu « ou point fréquentés par ce Poisson. »
M. Milne Edwards insiste en dernier lieu sur la facilité avec laquelle peut s’effectuer le transport des œufs fécondés, sur l’utilité de la propagation de diverses espèces de Poissons, et il conclut ainsi :
« L’empoissonnement de nos rivières serait une opération « d’utilité publique ; ce serait donc, ce me semble, àl’Étatqu’im- « comberait le soin d’y pourvoir. Des essais de ce genre, faits « sur une grande échelle, mais conduits avec sagesse et confiés « à des hommes intelligents, n'entraîneraient pas à de fortes « dépenses et pourraient conduire à des résultats importants. « Si vous jugiez convenable d’en faire exécuter, vous trouveriez (t dans les deux pêcheurs de La Bresse dont je viens d’avoir M l’honneur de vous entretenir. Monsieur le Ministre, des agents « capables et zélés, et j’ajouterai que les charger de ce travail « serait, ce me semble, la meilleure récompense que le Gouver- « nement pût leur accorder.
« Du reste, une entreprise pareille nécessiterait des études « préliminaires sérieuses et soulèverait plusieurs questions pour « la solution desquelles le concours de l’administration des eaux « et forêts serait nécessaire, ainsi que les lumières des natura- « listes, et peut-être serait-il bon d’en charger une commission « mixte *. »
Nous avons voulu citer textuellement les principaux passages du Rapport de M. Milne Edwards. En historien fidèle, nous devions rapporter où en était la question relative à la pisciculture
' Rapport sur r empoissonnement des rivières, — Ministère de l'agriculture et du commerce. — Commission de pisciculture. — Travaux et Rapports. — Annales des sciences naturelles, 3‘ série, t. XIV, p. 53 ; 1850.
Digitizei
Ciooglt
PISCICULTURE MODERNE
en 18j0; montrer avec quelle justice étaient exposés les mérites des deux humbles pêcheurs devenus célèbres; avec quelle sagesse étaient donnés les conseils; avec quelle réserve étaient indiquées les espérances qu’on était en droit de concevoir pour ra\enir. Cette sagesse et cette réserve se sont trouvées Justifiées par les résultats obtenus depuis cette époque, c’est-à-dire dans l'espace de plus de quinze ans.
Conformément au voeu exprimé par M. Milnc Edwards, une ' commission fut nommée par un arrêté dit minisire de l’agriculture et du commerce en date du 28 septembre 1850 ’.
« Vu, disait cet arrêté, le rapport de M. Milne Edwards, du 2(i août, sur les travaux de MM. Géhin et Rémy, du département des Vosges, relatif à la fécondation artificielle des Poissons; considérant l’utilité de répandre et de généraliser autant que possible cette décou verte, arrête : une Commission est formée près du département de l’Agriculture et du commerce pour aviser aux moyens de multiplier le Poisson dans les rivières, lacs et étangs du pays. »
Les espérances fondées sur la pisciculture devinrent si grandes, que l’on songea à introduire et à acclimater en France une foule de Poissons étrangers aux eaux du pays. L’idée nous semble bonne pour certaines especes offrant des qualités spéciales, mais sans doute il ne serait pas très-avantageux de l’appliquer d'une manière trop générale.
' Celle commission fut ainsi composée, savoir : MM. Milnc Edwards, Valenciennes, membres dcITnstitiit ; de Suzanne, inspecteur des forêts; de Itun, commissaire de ta marine; de Franquevitie, chef de la navigation et des ports au Ministère des travaux publics; Monny de Momay, chef de la division de l'agriculture au département de l'Agricullurc et du lommercc; Coste, professeur d'embryogénie au Coilége de France; Doyére, professeur de zoologie & l'Institut national agronomique. — l.'arrOté est signé : Dcïas.
Quoi qu'il en soit à cet égard, M. Valenciennes, le savant ichthyologisle, reçut au printemps de l’année 1831, du Ministre de l’agriculture et du commerce, la mission de se rendre en Allemagne pour y rechercher quelques-uns des grands Poissons d’eau douce de cette contrée qui manquent aux rivières, lacs et étangs de la France*.
Le voyage de M. Valenciennes se borna à la Prusse, et là, le savant naturaliste réussit à se procurer plusieurs espèces dont il amena à Paris des individus vivants. C’était le Sandre, un Poisson de la famille des Percides*, de grande taille, estimé ]K)ur la table, dont il rapporta en France huit individus vivants ; puis le Silure, un des Poissons les plus voraces de la création , dix-sept individus, parmi lesquels s’en trouvait iin du poids de 10 kilogrammes et long de 1",20, furent amenés à Paris et déposés avec les Sandres dans les bassins des réservoirs de Marly. .M. Valenciennes rapporta encore une douzaine de Lotes, autant de l'ide mélanote un Cyprinide, de valeur assez médiocre, croyons-nous, et des Loches d'étangs. Ces Poissons appartiennent à la faune de la France, et, si l’on tenait à les propager, il était préférable de commencer par s’occuper de cette propagation aux lieux mêmes où vivent ces Poissons.
Si nous voulions chercher nous-même à donner une idée de ce que l’on attendait, il y a quinze ans, des expériences de
‘ RaiiporI sur lut es/ièces de Paissons de la Prusse jui pourraient tire importées et aeclimaiées dasu les eaux douces de la France, adressé à M. le ministre de l'agriculture et du commerce. — Annales agronomiques, t. Il, p. 013, et Exposé des tenlaticcs faites pour acclimater en France plusieurs Poissons des eaux douces de l' Allemagne. — Comptes rendus de l'Académie des sciences, I. XXII, p, 817; 1831.
• Voy. p. 128.
• L’espèce que M-. Valenciennes désigne sous le nom de Cgp'imu jeses.
PISCICULTURE MODERNE
pisciculture qui devaient être effectuées dans les bassins de \'ersailles, où l’on avait placé les Poissons amenés de Berlin, un peu fatigués du voyage, nous aurions la crainte de ne point y réussir. Une communication faite à l’Académie des sciences par M. Coste suppléera d’une manière complète à notre insuffisance.
« Les expériences sur l’acclimatation des Poissons et sur « leur multiplication, disait M. Coste dans cette notice, pourront • « être faites désormais dans les conditions les plus favorables « par les soins d’une commission instituée près du Ministère du « commerce *.
« .'V Versailles, des bassins spacieux, nombreux, pouvant « être vidés à volonté, présentent les conditions les plus \a- « riées, où les espèces nouvelles, élevées séparément, pourront « être facilement propagées par la fécondation artificielle. Dans « ces bassins , nous pourrons introduire facilement les « espèces qui vivent alternativement dans les eaux salées et les « eaux douces, et les habituer à vivre d’une manière perma- « nente dans les étangs et à s’y propager... les Saumons, les « Aloses, les Lamproies, les Plies. »
M. Coste annonçait devoir demander au Ministre le transport en France du Gourami de l’Inde, qui a été autrefois transporté avec succès è l’Ile de France, etc’est aussi une des introductions d’animaux étrangers que nous aimerions h voir tenter.
Mais, poursuivait M. Coste dans sa note à l'Académie des sciences, « Si, comme il n’y a pas à en douter, les expériences de la Commission réussissent, les eaux de Versailles deviendront un moyen d’acclimatation des Poissons, une sorte de haras, qu’on me permette cette expression, où seront propagées les espèces
' La Cummiisiua désignée plus Imut.
S84 HISTOIRE ÉCONOMIQUE DES POISSONS. ‘ les plus productives qu’on pourra distribuer ensuite dans toutes les parties de la France. »
11 est regrettable d’avoir à le dire, les Poissons du Brandebourg sont morts sans laisser de postérité ' ; les espèces qui vivent alternativement dans les eaux salées et les eaux douces ne se sont pas habituées à vivre d’une manière permanente » dans les étangs ; les bassins de Versailles n’ont pas fourni de produits aux différentes parties de la France.
Deux ingénieurs des Ponts etchaussées, MM. Detzemet Bertot, songèrent h. mettre à profit leur situation personnelle pour peupler le canal du Rhône au Rhin. Par une notice en date du 8 mai ISiil *, ils nous apprendront que, ayant été invités par M. le préfet du Doubs à vérifier si la méthode mise en usage dans les Vosges pouvait aboutir à des résultats appréciables, ils se sont mis à l'œuvre, et leurs succès dans les opérations de fécondation artificielle les conduisent à concevoir des espérances magnifiques pour l’avenir. Avec le concours de leurs agents, ils ont eu, dans l’espace de quatre mois, 3,382,000 œufs fécondés de Saumons, Truites, Perches, Brochets, etc., cl l’on aurait eu l’éclosion de cinq cents petits métis provenant d’œufs de Saumons avec de la laitance de Truites. Il eût été bien intéressant pour l’histoire naturelle de pouvoir étudier ces produits parvenus à un âge un peu avancé. Toujours est-il, qu’à la date du 7 mai 1851 , MM. Detzem et Bertot avaient à jeter, dans les bassins confiés à leurs soins, 1 ,683,211 Poissons nouvellement éclos.
Cette facilité de faire éclore des Poissons par centaines de
' On m’assure ccpenlanl, que quelques Silures vivent encore, mais ils n’ont rien produit et semblent s’étre amaigris.
’ Comptes rendus de la Sociité d’émulation du Doubs, 1851.
l’ISCICULTURE MODERNE. 58S
mille, conduisit bientôt les deux ingénieurs du canal du Rhône au Rhin à calculer combien de Poissons pourraient vivre dans les eaux de la France. Estimant la population actuelle de ces eaux à 25 millions de Poissons, ils admettaient que, si la fécondation artificielle était partout mise en pratique, le nombre des Poissons s’élèverait, au bout de quatre ans, à trois milliards cent soixante dix-sept millions cinq cent mille, et donnerait un revenu de plus de 900 millions.
C’était évidemment ne considérer qu’un côté de la question, et le moindre côté de la question, à notre avis. Le plus difficile n’est pas de faire éclore des myriades de jeunes Poissons, mais d’avoir les moyens de les faire vivre et grandir, et c’est à une nécessité d’un ordre semblable, que les pisciculteurs modernes ont donné le moins d’attention.
Il est juste de dire que MM. Bertot et Detzem, en présence de ce chiffre d’un revenu de plus de 900 millions, qui a en effet quelque chose de séduisant, s’empressent d'ajouter ;
« Est-il possible de doter la France d’un pareil revenu ?
« Nous sommes forcés de dire, qu’en face de ce chiffre inat- « tendu, nous ne pouvons pas nous défendre d’un sentiment de V méfiance; nous comprenons très-bien qu’il produira la même « impression sur tous ceux qui examineront les calculs dont il « ressort. »
Certes, jamais sentiment de méfiance n’aurait été mieux justifié par les circonstances dans lesquelles se trouvent de nos jours les rivières de la France.
M.M. Detzem et Bertot, encouragés par le Ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, poursuivirent leurs travaux avec tout le zèle imaginable. Établis à Lœchlebrunn, ù quelques kilomètres d'Huninguc, ils continuèrent à
58S HISTOIRE ÉCONOMIQUE DES POISSONS, opérer des fécondations de Truites et de Saumons sur une grande échelle. Dans un second rapport, à la date du7 mars 1 832, ils annonçaient avoir eu, depuis le 6 novembre précédent, 722,600 œufs fécondés, ayant donné plus de 700,000 poissons.
Dès le moment où l’attention fut appelée par M. de Ouatrefages sur les avantages des fécondations artificielles pour le repeuplement des eaux de la France, M. Coste s’occupa avec iineardeur extrême de la pisciculture. Reprenant l’idée du baron de Rivière, qu'il n’a pourtant cité nulle part, il lit au Collège de France des expériences sur l’alimentation çt la croissance des jeunes Anguilles qui remontent les fleuves à chaque printemps. Ces animaux, nourris avec des débris de chair convertis en une sorte de pâtée, atteignirent dans l’espace de vingt-huit mois, la taille de 0“,33 de long et de 0“,07 de circonférence; le résultat méritait d'être signalé. M. Coste indiqua ensuite des moyens pour le transport de la montée*, et afin de donner une idée de l'importance économique des Anguilles, il reproduisit textuellement les principaux passages de la description des pêcheries de Comacchio, donnée par Spallanzani, telle qu'elle a été traduite par Toscan *, sans toutefois faire aucune mention de cette origine. Plus tard, il visita ces pêcheries et put alorsen tracer le tableau li’aprës ses observations persutiinelles ,r ;
Dans un mémoire sur les moyens de repeupler les eaux de la If i .
’ Comi>let renitut de l'Académie des sciences, t. .XXI.X, p. 79T, I8i9 ; «t I. .X.XX, p. 473, I8S0. — Rapport sur la pisciculture adressé à M. le .Ministre de l’agriculture cl du commerce, 20 décembre 1830. ; ■“
' Cunl. Coste, Jnstructions pratiques sur la pisciculture, p. 03 et -01; l8o3, et Spallaoiani, Voyages dans les deuxSiçilet, traduits par G. Toscan, 1. VI, p. Itl, U3, 144, U7, 148, 14», 160, 151; an VIII.
’ Voyage tTeiploiatioa sur le littoral de la France et de thalle } 1835,
— 2' édilicn ; 1861.
PISCICLLTI RE MODERNE. 587
France M. Coste a formulé les espérances qu’il croyait pouvoir attendre de l’établissement de pisciculture fondé à Huningue h ■ l’aide d’un crédit de 30,000 francs, accordé par le Ministre de l’agriculture et du commerce. «Ce crédit, disait-il, nous ayant « mis en mesure d’entreprendre l’ime des plus grandes expé- « ricnces dont les sciences naturelles aient jamais donné « l’ exemple! » Le même savant nota d’autre part comment on réussissait à nourrirdans des viviers les jeunes Saumons et les jeunes Truites avec une pâtée formée de chair musculaire bouillie *, les avantages obtenus avec les frayèrcs artiflciclles du parc de Maintenon, imaginées par le docteur Lamy Mais déjà en 1833 M. Coste avait publié des Instructions pratiques sur la pisciculture, ouvrage dont il donna une nouvelle édition en 1830*.
En voyant des hommes de science, des expérimentateui’s s’occuper activement des moyens de repeupler les eaux de la
* ComjiUs ren lui de l'Acalémie des sciemes, U .XX.VVl, p. 23T ; 1853.
* Comptes reniai de F Académie , t. XXXVI, p. 6i2.
’ Comptes rendus de l'Académie, t. .XX.XVill, p. 9^o ; ISâi.
* Des notes ou dos aperç is sur la pisciculture ont été insérés dans divers recueils : — De Gaumont, A'inuaiVc normand pour 1830. — Bail, de la Soc. centrale d'agricuU ire, diverses observations de MM. Géhin, Richard, de Rebattue, t. VI, p. 461 et 469, 1851 ; de M. Noblet, t. VII, p. 403, 1832; de .M. (Juénard, t. Vlll, p. 93, 1833. — De Saiul-Ouen,
R ij>}). aa directeur général dei eaux et forêts sur le repeuplement des cours d'eau navigables et flottables; mars 1833. — Comarmond, De la pisciculture de la Traite. Aca l. de l.you ; 1 832. — Founiel, Mém. de la Soc. d'agriculture de \.yon; 1833. — De Vibraye et de Pontgibaud, Lellres insérées dans le Précis analytique de l' Académie de Rouen; 1854. — Sivard de Beaulieu, Essai sur la multiplication des Poissons dans le département de la Hanche; Annuaire normmd; 1834, eic., etc. — Charles Caron, Expériences faites à l'établissement d'parteinental de l'Oise. — Mém. de la Soc. académique de l'Oise; 1833.
5Sf> HISTOIRE ÉCONOMIQUE DES POISSONS.
France et compter obtenir des succès magnifiques à l’aide des fécondations artificielles, certaines personnes se laissèrent entraîner à croire un peu trop aisément que Rémy et Géhin a\aient fait un prodige et qu’on songeait à leur ravir la gloire qui leur appartenait. Le docteur Haxo, secrétaire de la Société d’émulation des Vosges, lança un petit écrit dans le but d’apprendre au monde, que si les savants ont entrevu la solution du problème de l’Ichthyogénie (la propagation des Poissons), ce sont deux simples pêcheurs qui l’ont résolu, et que celte belle découverte a été pour la première fois appliquée sur. une grande échelle dans cette partie de la France qu’on appelle les montagnes des Vosges-^. Une nouvelle édition de cet opuscule notablement grossi, futpubliée deux ans plus tard*, et l’imagineraiton, le Rapport de M. Milne Edwards, empreint d’un sentiment de bienveillance extrême pour les deux pêcheurs de La Bresse, est vigoureusement attaqué, parce qu’il rappelle comment la pratique des fécondations artificielles est devenue depuis longtemps familière à tous les naturalistes. Les félicitations, les encouragements n’avaient pourtant pas été épargnés aux deux pécheurs des Vosges. Géhin, venu à Paris au commencement de l’année 1 8.10, avait été présenté au Prince, président de la République, tout comme un personnage ; il avait reçu du gouvernement, en conformité du voeu exprimé par M. Milne Edwards, la mission d’empoissonner les rivières de plusieurs départements *.
■ Réflexions sur richthÿoginit ouéchtion artifieielle des oeufs de Poissons. Épinal, 1851.
* De la fécondation artificielle des (tufs de Poissons. Épinal, 1 353. — Extr. des Ann. de la Soc. d' Émulation des Vosges.
* Un bureau do tabac et une indemaité annuelle do 1,500 fr. furent accordés à Rémy; à Géhin, un bureau de tabac à Strasbourg, une sub-
PISCICULTURE MODERNE
Si d’un côté, on manifestait un engouement particulier pour les travaux de Remy et Géhin, d’un autre côté, pour l’instruction de tous, on relevait dans nombre d’ouvrages, des indications très-prt-ciscs sur les moyens d’empoissonnement mis en pratique en divers lieux. C’est ainsi que l’on eut à citer, outre plusieurs des écrits dont nous avons déjà fait mention, ceux de M. Hartig* et deM. Knoche*.
En 1854, la Société zoologique d’acclimatation fut fondée sous la direction d’Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. Le mouvement favorable à l’entreprise du repeuplement des eaux se prononça davantage encore. C’était une nouvelle facilité pour faire connaître les résultats des expériences. .
M. Coste mit sous les yeux de la Société de jeunes Saumons et de jeunes Truites élevés depuis une année dans les bassins du Collège de France, et annonça des résultats aussi heureux obtenus chez plusieurs propriétaires. En môme temps, il indiqua quelques perfectionnements apportés à ses appareils d'éclf>sion
M. Millet, qui l’un des premiers fit les efforts les plus consciencieux et les plus intelligents pour arriver au repeuplement de nos cours d’eau, qui avait déterminé l’Administration des forêts, à établir dans les départements de nombreux bassins d’éclosion et d’alevinage, exposa les avantages qu’il reconnaissait aux appareils dont il avait fait usage depuis plusieurs années,
vention annuelle de 300 fr. plus un traitement de 1,200 fr., une indemnité de 10 fr. par jour dans les temps de voyage, et 2 fr. 50 c. par myriamètre dans les excursions d’un département i l’autre.
• Lelirbuch der Teichuirlhschnfl, p. 41 1 ; 1831 .
’ Zeittehrift für den landteirthtchafUichtn Vtrein dt$ GrosthenoijihHtns Beuen. n" 37, p. 407; 1S40.
* Bvdietin dt la Soc. lool. d’acclimatation, 1. I, p. 1 1 ; 1851.
5a0 HISTOIUE ÉCONOMIQUE DES POISSONS, et insista avec beaucoup d’énergie et croyons-nous avec infiniment do raison, sur la préférence qu’il y avait lieu de donner dans la plupart des circonstances à l’établissement de frayères artificielles sur les fécondations artificielles*. Bientôt après, • M. Millet traita de l’hygiène et de l’alimentation des jeunes Poissons, des meilleurs moyens à employerpour le transport des œufs et du Poisson vivant * ; il fit connaître les principaux résultats obtenus dans des expériences longtemps poursuivies dans la gare de Choisy-le-Roi ; il publia ensuite une notice intéressante sur les mesures à prendre pour assurer le repeuplement des cours d’eau de la France, car il y est traité des obstacles empêchant le passage des Poissons, des inconvénients du curage , et du dragage, des lois et règlements concernant la pèche '
M. le marquis de Vibraye qui,depuis 18S0, s’eDbrçait démultiplier les Poissons dans son domaine de Cheverny (Loir-et- Cher), signala ce qu’il avait organisé et ce qu’il avait obtenu dans ses tentatives pour la propagation du Saumon, de la Truite et de l’Omble-Chevalier. Des Truites avaient atteint la taille de 0",3S dans l’espace de vingt et un mois La suite
' Bulletin de la Soc. zool, d’aeclimataliou, t. I, p. 75 ; et I8S4, Conférence ilolé, imprimée, mars I8U. — Bulletin de la Soc. philomathique ol ■ Journal l'Institut, 1854, p. 257.
• Bulletin de la Soc. sool. d'acelimatalion, t. Il, p. 07 et 193; 1855. — Bulletin de la Soc. impériale et centrale dagricullure, t. XI, p. 495; 1856.
• Bulletin de la Soc. d'acclimatation, I, III, p. 77 et 223; 1856. —
Voir aussi: Pisciculture pratique, E.vlr. des actes de l’Académie de Bordeaux, 1856, où l'auteur s'occupe en particulier des cours d’eau du département de la Gironde. — Voir encore, une notice du comte Maxime de Causans, relative aux nouvelles méthodes de pisciculture pour la propagaüt^ de la Truite. Sor. d'acclimatation, t. VI, p. IIS; 1859.
• Bulletin delà Soc. tool. d’acclimatation, I. I, p. 331, 1854 ; I. Il,
JI. 373, 1855; l.v,p. 270, 18:.8. , ;
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