I.’ÉPINOCHE NELSTRIENNE
(CASTEBOSTECS NECSTBIANCS)
Tous les individus que nous avons obtenus de cette espèce étaient petits comparativement à la plupart de ceux de l’Kpino-
che aiguillonnée. Les formes générales et la coloration sont du
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reste à peu près semblables chez les deux espèces, et pour les distinguer il est indisjwnsable d’examiner quelques caractères, du reste très-précis.
Chez l’Épinoche neustricnne, l’armure latérale ne s’étend pas absolument sur toute la longueur du corps ; elle s’arrête à peu près au niveau du quatrième ou cinquième rayon de la nageoire dorsale, pour reparaître, sous forme de carène, vers la hauteur du neuvième rayon, laissant ainsi un espace entièrement nu. On compte, d’une part, dix-sept plaques osseuses, et onze ou douze d’autre part, dont les premières seules sont dépourvues de carène.
11 y a donc dans l’armure latérale une différence bien nette avec ce que l’on observe chez l’Épinoche aiguillonnée. Si cette différence était unique, ou pourrait croire peut-être à un arrêt de développement de quelques-unes des jdaques osseuses ; mais l’Épinoche neuslrienne présente d’autres particularités très-caractéristiques.
Les épines dorsales sont fort larges à leur base, par conséquent
épiu€ i* épioe foiule veolrsle du domle. domle. c6té drvii.
Pig. 39. ~ Les épines de l'Êpinoche neuslrienne.
très-coniques, et sur leurs bords, elles ne sont garnies que de
222 HISTOIRE l’AHTICITI.lÈRE DES POISSONS, très-faibles dentelim's obtuses. Le prolongement postérieur du bassin, très-étroit dès son origine, paraît ainsi, extrêmement grêle et tout efTdé, comparativement à celui de l’Épinoche ai-
giiillonnée. En outre, sa surface a des sillons plus écartés et plus profonds. Les épines ventrales, également très-longues et fort aiguSs, sont moins élargies à leur insertion que dans la première espèce; leur bord supérieur a des dentelures moins nombreuses, plus grosses et plus écartées, et leur bord inférieur est loin d’être aussi régulièrement crénelé. Un tel ensemble de caractères ne saurait laisser prise à aucune confusion, et encore serait-il facile d’y ajouter plusieurs autres détails. Par exemple, dans l’Épinoche neustrienne, l’opercule a moins de longueur que chez l’Épinoclie aiguillonnée, et celte pièce moins rétrécie vers le bas, a sa surface plus fortement striée.
J'ai rencontré l’Épinoche neustrienne dans les ruisseaux de Harfleur et de Goiirnay dans le département de la Seine-Inférieure, à une assez faible distance de la mer. C’est toujours dans le voisinage des côtes que se trouvent les espèces dont la cuirasse prend un grand développement.