‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 38 sur 132 · I.E MI GE CÉI'HAU · texte numérisé non relu

I.E MI GE CÉI'HAU

(yiT.IL CEpa.VLlS ')

Le Céphale est la grande espèce méditerranéenne du gi'nre Muge ; c’est l’espèce particulièrement observée par les anciens, et la plus estimée comme alimcMit. Elle entre dans le Ithône au printemps et remonte souvent jusqu’à Avignon.

Sa forme générale diffère peu de celle du Capiton, mais le corps est plus épais, les écailles sont j)ropoitionnellejuent plus grandes encore, un peu plus allongées, avec leur bord libre taillé davantage en ogive, et leur canal médian très-pi'lit; la tète, plus forte et plus longue relativement à la longueur totale de l’animal, a des écailles qui ne s’étendent pas aussi loin sur le museau.

Une particularité singulière permet de distinguer aisément le Céphale des autres Muges, c’est la présence d’un repli de la peau entourant l’orbite et retombant comme un voile, de façon à couvrir une partie de l’œil, et à ne laisser à découvert qu’un espace vertical assez étroit.

' Mémoires de la Société impériale d'émutalion d'Abbeville, 1837-1860, p. 437; 1861.

• Cuvier, Hégne anitnul, t. Il, p. 231, 2' édit. 1820. — Valenciennes , Histoire naturelle des Poissons, I. .VI, p. 19; 1839.

Î52 HISTOIHE PARTICl I.IÉHE DES POISSONS.

On remarque aussi dans le Céj)hale, que la boiiehe étant fermée, le maxillaire se trouve entièrement caché sous le sousorhitaire dont le Iwrd est Irès-denticulé, que les deux orifices de la narine sont fort écartés, les dents d’une extrême finesse. •

Les nageoires du Céphale ressemblent à celles du Capiton, mais à la première dorsale, le quatrième rayon est moins faible et à la base des pectorales il ' y a une écaille triangulaire fort longue et carénée.

Le Céphale est jiaré de belles nuances. D’un bleu grisAtre sur le dos, affaibli graduellement sur les côtés, et d’un blanc d’argent sur toutes les parties inférieures du corps, il est orné sur les flancs de sept lignes longitudinales étroites, très-rapprochées les unes des autres, de. couleur bleuAtre avec des reflets dorés. L’œil de ce Poisson est argenté avccl’iris doré ; les nageoires dorsales ont une teinte grise, rehaussée sur la seconde par des taches noires ; les pectorales, d’un brun assez sombre, ont Une tache bleue à leur base ; l’anale, de couleur iiAle, est bordée de noir.

Ce Poisson atteint, dans ses plus grandes dimensions, une longueur de à 0”,3Û, et le poids de 3 à 4 kilogrammes. Abondant sur toutes les côtes de la Méditerranée, il figure fréquemment sur les tables dans les villes d’Italie. On le voit communément sur le marché de Marseille. Il fraye au mois de mai, et c’est alors qu’on le pêche à l’embouchure du Var et dans le cours inférieur du Rhône. D’après un renseignement qui m’a été transmis par M. Fabre, les pécheurs d’Avignon le prennent surtout vers le mois de septembre, lorsque les eaux du fleuve sont limpides. Dès que les premiers froids se font sentir, les Muges retournent à la mer *. ‘

' On trouve encore sur nos c6tes quelques autres espèces de Muges

BLKNMIUES.

LA FAMILLE DES BLENMIDES (blenniivæ)

Tous les représentants connus de cette famille sont des Poissons de petite taille, remarquables par leur corps assez allongé ; le plus souvent aussi par leur peau molle et sans écailles, mais quelquefois garnie de petites écailles arrondies ; par la présence d’une seule nageoire dorsale, occupant toute la longueur du dos, comiHisée entièrement de rayons simples ou fourchus qui demeurent assez flexibles ; par des nageoires ventrales placées sous la gorge, n’ayant que deux ou trois rayons.

A ces caractères, il faut ajouter que la membrane branchiostège présente six rayons, qu’il y a absence chez ces Poissons de vessie natatoire et de cæcums intestinaux.

La famille des Bleiiniides comprend plusieurs genres, et quelques-uns de ces genres renferment une assez longue suite d’espèces, mais la plupart de ces espèces sont marines; il n’y a d’exception que dans un seul, le genre Blennie. On a assuré que parmi ces Poissons, il y en avait de vivipares; les espèces d’eau

qui paraissent entrer moins fréquemment dans les rivières que le Capiton et le Cépbale.

C'est : le Muge doré {ifugil miratiis, Risso), très-voisin du Capiton, mais facile à distinguer par ses dents plus fortes, son maxillaire entièrement caché sous le sous-orbitaire; ses nageoires pectorales plus longues, sans tache noire ;

l.e .Muge sauteur {Muijil saliens, Risso), plus effilé que les précédents, avec le sous-orbitaire éclianeré, les lignes des flancs azurées, etc.;

l.e Muge .V grosses lèvres {Mugil chelo, Cuvier), remarquable par scs lèvres fort épaisses, etc.

Voir Valenciennes, Histoire nalurelU des Poissons, t. XI.

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HISrOlHE PAHTICI'UÈRE DES POISSONS.

(loiire nplo sont cortiiiiiomont pas, Pt il pst fort douteux que l’assertion soit exaote, mAme pour certaines espèces marines. D'après quelques indications encore assez vagues, on croit que les Ulenniides construisent des nids pour y opérer le dépdt de leurs œufs, mais jusqu’à présent, toute observation suivie manque à cet égard '.

LE (iK.\ItE 1ILE.NN1E

(BLEXMIS)

Les Dlennies |iropreiuent dites ont la ])eau entièrement nue, sans aucun vestige d’écailles ; 1a tète très-inclinée eu avant, avec la bouche |>etitp, les deux mâchoires égales, des tentacules au-dessus des yeux, des dents aux mâchoires disposées sur une setde stu-ie ; la membrane branchiostège |Kiurvue de six rayons.

Ce genre, qui comprend une assez longue suite d’espèces marines, a aussi quelques espèces particulières aux eaux douces ; ces dernières, répandues seulement dans l'Europe méridionale. Deux d’entre elles se trouvent en France.

I On classe près de In famille des Itleniiüdes, une autre famille de Poissons, qui a des représenlanls parmi les espècc!s des eaux dnuees de l’Europe, t’est la famille destohiides (Gobiiilir) caractérisée par la présciicede deux nageoires dorsales, par des ventrales réiiniesdans toute leur longueur, et formant ainsi un disque concave comme une sorte d'entonnoir. Itans cette famille composée essentiellement d'espèces marines de petite taille, on compte le genre tobie (éïoèou, l.iuné), dont on connaît quelquesespècesd'eau douce observées dans les rivièreserleslacs de l Europe méridionale et orientale. I.e tubie Huviatile (Gabim /hivinlilis, llouelli) notamment, petit poisson de fl" ,07 éfl",08 de long, se trouve assez communément dans les lacs et les petites rivières d'une grande partie de l'Italie, mais il n'a Jamais été rencontré en Erauce.

ni.ENMKS.

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